Le CCFD publie une étude sur les biens
mal acquis.
Il salue l’initiative prise par plusieurs associations contre
deux chefs d’Etat africains 28 mars 2007
Le CCFD publie ce jour un document d’étude sur le
patrimoine placé à l’étranger par les dictateurs des pays
du Sud et les procédures de restitution engagées par certains
pays. Dans ce contexte, le CCFD salue
l’initiative prise par les
associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la
diaspora, de déposer une plainte auprès du Procureur de la
République de Paris à l’encontre de Denis Sassou Nguesso et Omar
Bongo accusés de recel de détournement de fonds publics.
Ces chefs d’Etat et leurs proches sont accusés,
sur la base d’informations étayées dans le document
d’étude CCFD, de détenir en France, notamment à Paris, un
patrimoine immobilier sans commune mesure avec leurs salaires. Il appartient
désormais au Procureur de la République d’envisager les
poursuites à donner à cette affaire. Le CCFD demande aux
candidats à l’élection présidentielle des engagements
clairs pour que la France cesse d’être la terre d‚asile de chefs d’Etat
qui, de notoriété publique, s’enrichissent sur le dos de leurs
peuples. Cette plainte fait écho à l’appel lancé par la
société civile africaine à l’intention des candidats
à l’élection présidentielle française :
"l’entrée des relations entre la France et l’Afrique dans une
nouvelle ère suppose en particulier de saisir et restituer les biens mal
acquis et les avoirs détournés par nos dirigeants et leurs
complices. " (Appel publié dans Le Monde du 13
février 2007 ˆ Voir :
http://www.ccfd.asso.fr/ewb_pages/d/doc_898.php)
À quelques semaines du premier tour de
l’élection présidentielle, le CCFD estime que plusieurs candidats
à l’élection présidentielle n’ont pas exprimé
clairement leur volonté de construire une relation différente
entre la France et l’Afrique (Voir l’analyse des programmes sur :
http://www.ccfd.asso.fr/data/File/2007FDD2.pdf).
Cette plainte doit leur en donner l’occasion
.
Notes :
Omar Bongo est à la tête du Gabon
depuis 1967. Selon une investigation du Sénat américain, il se
réserverait chaque année 8,5% du budget de l‚Etat (111 millions
de dollars). Résultat : malgré un PIB moyen par habitant
élevé pour la région (5.500 $), la population gabonaise
n‚a même pas de quoi se soigner. Omar Bongo reçoit
régulièrement les personnalités politiques
françaises. Selon afriquecentrale.info, il aurait encore
rencontré le 19 mars, à Paris, le candidat de l’UMP Nicolas
Sarkozy.
Denis Sassou Nguesso a été au
pouvoir au Congo Brazzaville entre 1979 et 1992, avant d‚y revenir par la force
en 1997. Lors des guerres civiles de l‚été 1997 et de 1998-99,
financées par Elf et plusieurs banques françaises, ses milices
(les Cobras) ont massacré et violé de façon
systématique. On parle de 100 000 morts. La justice française a
reconnu en 2002 <mhtml:mid://00000616/#_ftn1> qu‚on pouvait parler
de lui comme d‚un " dictateur ", auteur de " crimes contre
l‚humanité ". Le livre Afrique, Pillage à huis clos de X.
Harel rapporte qu‚entre 2003 et 2005, il aurait organisé
l‚évaporation de près d‚un milliard de dollars de revenus
pétroliers. Proche de Jacques Chirac, Sassou Nguesso a reçu la
semaine dernière la visite de la ministre déléguée
à la coopération, Mme Girardin.
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