Forum d’Action
Réseau Foi et Justice Afrique-Europe
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AEFJN est une AISBL de droit belge
2008/1 n° 48
1° LES AGROCARBURANTS ET LA
SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE DE L’AFRIQUE :
La production
de « bioéthanol » en Afrique
est passée de 100 millions de gallons en 2006 à plus de 160 millions de gallons
en 2007. L’Inde, le Brésil et l’Europe investissent des centaines de
millions de dollars en Afrique pour développer les cultures pour agrocarburants
sur des dizaines de milliers d’hectares.
Or ces productions pour exportation menacent la
souveraineté alimentaire des africains.
Les promoteurs
de ces cultures cherchent le rendement.
Ils privilégient donc les cultures mécanisées sur de grandes étendues de terres
fertiles qu’ils irriguent abondamment. Ils ajoutent beaucoup d’engrais et de
pesticides. Par l’introduction d’OGM et les grandes étendues d’une seule
plante, ils menacent la biodiversité vitale pour la population. De plus, en
utilisant les mêmes produits agricoles que pour l’alimentation, ils diminuent la quantité d’aliments de base
disponible sur les marchés et par conséquent, ils contribuent à
l’augmentation des prix. Cette augmentation
des prix est accélérée par quatre autres facteurs :
- L’augmentation de la
population :
elle augmente la demande d’aliments tout en diminuant la surface de terres
agricoles disponibles ;
-
La diminution des stocks de réserve
pour contrôler les variations de prix sur le marché, puisque les surplus de
récolte sont utilisés pour la production d’énergie;
-
L’augmentation du coût de production des aliments : puisqu’il faut améliorer le
rendement à l’hectare, on recourt à la culture industrielle onéreuse en
engrais, en pesticides et en carburant pour les machines agricoles, et menace
l’environnement et la biodiversité ;
-
enfin, le réchauffement et les perturbations de climat en
Afrique : ils réduisent les récoltes.
En Afrique, de janvier 2006 à janvier 2007, le coût de la nourriture des pauvres a
augmenté de 9.6 % en milieu rural et de 8.3% en milieu urbain. Consacrer
10% des productions de cannes à sucre à la production d’éthanol a suffit pour
doubler le prix du sucre. Le prix du blé, du maïs et du riz a déjà subi des
augmentations non négligeables. Ceci est grave pour les pauvres qui sont des
consommateurs nets (ils achètent et ne vendent pas le maïs), mais aussi pour
les pays qui ne sont pas autosuffisants pour leur alimentation. Parallèlement,
les stocks disponibles pour l’aide alimentaire d’urgence diminuent.
Certains gouvernements y trouvent
une opportunité nouvelle de faire entrer des devises en signant des
contrats avec des compagnies internationales. Certains n’hésitent pas à
exproprier des villages et des agriculteurs et ils ne versent pas toujours les
compensations éventuellement promises. Lorsqu’ils
invoquent l’indépendance énergétique pour promouvoir les agrocarburants, ils ne
disent pas qu’ils ont besoin de pétrole pour les cultures mécanisées avec
engrais et pesticides qu’ils développent. Et puis, il est évident que même si
le Jatropha (Pourghère) pousse dans des terres peu fertiles, les compagnies qui
investissent, par exemple 20 millions de dollars dans 9000 hectares en
Tanzanie, vont cultiver le Jatropha sur de bonnes terres irriguées.
Et en fin de
compte, le rendement énergétique des
agrocarburants et les effets bénéfiques sur la réduction des émissions de gaz à
effet de serre (responsables du réchauffement climatique dont l’Afrique
souffre déjà) sont très controversés,
y compris par des instances scientifiques au sein-même de la Commission
Européenne.
Plusieurs comités
scientifiques et groupes civils d’Afrique tirent la sonnette d’alarme
Stimuler la production d’énergie renouvelable et favoriser l’accès à
l’énergie pour la population, oui, mais pas à n’importe quel prix. Ces
organisations africaines se lèvent pour lutter
contre les violations des droits humains dans les exploitations ;
travail décent, environnement sain et droit à la nourriture. Elles luttent
aussi pour :
-
Une meilleure orientation des efforts et des finances ;
-
Développer des projets locaux ou
régionaux qui produisent de façon efficace de l’énergie renouvelable pour la
population sans entrer en concurrence avec l’alimentation ;
-
Coopératives pour produire
l’électricité du village, a
-
Appliquer des techniques de cuisson
des briques ou de l’alimentation consommant moins de bois ou de pétrole ou
encore utiliser les déchets pour produire de l’énergie.
