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INDONESIE - ADIDAS : DES BASKETS A QUEL PRIX ?
Appel
Appel Urgent de Peuples Solidaires
n° 317 : (du 25 avril au 1er juillet 2008)
Avec
10,3 milliards d'euros de chiffre
d'affaires en 2007 et des résultats "sans précédent" prévus pour
2008
(1),
Adidas, deuxième fabricant mondial
d'articles de sport derrière Nike, peut continuer à clamer haut et fort son
ambition de devenir un jour le leader mondial de l'industrie du sport. Forte de
sa popularité auprès des consommateurs, la marque aux trois bandes se veut
également respectueuse des droits de l'Homme et met notamment en avant son
engagement en matière sociale. Le groupe allemand reconnaît ainsi qu'il
"peut et doit prendre des mesures et
encourager les acteurs tout au long de [sa] chaîne d'approvisionnement à
prendre des mesures"(2).
Pourtant, la réalité chez les fournisseurs d’Adidas est moins lisse que la
marque voudrait nous faire croire. En
Indonésie
par exemple,
10 500 ouvriers se sont
soudainement retrouvés sans emploi et sans ressources après la fermeture
brutale de deux usines qui, pendant des années, avaient produit pour
Adidas. Plus d'un an après, alors qu'ils attendent toujours d'être payés, ces
travailleurs mettent en cause les pratiques d'achat de la multinationale et lui
demandent de tenir ses promesses.
"Pendant toutes ces années au cours
desquelles nous avons fabriqué des baskets pour Adidas, le sol de l'usine s'est
imprégné de la sueur qui n'a cessé de couler de nos fronts. Les exigences du
donneur d'ordre étaient telles que nous étions contraints, pour honorer les
commandes et atteindre les objectifs fixés, de travailler pendant des heures et
des heures, même lorsque nous étions malades"
(3).
Fermetures d'usines et ouvriers lésés
En
novembre 2006, les 6 179 employés de PT Spotec et les 4 500 ouvriers de PT Dong
Joe se retrouvent soudainement sans emploi, après la
décision de leurs employeurs de mettre la clef sous la porte, sans leur
verser les salaires et les indemnités qu'ils leur doivent. Ces deux usines,
situées à proximité de Djakarta, avaient pendant de nombreuses années produit
des chaussures de sport pour Reebok, puis pour Adidas, suite au rachat de la
marque en 2006. Après les fermetures, les ouvriers réclament le versement de
leurs derniers salaires ainsi que les indemnités auxquelles ils ont droit selon
la législation de leur pays. Plus d'un an après, ils n'ont toujours pas obtenu
satisfaction ...
En
janvier 2007, interpellée par les représentants des travailleurs, Adidas
attribue les fermetures à l'
"endettement
important, l'instabilité et à une mauvaise gestion financière de ces
usines" (4).
Elle se dédouane de toute responsabilité en expliquant qu'elle avait porté ce
problème à la connaissance des directions des usines concernées et demandé
qu'elles mettent immédiatement sur pied un plan de restructuration, en vain.
Mais
pour les représentants des travailleurs de ces usines, qui pendant des années
ont travaillé dans des conditions difficiles pour honorer les commandes de la
marque, cette explication n'est tout simplement pas acceptable :
"
Il n'est vraiment pas éthique de
la part d'Adidas de déclarer que nous sommes victimes de la mauvaise gestion de
notre entreprise", "nous
avons travaillé très dur pour fabriquer ces chaussures et pour être à la
hauteur de l'image de marque d'Adidas auprès de ses consommateurs. Jusqu'à
aujourd'hui, les consommateurs n'ont pas eu à se plaindre de la qualité de nos
produits et les bénéfices engrangés par Adidas le prouvent. Nous, en revanche,
nous n'en avons pas profité. Nous avons au contraire dû faire de nombreux
sacrifices, sans réaliser que nous allions devoir sacrifier encore plus en
perdant nos emplois" .
Adidas
doit prouver qu'elle tient réellement ses engagements en matière sociale, en
proposant des solutions constructives de long terme, notamment en s'assurant
que les ex-employés de ces usines soient indemnisés et embauchés par ses autres
fournisseurs dans la région.
Les pratiques d'achat
d'Adidas mises en cause :
Selon les syndicats,
ces fermetures seraient en réalité le résultat des pratiques d'achat de
l'entreprise, qui exerce une pression telle sur ses fournisseurs, que
ceux-ci ne sont plus en mesure de traiter convenablement leurs employés.
Qualité, rapidité, flexibilité et bas prix, les exigences de la marque sont si
contraignantes qu'elles mettent les fournisseurs à l'agonie.
En
2006 par exemple, Adidas passe une commande particulièrement conséquente auprès
de l'usine PT Dong Joe. L'usine n'a alors la capacité de produire que 400 000
paires de chaussures par mois, ce dont elle avait clairement informé Adidas.
