Nouvelles d'Afrique
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IL FAUT METTRE FIN AUX EFFROYABLES SOUFFRANCES A L’EST DU
CONGO
Dans un communiqué commun 63 organisations internationales
et congolaises humanitaires et de défense des droits humains
demandent au gouvernement de la République
démocratique du Congo, aux groupes armés et aux parties internationales à
d’appliquer de toute urgence l’accord de
paix de Goma et de mettre fin aux effroyables souffrances endurées par des
centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants victimes de violences
brutales et de maladies mortelles dans l’Est du Congo.
Ces
organisations non gouvernementales recommandent vivement aux Nations Unies et
aux acteurs internationaux qui ont aidé à négocier l’accord de Goma de nommer
un conseiller spécial indépendant de haut niveau sur les droits humains pour
l’Est du Congo afin de
concentrer son
attention sur la protection des civils en danger, en particulier les
femmes et les filles exposées aux violences
sexuelles, et de garantir des actions en ce sens. Elles ont également
demandé aux acteurs internationaux tels que l’Union Africaine, l’Union
européenne et les Etats-Unis d’appuyer cette nomination tant sur le plan
politique que financier.
Des centaines de milliers de victimes se
sont raccrochées à l’espoir que l’accord de paix mettrait fin à leur
souffrance. Malheureusement, aucun progrès significatif n’a été opéré du point
de vue des engagements en matière de droits humains », a déploré
Anneke Van Woudenberg, chercheuse principale sur la RDC à Human Rights Watch.
«
Nous recommandons vivement la
nomination immédiate d’un conseiller spécial indépendant sur les droits humains
qui serait chargé d’aider les parties à honorer leurs engagements en matière de
droits humains et de faire entendre la voix des victimes qui souffrent en silence
. »
Le
23 janvier dernier, après des semaines
de pourparlers, le gouvernement congolais
a
signé un accord de paix à Goma, dans le Nord-Kivu, avec 22 groupes armés,
engageant toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu’au
désengagement des forces présentes sur le front. Pourtant, depuis la signature
de l’accord, des dizaines de civils ont été tués, des centaines de femmes et de
filles violées et un nombre encore plus important d’enfants recrutés au sein
des forces armées, ajoutant ainsi au nombre extraordinairement élevé de civils
déjà victimes de ces mêmes crimes au cours des dix dernières années.
Selon les
estimations, les
provinces du Nord et du
Sud-Kivu compteraient 1,1 million de personnes déplacées, dont 555 000 qui ont
fui les combats depuis 2007. La malnutrition, le choléra, la malaria et
autres maladies évitables sèment la mort parmi ces déplacés à un rythme
inquiétant.
Il s’agit d’une catastrophe humanitaire
d’une énorme ampleur. Elle requiert une action urgente et concrète de toutes
les parties à l’accord ainsi que de la communauté internationale », a
déclaré Colin Thomas-Jensen, conseiller politique de ENOUGH, un projet visant à
mettre un terme au génocide et aux crimes contre l’humanité. «
Obtenir la signature d’un accord par les
parties a constitué un premier pas important mais aujourd’hui, nous devons
passer à l’étape suivante et aider les gens à rentrer chez eux tranquillement,
en toute sécurité. »
Les agences
humanitaires se heurtent toujours à des difficultés pour accéder aux civils en
danger et les défenseurs des droits humains qui ont exprimé leur inquiétude
face aux exactions sont victimes de menaces et de harcèlement. Les groupes
armés ainsi que les militaires congolais continuent à exploiter illégalement les
ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le
conflit.
Les envoyés
spéciaux de l’Union Africaine, de l’Union européenne, des États-Unis, des
Nations Unies et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ont
joué un rôle crucial dans la négociation de l’accord de Goma. Ils ont accepté
de continuer à jouer un rôle actif dans le contrôle et la mise en œuvre de ses
dispositions. Aux termes de l’accord, les parties se sont engagées à respecter
le droit international humanitaire et des droits humains, notamment à mettre un
terme à tous les actes de violence à l’égard des civils, à mettre fin au
recrutement d’enfants soldats, à assurer la libération des prisonniers
politiques et à autoriser le passage des agences humanitaires.