Ces organisations mettent en
garde leurs gouvernements contre le lobby des multinationales qui
encouragent certains développements de biotechnologies agricoles ayant des
effets franchement négatifs sur la sécurité alimentaire et la santé de la
population africaine. Ils font observer qu’une
fois de plus, les pays africains exportent de la matière première sans profiter
de la valeur ajoutée par transformation de leurs produits agricoles. Il est
inepte de consacrer des terres agricoles pour remplir une seule fois le
réservoir d’une Land Rover, alors qu’elles suffiraient à nourrir une personne
durant un an.
Au sein de l’Union Européenne,
les ministres demandent la promotion de l’utilisation et de la
commercialisation des agrocarburants, dans le respect des conditions de production « durable », ce qui
suscite les débats de toutes parts. Les unités « Environnement » et
« Energie » de la Commission Européenne se disputent autour des
certificats de production durable. Les députés européens polémiquent sur les
critères et les opportunités économiques pour l’Europe. Les agrocarburants ne
font pas l’unanimité dans le milieu industriel. De leur côté, les groupes de
société civile sont partagés sur la question des « critères sociaux et
environnementaux de durabilité ». Certains prétendent qu’il faut obtenir
des critères valables et utilisables pour garantir des conditions de production
acceptables. Tandis que d’autres groupes affirment que l’on n’obtiendra aucune
garantie valable par aucun système de certification. Ils s’appuient sur
l’observation des critères actuels (pour le bois, par exemple) qui se révèlent
insuffisants: surtout parce que le commerce trouve les moyens d’éviter tout
contrôle.
Pendant ce
temps, des agriculteurs perdent les
moyens de produire ainsi que l’accès à la terre, à l’eau, aux semences et
leur liberté d’action.
AEFJN a lancé une campagne en novembre 2007. AEFJN a demandé à l’Union Européenne et aux
Etats membres un moratoire de 5 ans sur l’importation des agrocarburants issus
de monocultures intensives et sur toute forme de soutien à de telles cultures
en Afrique. AEFJN poursuit son action. Les antennes européennes envoient
maintenant une lettre à leurs ministres de l’énergie, de l’environnement et à
leur premier ministre puisque ceux-ci travaillent activement pour finaliser la
directive européenne pour l’énergie. De plus, en juillet, le G8 s’intéressera au « Changement climatique et
durabilité » et, en mai, le Comité où les Nations s’accordent sur les
règles internationales concernant la diversité biologique (CDB) va se pencher
sur les « Bioénergie et biocarburants ».
Chaque
citoyen des pays membres de l’Union Européenne et d’ailleurs joue un rôle
essentiel pour relayer cette campagne. (1)
C. Fouarge
2° LES APE
RESTENT UNE QUESTION BRULANTE EN 2008 :
Les derniers
mois de 2007 furent marqués par les questions, les craintes, l’excitation de ceux qui avaient suivi de l’intérieur ou
de l’extérieur les négociations pour les Accords de Partenariat Economique
(APE) entre l’Union Européenne (UE) les pays d’Afrique, des Caraïbes et du
Pacifique (ACP). L’UE voulait que les APE soient signés avant l’expiration de
la dispense en 2008, mais les
pays ACP
n’étaient pas enthousiastes à les ratifier avant la date butoir. Ils
acceptaient de libéraliser leurs marchés
mais avaient besoin de davantage de temps à cause de grosses divergences
sur des questions primordiales : le développement et l’aide supposés être
les vrais fondements des APE.
Les pays
ACP avaient exprimé
leur crainte pour les exportations vers l’UE lors de l’échéance de la date
butoir du 31 décembre 2007, lorsque
la dispense de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui permet des
conditions non-réciproques de commerce entre les deux régions venait à
expiration. L’UE avait insisté qu’elle n’autoriserait pas de « conditions
spéciales » pour protéger les exportations venant des pays ACP qui
n’auraient pas signé les APE. Même si l’accès complet au marché était proposé,
(suppression de tous les tarifs douaniers et quotas) entre les pays signataires
des APE et l’Europe, l’UE a menacé les pays en développement (PD),( ceux qui ne
sont pas parmi les plus pauvres), que s’ils ne signaient pas dès janvier 2008, ils
devraient payer des droits de douane sur leurs exportations vers le marché
européen. Cela signifiait pour eux une montée des prix de leurs produits et par
le fait même une perte au plan économique et sans doute aussi au niveau de
l’emploi. Les pays les moins développés (PMD) pourraient continuer à exporter
vers les marchés européens sans tarifs douaniers ni quotas, sous la
réglementation « Tout sauf les
armes » (TSA).