En exigeant néanmoins de l'usine qu'elle
produise au-delà de ses capacités, Adidas a contribué à l'augmentation des
coûts de production pesant sur le fournisseur, qui a dû imposer de nombreuses
heures supplémentaires à ses employés. Les ouvriers de Dong Joe ont été
contraints de travailler jusqu'à 19 heures d'affilée pour satisfaire cette
commande ! Pour couronner le tout, pendant cette période particulièrement
chargée, Adidas aurait également exigé de Dong Joe qu'elle finance une formation
destinée à améliorer les performances de l'entreprise.
Non
loin de là,
un autre fournisseur
d'Adidas, PT Tong Yang, a également été victime de la politique d'achat du
groupe et menace de fermer d'un jour à l'autre. Ici encore, Adidas met en
cause la mauvaise gestion de l'entreprise. Si elle ne s'engage pas à maintenir
un certain niveau de commandes auprès de cette usine, il y a fort à parier que
les 9 000 ouvriers qu'elle emploie se retrouveront eux aussi à la porte sous
peu.
Vendue
aux enchères à des investisseurs taïwanais en lien avec Adidas, l'ancienne
usine Spotec devrait prochainement reprendre ses activités sous le nom de
Ching Luh. D'ores et déjà, Adidas a annoncé qu'elle passerait commande auprès
de cette société. Pour les représentants des travailleurs de Spotec et Dong
Joe, c'est l'occasion pour Adidas de montrer qu'elle assume ses responsabilités
envers les ouvriers, en intervenant pour que les ex-employés de ces usines
soient embauchés en priorité par Ching Lu.
POUR EN SAVOIR
PLUS
-
Dans le cadre de sa
Campagne “Jouez le jeu pour les JO 2008” qui vise au respect
des droits de l'Homme au travail dans l'industrie du sport, le
Collectif Ethique sur l'étiquette
relaie en France un rapport intitulé "Surmonter les obstacles : mesures
pour améliorer les salaires et les conditions de travail dans l'industrie
mondiale des vêtements et chaussures de sport". Ce rapport dénonce les
conditions de travail déplorables des ouvriers employés par les grands
équipementiers sportifs, notamment Adidas, sponsor officiel de l'équipe de
France pour les JO de Pékin.
Rapport
disponible sur : www.ethique-sur-etiquette.org <http://www.ethique-sur-etiquette.org>
-;
Oxfam France - Agir Ici est membre du Collectif
Éthique sur l'étiquette et soutient cet Appel :
www.oxfamfrance.org
<http://www.oxfamfrance.org>
-
La Clean Clothes Campaign et Oxfam Australie
relaient cet Appel aux niveaux européen et international. Ces deux organisations
ont en outre publié ensemble une rapport intitulé "Solutions pour le
secteur de la chaussure et les équipements sportifs en Indonésie", qui met
en exergue l'impact négatif des pratiques d'achat des grandes marques de sport
sur leurs sous-traitants en Indonésie, et qui propose des mesures concrètes à
mettre en oeuvre.
Le
rapport est disponible (uniquement en anglais) sur le site de Peuples
Solidaires :
www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/20_03_08_Sector-Wide_Solutions_in_Indonesia.pdf
<http://www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/20_03_08_Sector-Wide_Solutions_in_Indonesia.pdf>
ECRIVEZ !
-
Envoyez un mail de protestation à
Adidas en cliquant sur ce lien:
http://www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html
<http://www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html>
-
Par lettre :
téléchargez les modèles de lettres, imprimez-les et envoyez-les aux
destinataires, sans oublier d’inscrire vos coordonnées et de signer. (Timbre
0,65 pour la lettre de protestation, et 0,55 pour la lettre de soutien ) .
:
http://www.peuples-solidaires.org/IMG/rtf/LETTRES_317.rtf
- Délai de réaction :
dès réception, et jusqu’au jusqu’au 1er juillet 2008.
.
COMMENT
AGIR ?
Envoyez vos lettres de protestation et de soutien automatiquement à partir de
notre site, d'un simple "Clic" en cliquant ici:
www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html <
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Vous pouvez également télécharger la lettre à envoyer en
cliquant sur le lien ci-dessous, en l'envoyer par la poste :
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Pour voir cet Appel en version PDF :
www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/PDF-317.pdf <
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<
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Peuples Solidaires
10, quai de Richemont
35000 RENNES
Tel: 02 99 30 60 53
Fax: 02 99 30 39 30
1- Déclaration du PDG
d'Adidas, Herbert Hainer, 05/03/2008 Reuters.
3- Extrait d’une lettre
adressée par les syndicats de l'usine PT Spotec à Adidas le 6 février 2006
4- Janvier 2007, site
d'Adidas