Déclaration des
Parlementaires pour
une Responsabilité Partagée des Prêts Souverains
Historique
Il incombe aux
parlementaires démocratiquement élus d’assumer la responsabilité de la conduite
de leur gouvernement, que celui-ci soit créancier prêteur de capitaux ou
emprunteur.
Depuis les années 1980, l’histoire de la
crise de la dette souveraine a montré que les prêts avaient souvent été
accordés aux pays en développement en ne tenant pas suffisamment de la
démocratie et du bien-être des citoyens. Dans beaucoup de cas,
les prêts ont servis à promouvoir des projets non viables et à « acheter » des
alliances stratégiques dans le domaine politique. Certains emprunts ont
été détournés et mal employés à grande échelle, le parlement et les citoyens
n’étant que très rarement consultés pour les décisions relatives aux
prêts. Ces créances ont été préjudiciables au développement des
pays débiteurs, et les dettes qui en résultent sont généralement décrites comme
« illégitimes ». Les créanciers continuent pourtant d’en exiger le
remboursement.
Tout prêt n’atteignant pas son but, tout
manquement aux normes internationales en matière de prêt relève de la
responsabilité partagée des deux parties liées par le contrat. En réalité,
dans le système actuel, toute réclamation dans le chef d’un Etat souverain est
considérée comme valable et un débiteur assume ses responsabilités au
regard du prêt ; le créancier prêteur de capitaux quant à lui n’endosse aucun
risque.
Ceci a provoqué une situation où il y a un
haut degré d’impunité des créanciers. Ceux qui ont été impliqués dans
des accords de prêt illégaux ou douteux par le passé n'ont pour la plupart pas
eu à en subir les conséquences. Cette situation a parfois encouragé certains
créanciers à adopter un comportement irresponsable étant donné la
quasi-garantie de recouvrement intégral de leurs créances. Le
retour de manivelle étant la forte détérioration des relations entre débiteurs
et créanciers honnêtes. L’aspect le plus important est, que de façon
inacceptable, les citoyens des pays
endettés portent sur leurs épaules une part disproportionnée du poids du
fardeau de la dette.
La crise de la dette actuelle trouve en
partie son origine dans ces différentes causes. Pour empêcher que ces
séries de prêts et d'emprunts insoutenables et irresponsables ne se répètent,
il est indispensable de réformer les méthodes actuelles de prêt souverain. Le
principe de responsabilité partagée doit être appliqué. En octobre 2006, le
gouvernement norvégien a annulé les dettes de cinq pays après avoir reconnu les
grandes erreurs commises par les créanciers et admis avoir sa part de
responsabilité dans les dettes qui en ont résulté. Le pays a ainsi prouvé qu’un
créancier pouvait reconnaître sa coresponsabilité.
En tant que
représentants de peuples ; peuples qui en finalité souffrent des conséquences
des politiques de prêt inadéquats, il est de notre responsabilité de veiller à
ce que chacun des prêts reflète les aspirations des citoyens des pays
débiteurs. Avec cette déclaration,
nous
demandons que des démarches concrètes soient entreprises afin de légitimer les
accords de prêts souverains et instaurer le principe de responsabilité partagée
en matière de prêts souverains internationaux.
Déclaration des Parlementaires pour une Responsabilité
Partagée des Prêts Souverains
- Reconnaissant que les pratiques de prêts souverains
internationaux ont donné lieu à de nombreux abus par le passé ;
- Reconnaissant que nous, représentants élus du peuple,
avons le droit et le devoir de surveiller les décisions de prêt et d’emprunt
souverains de nos pays ;
Nous soussignés, parlementaires /
législateurs, nous engageons à :
-
Soutenir les
recherches sur le concept de dette illégitime, étroitement lié aux
prêts souverains internationaux, afin de parvenir à un consensus international
sur la question ;
-
Engager et soutenir
des audits parlementaires des créances et des dettes dans nos
propres pays, afin de pouvoir discerner les prêts et emprunts honnêtes de ceux
qui sont abusifs et de promouvoir l’instauration de procédures de prêt et
d’emprunt responsables ;
- Oeuvrer à
donner
davantage de force juridique au concept d’illégitimité en matière de
prêts souverains internationaux, notamment par l’élaboration et l’adoption
d’une législation, de motions ou de toute autre mesure parlementaire nécessaire
;
-
Adhérer aux
principes de responsabilité partagée dans les accords de prêts
souverains ;
- Encourager une
participation accrue des parlements aux processus de contraction de prêts, afin d’assurer une surveillance publique rationnelle de
l’objectif, de la durée et des conditions financières de l'emprunt.
Signature du
Parlementaire ou du Législateur : Parlement et affiliation :
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