Durant les derniers jours de 2007, il y eut des signaux
contradictoires. D’une part, l’UE affirmait que beaucoup de pays signeraient
les APE, et d’autre part, beaucoup de pays africains affirmaient qu’ils ne
signeraient pas les APE car ils n’étaient pas prêts et que beaucoup de
questions restaient obscures dans les négociations. La Commission Européenne
(CE) qui devait faire face à cette situation ne voulait pas perdre la face et a
donc cherché un compromis : des régions ou des pays (agissant seuls)
pourraient signer des « APE provisoires », portant seulement sur les
biens, avec l’engagement à poursuivre les négociations en 2008. Cette mesure
unilatérale représentait une fracture dans l’intégration régionale si tous les
pays ne signaient pas, et ce fut le cas.
Les
Caraïbes sont la seule
région qui a signé des APE complets, y compris pour le commerce des biens
et des services, avant la fin de l’année. Pour les
autres pays ACP, le refus de signer apparut comme une volonté de
manifester leur
insatisfaction.
Plusieurs des pays africains en cours de développement qui ne voulaient pas
signer ont dû le faire pour que leurs exportations puissent pénétrer le marché
européen sans tarifs douaniers ni quotas. Ceci explique pourquoi la plupart des
pays qui ont entrepris les négociations pour les « APE provisoires »
sont les pays en développement alors que les pays les moins développés, les
plus pauvres, n’ont pas signé.
Parmi les 51 pays ACP (sans compter les Caraïbes),
seuls
21 ont signé les « APE provisoires » avant la date butoir. 12 pays étaient en cours de
développement :
-
En
Afrique australe : le Botswana, Lesotho, Swaziland, Namibie et
Mozambique. La RSA n’a pas signé. Ceci a créé une crise au sein de l’Union
douanière Sud africaine SACU, et par le fait même dans l’intégration régionale.
-
Parmi les 16 pays d’
Afrique orientale, la Communauté
d’Afrique de l’Est (Kenya, Uganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi) a signé en tant
que sous-région. D’autres pays signataires sont : les Seychelles, Maurice
et le Zimbabwe.
-
En
Afrique occidentale, seuls la Côte d’Ivoire et le Ghana signèrent.
Le Nigeria n’est pas intéressé dans les APE, vu que sa ressource principale est
pétrolière.
-
En
Afrique centrale, le seul signataire est le Cameroun qui veut
protéger le commerce de son cacao.
-
Dans le
Pacifique, seuls la Nouvelle Guinée-Papouasie et Fidji ont signé.
Ces «
APE provisoires »
obligent les pays ACP à libéraliser leurs importations venant de l’UE plus rapidement et plus profondément
qu’ils ne l’attendaient (plus de 80% des importations libéralisées endéans
quinze ans).
Malgré l’accès au marché accordé par l’UE aux produits provenant des
pays signataires des APE,
le problème
pour les ACP n’est pas tant l’accès au marché que la possibilité de vendre des
produits autres que les « matières premières ». Les pays
africains ont besoin d’aide pour construire l’infrastructure qui les aiderait à
produire des produits à valeur ajoutée et à les commercialiser. Ceci seul
pourra promouvoir un développement durable. C’est pourquoi les négociateurs ACP
insistent sur « l’aide pour le commerce » venant de l’UE comme part
intrinsèque des APE. Il
faut simplifier
les règles d’origine et les normes sanitaires européennes pour que les ACP
profitent pleinement de ces accords.
Les
pays ACP veulent la
libéralisation du commerce, mais ils
redoutent
d’ouvrir leurs marchés trop rapidement à des exportations et industries
européennes trop compétitives. Ils voient
que
l’UE sera le principal bénéficiaire, car ses exportations vers l’Afrique
augmenteront de 20%. Les pays africains ne savent pas quelle sera
l’importance du bénéfice pour leurs producteurs et exportateurs dans l’accès au
marché offert par l’UE. Ils s’interrogent aussi à propos du rôle des APE dans
l’intégration régionale.
