La vérité et la justice constituent le fondement de la paix
«La paix présume une société construite sur la vérité, la justice, la liberté et
surtout sur l’amour.»
Célébrant les 40
ans de l’encyclique Populorum
Progressio
et les 20 ans de l’encyclique
Sollicitudo Rei Socialis
,
deux documents fondamentaux de l’enseignement social de l’Eglise, la Commission Justice et Paix de
l’archidiocèse de Malte et le Centre
jésuite pour la Foi et la Justice ont invité le cardinal Renato Raffaele Martino à donner deux conférences «La personne humaine, cœur de
la paix» et «la Paix, la violence et
des religions».
Les religions ne doivent pas attiser les
conflits
Les défis
auxquels le monde actuel se voit confronté donnent, selon le cardinal,
l’occasion à toutes les religions de collaborer plus étroitement pour réaliser la paix. Car, comme il a dit, «
la religion, toute religion sérieuse,
ne peut servir de prétexte à attiser
des conflits, la haine et la violence.» Et le cardinal, qui est aussi président du Conseil pontifical Justice
et Paix, a ajouté:
« Le vrai visage de la religion
change en masque si la religion sert de
justification à la guerre de l’homme contre l’homme.»
Se concentrant
sur les défis causés par le terrorisme,
il a dit que terrorisme et religion s’excluaient et a ajouté que «c’est une nouvelle ère pour le dialogue œcuménique
et inter-religieux et la coopération,
une nouvelle forme de service que les
religions peuvent rendre à l’humanité et à la paix entre les peuples.»
Les causes de l’injustice et les moyens d’y remédier
Parlant des
causes des conflits à surmonter, Son
Eminence a évoqué son expérience faite en tant qu’observateur permanent du
Vatican auprès de l’ONU. Il a mis l’accent sur
deux conditions qu’il faut
remplir pour établir la paix:
1° Il
faut
d’abord que tous les pays aient
accès au développement et à une
distribution plus équitable des ressources mondiales.
2°
Ensuite, il
faut remédier aux injustices
permanentes. «
Nous n’atteindrons
jamais la paix sans respect devant la
dignité de l’individu, devant les droits et les devoirs de tout et chacun, sans l’obligation de répartir, à parts
égales, les biens et les charges sur
les individus et les sociétés toutes entières.»
Pour atteindre ce
but, il a énuméré différentes mesures à réaliser: il faut
s’engager :
Pour
la
sainteté de la vie humaine et pour la promotion de la
famille,
Pour
l’abolition
de la pauvreté et pour le
respect inconditionnel des droits
de l’homme,
Pour
le
désarmement et la réduction des
ventes d’armes aux pays pauvres,
Pour
la
lutte contre les maladies
endémiques et l’accès des populations les plus démunies aux
soins
médicaux et aux médicaments,
Pour
la
protection de l’environnement, la prévention des catastrophes naturelles ainsi que pour l’application à la
lettre des conventions et des lois
internationales.
Continuant ses
explications, il a rappelé que «
la
coopération internationale dans la
lutte contre les activités terroristes doit également inclure l’obligation de résoudre avec courage et détermination les problèmes qui attisent le terrorisme
dans certaines situations dramatiques.
Le recrutement des terroristes est en effet plus facile dans des contextes sociaux où la haine est
semée, où les droits sont bafoués et
dans des situations où les injustices ont été tolérées trop longtemps.»
Le cardinal
Martino a terminé sa conférence en nous
invitant à faire des gestes de paix quotidiens afin de contribuer à la
paix dans le monde.
Source: maltastar.com du 17/2/2007
«La paix qui est un très grand bien, quoique parfois difficile à atteindre, est
le résultat d’un ordre juste dans les
relations qui existent entre les êtres humains, indépendamment de leur
race, couleur, culture ou classe
sociale. Cette paix est possible à
condition que la dignité de la personne
humaine et les droits humains fondamentaux soient respectés. C’est une paix qui demande à tous les individus de
remplir leur propre devoir envers les
autres. Cela implique une coopération
sincère, une attitude de
responsabilité, une société construite sur la vérité, la justice, la liberté et surtout sur l’amour. Chacun
doit contribuer à la promotion de la paix
par des gestes de paix quotidiens. Les gestes de paix sont à chaque
niveau les moyens les plus effectifs
pour parvenir à la paix. De tels gestes viennent du cœur et sont un acte de volonté; ils trouvent leur expression
dans des décisions généreuses ayant
pour objectif la compréhension mutuelle, la réconciliation et le pardon. Les cœurs de ceux qui font des
gestes de paix sont orientés vers le
bien commun, et de tels gestes sont une source vigoureuse pour
l’éducation sociale et civile. La paix est le résultat de décisions
politiques faites à différents niveaux
nationaux et internationaux. Mais elle est également le fruit d’innombrables gestes de paix faits par
chacun d’entre nous: c’est ici que nous
trouvons le secret de cette révolution spirituelle dont nous un urgent besoin d’une révolution
spirituelle capable de renouveler les
cœurs et les esprits, et ainsi capable de faire du monde un endroit de
plus de solidarité et de plus de
bonté.»
Extraits de: Visit to Malta by
H. E. Renato Raffaele Cardinal -Martino, Lecture on Peace, Violence and Religions, St. Aloysius College du 17/2/07
(Horizons et débats , 2 avril 2007, 7°
année, N°12)
mise à jour le 03/04/07
1-Pour le progrès
des peuples, écrit par le pape Paul VI<
2-
Sur la sollicitude sociale écrit par le
pape Jean-Paul II
<
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