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BAISSE DE L’AIDE AU DEVELOPPEMENT DES PAYS RICHES POUR UNE DEUXIEME ANNEE CONSECUTIVE(1)



       Pour la deuxième année consécutive, les pays riches ont manqué à leur engagement d’accroître considérablement leurs efforts pour lutter contre la pauvreté, prévient aujourd’hui Oxfam International. Selon les chiffres rendus publics par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE (Organisation de coopération de développement économiques), l’aide a totalisé en 2007 104 milliards $ US, une diminution de 8,4 % en chiffres absolus par rapport à 2006.

       Les pays où la baisse de l’aide est la plus marquée sont le Japon (30,1 %), le Royaume-Uni (29,1 %), la France (15,9 %) et les États-Unis (9,9 %).

       «  Le manquement aux promesses en matière d’aide est lourd de conséquences : des millions d’enfants ne pourront pas aller à l’école, des millions de personnes n’auront pas accès à l’eau potable, et plus de mères mourront en couches faute d’accès à des services de santé, affirme Jeremy Hobbs, directeur d’Oxfam International. »

       En regard de l’économie, la contribution du Canada est tombée à 0,28 % du RNB (revenu national brut). Dans l’ensemble, les pays donateurs ne consacrent maintenant plus que 0,28 % de leur revenu national brut à l’aide, soit à peine la moitié de ce qu’ils versaient en 1963, et le pourcentage le moins élevé depuis 1993. L’an dernier, le Danemark, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Suède et la Norvège ont franchi le seuil de 0,7 %.

       L’Allemagne, hôte du sommet du G8 l’an dernier, est le seul pays du G8 qui a accru son aide (de 5,9 %). L’Espagne et l’Irlande ont aussi augmenté sensiblement leur aide. L’Espagne a maintenant devancé le Canada dans ce domaine.

       Au sommet du G8 en 2005, les pays riches se sont engagés à augmenter l’aide de 50 milliards de dollars par an d’ici à 2010. D’après les tendances actuelles, Oxfam International estime que les pays riches seront en deçà de leur promesse de quelque 30 milliards de dollars, un montant qui pourrait sauver cinq millions de vies. Sans cette aide vitale, il sera totalement impossible d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement en 2015, comme réduire la mortalité maternelle et infantile, assurer un plus accès à l’eau potable et rendre l’éducation primaire accessible à tous les enfants.

       En 2005, les pays riches ont aussi convenu d’améliorer sensiblement la qualité de l’aide. D’après son expérience, Oxfam International précise que l’aide est efficace quand elle prend la forme d’un financement à long terme prévisible, axé directement contre la lutte contre la pauvreté. Cependant, pour certains pays donateurs, l’octroi de l’aide est conditionné à la sécurité et aux achats dans le pays, pratiques qui en réduisent l’efficacité.

«  Bien des gouvernements dans les pays en développement ont réagi en augmentant graduellement leurs dépenses en éducation, en santé et pour d’autres mesures de lutte contre la pauvreté, déclare Holguin. Les pays donateurs n’ont aucune excuse pour manquer à leurs promesses.  »


1- 4 avril 2008 Oxfam -http://www.oxfam.org