Les négociations sont supposées se poursuivre en 2008. Ceci amènera
une autre source de malentendus car
l’UE
insiste sur la négociation des services et des questions liées au
commerce : investissements, compétition et marchés publics que les
pays africains considèrent néfastes au développement.
Au Sommet de
Lisbonne, en réponse aux critiques des dirigeants africains, Barroso s’est
engagé à la renégociation de certaines clauses, sources de tension dans les APE
provisoires. Ceci, en conjonction avec un mécanisme de supervision des impacts
des APE sur la dimension de développement, serait une manière d’avancer vers un
développement équitable profitable à tout le monde.
Lors de
l’Assemblée parlementaire conjointe ACP-UE en mars 2008 qui a réuni 78
parlementaires UE et 78 parlementaires des ACP, les APE occupaient le haut du
programme. Les négociations sur les APE ont provoqué des critiques quant au
manque de transparence et de consultation démocratique. Une manifestation a eu
lieu à Bruxelles à l’extérieur du lieu de la réunion. Elle regroupait des
groupes de la société civile et des parlementaires des pays ACP. On pouvait voir
les slogans : «
Les APE
fabrication Bruxelles ne conviennent pas aux ACP » « Les négociations
des APE se sont principalement déroulées à huit clos. Nous voulons voir les
pays ACP s’asseoir sur le siège conducteur du commerce ». La
participation de la société civile, des membres des Eglises, des fermiers, des
hommes d’affaires, des industriels et des parlementaires venant d’Afrique est
signe d’espérance pour des APE respectant le développement équitable et les
intérêts des populations des pays ACP. Il faut continuer le combat et
l’engagement de tous sera primordial pour l’élaboration d’APE qui seront
pré-développement.
Begoña Iñarra
3° ARMES LEGERES ET
DE PETIT CALIBRE :
Les deux articles qui suivent sont
en lien. Si la situation humiliante des femmes de l’Est de la RD Congo est
dénoncée, cela peut amener certains gouvernements à prendre leur responsabilité
dans le commerce des armes.
3.1. Arrêtons les
violences sexuelles au Congo :
EurAC - Réseau Européen pour
l'Afrique Centrale a publié un document qui relate les situations horribles et
dégradantes dont sont victimes les femmes, les enfants dans l’Est du Congo.
Nous espérons que la communauté internationale interviendra pour mettre fin à
cette horreur sexuelle.
A travers les violences sexuelles
qu'elles subissent, les communautés sont détruites, les valeurs s'effondrent. Lorsque les villages sont attaqués,
pillés, personne n'est épargné : femmes, enfants, hommes sont tués. Parfois,
les hommes, sous la menace, doivent participer aux viols de leurs femmes et
filles. La plupart des viols sont commis par les miliciens appartenant aux
différents groupes armés toujours présents dans la province, avec les FDLR/
Interahamwe comme acteur principal de
ces crimes.
Les données de la Commission Provinciale de Lutte
contre les Violences Sexuelles font état de 26.000 victimes reçues pour un
traitement médical en 2006, mais un
grand nombre de femmes n'arrive jamais
à atteindre les centres médicaux. A
Bukavu,
on parle facilement de 40.000 victimes par an. Par rapport au nombre énorme
de viols enregistrés,
seuls 304 cas
(données Monuc, 2007)
ont été traduits
en justice entre 2005 et 2006. Même si les jugements prévoient la
réparation pour les victimes, cette dernière n'est jamais exécutée.
Une mission mixte d'ONG belges et européennes
(dont les deux co-auteurs de cet éditorial), quatre parlementaires et deux
journalistes belges, s'est rendue au Sud-Kivu en février. Les membres de cette
mission ont été
choqués par l'impunité
et l'insécurité qui règnent dans la province car la réhabilitation de
l'Etat congolais est encore embryonnaire et qu'on n'a pas encore mis en place
les instruments d'un Etat de droit, comme une armée performante et une justice
crédible.
L'exploitation illégale des
ressources naturelles par une chaîne d'acteurs congolais, rwandais et
internationaux persiste à cause de
l'absence
totale de tout mécanisme de contrôle, et ce dans le contexte d'une économie
totalement informelle. Les forêts et les collines sont infestées de bandes de
jeunes et moins jeunes qui vivent sur le dos de la population, parce qu'ils ne
voient aucune alternative pour échapper à l'exclusion.
La population sudkivutienne ne demande que la
paix. Deux accords récemment signés y offrent une fenêtre d'opportunité.
