La circulaire Sarkozy: Le
réquisitoire de la CIMADE
DPJ 05/04/2007
La Cimade dénonce jeudi les refus de
régularisations "injustes et arbitraires" que les autorités ont
opposés aux parents sans papiers d'enfants scolarisés, à l'été 2006, dans le
cadre de la circulaire Sarkozy et "exhorte les futurs élus" à
régulariser les déboutés.Dans une enquête intitulée "de la loterie à la
tromperie", la Cimade (Conseil oecuménique d'entraide) revient sur la
circulaire du 13 juin 2006 qui a organisé, sous conditions, la régularisation
"exceptionnelle" des étrangers en situation irrégulière dont au moins
un des enfants était scolarisé depuis septembre 2005. Sur plus de 30.000 demandes de régularisation présentées durant l'été,
6.924 ont été acceptées, laissant 24.000 demandeurs - et au moins autant
d'enfants - toujours en attente d'un règlement de leur situation.
Dénonçant
"cette triste farce", la Cimade rappelle que Nicolas Sarkozy, alors
ministre de l'Intérieur, avait publié la circulaire dans un contexte de forte mobilisation
du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour empêcher des expulsions.
"À l'impressionnant mouvement de solidarité suscité par le sort de
milliers de familles et d'enfants (....), le ministre a répondu à sa manière :
pouvoir discrétionnaire, critères flous et, finalement, quotas de
régularisation", s'insurge la Cimade. L'association
reproche en particulier à Nicolas Sarkozy d'avoir "fixé un quota (...) et
fait mentir la promesse initiale d'un examen particulier de chaque
dossier".
De fait, le 24
juillet, lors d'une réunion avec les préfets, M. Sarkozy avait annoncé que
6.000 régularisations seraient accordées sur un total estimé à cette date de
20.000 demandes. "Le 15 août, le ministre de l'Intérieur confirme le
chiffre de 6.000 attributions de cartes de séjour, alors que plus de 30.000
demandes ont finalement été déposées", relève le rapport. "Autrement
dit, les 10.000 dossiers déposés dans les dernières semaines ont été a priori
tous regardés comme infondés", en déduit la Cimade.
"Nombre de
familles répondant parfaitement aux critères ont vu leur demande de titre de
séjour rejetée de manière totalement arbitraire", accuse-t-elle. Pour la
Cimade, la "situation intolérable" faite aux "familles victimes
de quota, massivement confrontées à des refus de régularisation à la fois
injustes et arbitraires (...) ne pourra perdurer au delà des échéances
électorales prochaines".
Le nouveau gouvernement, ajoute-t-elle, "devra
répondre aux milliers de familles en attente de régularisation et aux nombreux
citoyens qui restent mobilisés à leur côté".
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