Les agrocarburants : solution ou futur problème
environnemental ?
9 mars 2007
Aujourd’hui,
le 9 Mars 2007 se termine le Conseil européen qui devrait définir la politique
énergétique européenne pour les 10 ans à venir. L’une des solutions qui semble
faire le plus consensus parmi les Etats européens est le développement des
agrocarburants. Un objectif de 10% d’ici à 2020 serait fixé pour l’ensemble des
transports. Les Amis de la Terre dénoncent cet objectif qui, en l’absence de
normes environnementales précises et d’actions prioritaires comme un vaste
programme d’économie d’énergie dans le domaine des transports, pourrait avoir
un impact environnemental et social catastrophique.
La France devrait soutenir un objectif de
10% d’agrocarburants pour l’ensemble des transports. Or, la
production d’agrocarburants implique une
agriculture intensive ayant de graves répercussions sur l’environnement :
OGM, appauvrissement des sols ou encore pollution des nappes phréatiques. Pour
limiter ces impacts, l’importation d’agrocarburants sera encouragée et
d’immenses exploitations agricoles intensives se développeront dans les pays du
Sud pour faire rouler les voitures du Nord.
Le palmier à
huile en Asie du Sud-Est et la canne à sucre au Brésil attirent déjà les
spéculateurs.
« Les agrocarburants
sont une bombe écologique à retardement. Les choix qui sont faits aujourd’hui
pourraient accélérer la déforestation en Amazonie et entraîner, d’ici quelques
années, la disparition des dernières
forêts tropicales d’Asie du Sud-Est » précise Sylvain Angerand,
responsable Forêt aux Amis de la Terre. Ces cultures d’exportations entrent
également en concurrence avec les cultures vivrières et menacent la
souveraineté alimentaire des pays du Sud :
« Dans un monde où des millions de personnes souffrent de
malnutrition, la préservation des terres fertiles est un impératif autant
écologique que social. Au Mexique, le prix du maïs, traditionnellement destiné
à l’alimentation, a déjà augmenté de 40% » insiste Anne Bringault,
directrice des Amis de la Terre.
« Dans une logique inverse, les efforts devraient plutôt être
concentrés sur le développement des alternatives à la voiture : Repenser l’urbanisme des villes et
développer les transports en commun » développe Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Climat
aux Amis de la Terre. Des objectifs ambitieux et contraignants doivent
également être donnés aux constructeurs automobiles pour développer des
véhicules moins polluants et limiter la publicité pour les voitures les plus
énergivores. Ils demandent aux chefs
d’Etats de
« Stopper le changement
climatique, réduire le gaspillage énergétique et choisir les énergies
renouvelables » .
Contact
presse : Caroline Prak :
01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43.
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