L'Union Européenne et ses Etats membres doivent encourager et accompagner la
mise en application de l'Accord de Nairobi du 9 novembre 2007 entre le Rwanda
et le Congo sur l'approche commune à l'égard de la menace posée par l’ex-FAR/
Interahamwe, et de l'Acte de l'engagement pour la paix, signé le 23 janvier
2008 à Goma entre les différents groupes armés, y compris le gouvernement
congolais. Le manque de progrès dans la mise en application de ces accords nous
préoccupe beaucoup.
Entre-temps, la
population kivutienne attend la fin de ses souffrances.
Sabine Kakunda, CNCD, Donatella Rostagno,
Administratrice EurAC Policy Officer
EurAC - Réseau Européen
pour l'Afrique Centrale
3.2. Une subvention
suédoise :
SIPRI a reçu récemment du gouvernement suédois
SIPRI a reçu
récemment du Ministère Suédois des Affaires Etrangères
trois subventions pour la
recherche
qui fera une étude sur les armes légères et de petit calibre :
§
En explorant les possibilités
d’étendre les bases de données sur le transfert des armes récoltées par SIPRI en
y incluant les transferts d’armes légères et de petit calibre vers
l’Afrique ;
§
Fournir un gros effort pour mettre sur
carte tous les détails existants relatifs aux identifications des courtiers et agents de transport
engagés dans des envois illicites d’armes
légères vers l’Afrique et trouver
des moyens pour améliorer la coordination et l’efficacité de ces efforts ;
§
Et examiner les soumissions de
transfert des armes légères dans le registre de l’ONU des armes
conventionnelles (UNROCA) ainsi qu’établir une politique qui recommandera
l’amélioration de la qualité et de la consistance des informations que les
états soumettent à l’UNROCA pour leurs transferts d’armes légères.
Pour trouver plus d’information sur ces études vous pouvez consulter
le SIPRI Arms Tranfers Project
4°
VERS DES MÉDICAMENTS DE QUALITÉ POUR TOUS :
La qualité des médicaments administrés aux patients est un grand
souci pour les services de santé et tous ceux qui désirent une qualité de vie
meilleure pour les populations africaines.
L’accès
à des médicaments de qualité est un droit humain, celui d’avoir accès aux services de santé et tout
patient a le droit d’être traité avec des produits de bonne qualité. Pourtant,
dans la réalité, des millions de personnes sur notre planète n’ont pas accès à
ces médicaments de qualité pour traiter leurs maladies, alléger leurs
souffrances. C’est dû au fait qu’eux-mêmes ou leurs gouvernements ne peuvent
payer ces produits ou parce que la qualité des médicaments utilisés n’a pas été
contrôlée.
AEFJN travaille ce dossier de l’accès à des médicaments de qualité
pour tous depuis des années. L’accent principal est mis actuellement sur la
qualité des médicaments, même si l’accès n’est pas oublié.
AEFJN fait partie de la coalition Be-cause Health, qui travaille
pour le moment à une
Charte pour la
qualité des médicaments, des produits pharmaceutiques, des vaccins, des
produits de diagnostique et pour l’équipement médical.
Dans les pays riches, les normes de sécurité pour les produits
pharmaceutiques voués à l’exportation vers les pays moins développés sont moins
strictes que pour ceux qui seront utilisés dans les pays développés ou sur le
marché local. Les gouvernements des pays producteurs de ces produits mettent la
responsabilité du contrôle de sécurité sur les pays où les médicaments seront
utilisés.
Certains médicaments produits
pour l’exportation par les pays riches ainsi que certains produits par les pays
émergents ne correspondent pas aux normes internationales soit à cause d’un
manque de volonté politique dans les pays émergents soit vu leur capacité
encore faible pour la production. Dans
les pays destinataires, le manque de moyens économiques ainsi que l’absence de
volonté politique rendront difficile, voire impossible, le contrôle des normes.
Dis-moi où les médicaments seront utilisés et je
décrirai leur qualité.
La destination finale du médicament, plus que le pays où il a été
fabriqué, est déterminante pour sa qualité. Dans la production européenne,
l’assurance des normes de qualité en vigueur pour les produits destinés à l’UE
suit les normes internationales mais ne le fait pas pour les produits voués à
l’exportation vers le Tiers Monde. L’inspection et l’approbation de la
production indienne de médicaments génériques exportés vers l’Europe, les Etats-Unis
ou l’Australie par les autorités pharmaceutiques est très stricte mais les
mêmes producteurs n’utilisent pas ces normes pour les produits destinés à leur
marché local ou à celui des pays en développement : Afrique, Asie du Sud
Est et Amérique latine.
