Total : Soupçons de corruption
durable
23 mars 2007, Par Gwenael Wasse
La mise en examen hier du nouveau Directeur
général de Total dans le cadre du projet gazier South Pars en
Iran entache de nouveau très fortement la réputation du groupe,
alors que ce dernier essaye en vain de se positionner comme
" entreprise citoyenne ". Les Amis de la Terre
espèrent que la justice fera rapidement toute la lumière sur ces
éventuelles pratiques frauduleuses, et que le groupe Total saura assumer
ses responsabilités pénales.
Fleuron de l’économie française,
première entreprise européenne et cinquième groupe
pétrolier au monde, les citoyens sont en droit d’attendre des dirigeants
de Total qu’ils soient irréprochables. Il n’en est
malheureusement rien : du procès de l’Erika aux
soupçons de fraude massive à l’URSSAF, en passant par les
affaires de corruption au Cameroun, en Irak et désormais en Iran,
Total semble s’entêter à privilégier ses
résultats financiers au détriment de l’éthique
environnementale et sociale.
Chargé de la Responsabilité des entreprises
aux Amis de la Terre, Gwenael Wasse est amer : "
Quelle est
la valeur réelle des engagements de Total en matière de
responsabilité sociale et environnementale ? Sa charte
éthique, qui stipule noir sur blanc que le groupe s’engage à
établir des rapports clairs et honnêtes avec ses partenaires, est
vidée de toute substance ; quant à sa signature du Pacte
mondial des Nations unies, elle est sévèrement remise en
question. Total ne rate pas une occasion de se poser en parangon de vertu mais
à ce rythme, les tréfonds de la crédibilité seront
rapidement atteints ! ".
Si le procès de l’Affaire Elf pouvait laisser croire
que les anciennes pratiques frauduleuses faisaient désormais partie du
passé, il semble qu’il n’en soit rien.
Total, qui exerce ses
activités dans les pays les plus corrompus du monde et dans un secteur
réputé pour son absence de transparence, ne semble pas faire
exception à la règle. L’arrestation récente d’une
militante de l’ONG Global Witness en Angola ou les pressions exercées
sur deux membres de la coalition Publish What You Pay au Congo-Brazzaville,
entre autres, montrent à quel point le secteur pétrolier est
vérolé par la corruption. Mais il ne s’agit pas uniquement de
malversation financière : les conséquences pour les peuples
en termes de gouvernance et de développement sont presque toujours
catastrophiques, comme de nombreuses études l’ont mis en
évidence.
Gwenael Wasse
conclut : "
Total, l’un des premiers groupes
pétroliers au monde, a une responsabilité indéniable. Il
ne tient qu’à ses dirigeants de s’engager enfin sur la voie de
l’éthique et du développement durable ".
Contact
presse : Caroline Prak,
01 48 51 32 22 ou 06 86 41 53
43
Sommaire