Pourquoi
faut-il annuler les dettes odieuses ?
Il est immoral de contraindre des populations à
rembourser des dettes qui ont contribué à les appauvrir. La reconnaissance du
caractère odieux de certaines dettes et leur annulation doit pousser les
créanciers à assumer leurs responsabilités et ouvrir la voie à de nouvelles
pratiques de prêt, équitables et responsables.
Abroger la double peine des
populations :
Les dettes
odieuses pèsent sur les populations des pays du Sud comme une double peine. Ces
dernières ont subi la répression de régimes despotiques. Elles assument
aujourd’hui à un coût humain considérable le remboursement d’une dette inique,
accumulée par ces derniers. Tout en étant les premières victimes des
conditionnalités économiques drastiques imposées par les IFI en contrepartie
d’annulations ponctuelles de dettes.
Il
n’est pas concevable de faire payer à des populations le prix de leur
oppression. Au-delà du caractère moralement insoutenable de ces dettes, il
s’agit de rendre justice à des peuples qui héritent aujourd’hui de contrats
d’endettement viciés, illégitimes ou illégaux, et qui
devraient ainsi être déclarés nuls et donc
non - recouvrables.
Reconnaître la responsabilité des
créanciers :
Nous
l’avons évoqué, les créanciers portent une lourde responsabilité dans
l’accumulation des dettes odieuses. Ils ont favorisé la mise en place et
alimenté des régimes qu’ils savaient liberticides, liant leur soutien politique
et financier à de juteux contrats commerciaux. Leurs crédits ont permis à ces
régimes de se maintenir au pouvoir au prix en sacrifiant etime des
libertés etdroits fondamentaux de leurs
populations. À travers L’annulation
des dettes odieuses,il s’agit pour devrait conduire les
créanciers d’admettre à admettre le
caractère illégitime de ces dettes, de à reconnaître
leur responsabilité de premier ordre dans leur constitution, et
d’assumer
à en assumer le
coût de leur politique passée.
« Pour
chaque corrompu, il y a un corrupteur, qui bien souvent est un pays
développé ». Paul Wolfowitz, Président de la banque mondiale, Assemblées de
printemps des IFI, 2006
Prévenir de nouveaux
prêts odieux :
L’annulation des dettes
odieuses devrait jouer en faveur d’un meilleur discernement de la part des
Etats dans l’octroi de nouveaux prêts, les encourageant à des pratiques plus responsables
et plus démocratiques.
Elle permettrait
ainsi
de mettre un terme au système actuel qui garantit l’absence de
risque pour les prêteurs, ces derniers étant assurés de recouvrer leurs
créances aussi scandaleuses et illégitimes soient-elles.
Si la communauté
internationale s’accorde à reconnaître le caractère odieux de certaines dettes
et donc leur nullité, les
risques liés à
la répudiation de leur dette par les pays débiteurs seront considérablement
réduits. De plus, l’argument
de la crainte de la réaction des marchés financiers sera mis à mal.
Et les créanciers, guidés par la rationalité économique, ne
s’engageront plus
à octroyer des prêts dont ils savent qu’ils ne seront pas remboursés.
En introduisant
le >risque de
non recouvrement
des créances obscures, l’annulation des dettes odieuses devrait ainsi prévenir
un futur surendettement odieux.
Nécessaire, l’annulation des
dettes odieuses n’est pas une fin en soi. Elle ne doit pas occulter une
revendication plus large :
déterminer,
au terme d’un audit qui fera la lumière sur les conditions d’octroi et
d’utilisation des prêts concernés, les sommes qui devraient
être restituées au titre du préjudice porté aux populations et aux pays du Sud.
« Il y a
une solution simple au problème de la dette odieuse : il doit être admis
d’avance que ces pays n’ont pas à rembourser les prêts. Non seulement cette
solution simple résout le problème du surendettement actuel, mais elle prévient
son retour ». Joseph Stiglitz, ex-économiste en chef de la Banque mondiale.
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