La
plupart des médicaments
destinés aux populations les plus
pauvres est achetée sans la référence aux normes concrètes de qualité (OMC,
ICH, Pharmacopées). Ces normes ne sont pas bien connues et sont donc rarement
utilisées.
Sur le marché des médicaments,
le prix est le facteur principal. A cause de la
grande compétition, il y a une
chute des
prix et en résulte aussi une chute dans la qualité du produit. Il existe
aussi un manque de responsabilité des donneurs qui laissent la qualité des
médicaments à l’appréciation de leurs partenaires qui les achètent. Les
enchères ouvertes sont un autre facteur qui envenime la situation de même que
la croyance qu’avec un subside égal, plus de patients pourront être traités…
mais ces médicaments sont-ils de qualité suffisante ? Les acheteurs de
médicaments, même s’ils sont responsables de leur qualité, manquent souvent de
compétence technique. De plus, les règlements internationaux sont très
compliqués.
En route pour
une Charte sur la qualité des médicaments
Le
marché des médicaments
est devenu un marché à haut risque car les
normes
de qualité sont souvent
laissées à
l’appréciation des producteurs et des distributeurs qui sont avant tout des
commerçants. Ils ne vont pas s’imposer à eux-mêmes des contraintes qui vont réduire
leurs bénéfices. Si tous ceux qui sont engagés dans la fourniture prennent leur
responsabilité et unifient leurs ressources et informations une solution
pourrait apparaître. C’est dans cette ligne que la coalition Be-cause Health
prépare une charte pour la qualité des médicaments. Cette charte prendra en
considération certains produits qualifiés, s’ils sont qualifiés par l’OMS, ceux
qui sont enregistrés dans un pays/région à haute régulation (UE, USA, Japon) et
qui figurent sur la liste de médicaments de base.
Cette charte va engager les signataires, ils achèteront en lien avec
des normes reconnues et ils s’unifieront pour avoir la possibilité d’auditeurs
compétents qui évaluent les produits qui ne sont pas en conformité avec les
normes. Les produits à la disposition de ceux qui travaillent dans les soins de
santé doivent avoir la même qualité et
sécurité que ceux qui sont vendus dans les pays développés.
La charte sera prête dans un mois, on en est à la dernière révision.
Si vous-même ou quelqu’un près de vous est intéressé par cette charte, envoyez
votre adresse et AEFJN vous enverra la charte.
Begoña Iñarra
5°
LE MANDAT CEO SUR L’EAU – UN LOUP REVÊTU D’UNE PEAU D’AGNEAU ?
Au moment de quitter l’Angleterre pour venir travailler ici au
secrétariat d’AEFJN à Bruxelles, une amie m’a passé cette remarque de manière
anodine… certaines de ses connaissances voient toutes les personnes engagées
dans Justice et Paix comme des gens durs, assez fanatiques, à éviter plutôt
qu’à imiter. Ceci m’a fait réfléchir. Ceux, parmi nous, qui sont hantés par les
millions de visages des personnes sans accès à une eau de qualité cherchent le
meilleur moyen de faire une différence et d’encourager d’autres à joindre le
mouvement. Comment pouvons-nous être, comme Jésus le recommandait, astucieux
comme des serpents et doux comme des colombes ?
Comment la course à
posséder plus peut-elle être
transformée en une spiritualité du suffisant
qui s’assure que les ressources du monde sont équitablement
partagées ?
Alors que je me penchais sans succès sur ces questions, le nom
« Coca-Cola » me revenait toujours en tête. On entend tant de choses
ces jours-ci à propos de l’appât du gain que Coca-Cola fait peser sur ses
employés pour plus de bénéfice que je me suis demandée si j’étais aveuglée par
les préjudices en ignorant les bienfaits que la compagnie pourrait offrir à la
société dans son ensemble. Après tout, elle venait de promouvoir le
« mandat CEO sur l’eau »
(2)
dans lequel il est stipulé que le manque d’accès à de l’eau potable et pure
cause « de grandes souffrances en termes d’humanitaire, de social et
d’économie » et qui présente un plan stratégique pour faire face aux défis
provoqués par la pénurie grandissante d’eau pour l’ensemble de la planète.
Coca-Cola, avec d’autres compagnies, grosses consommatrices d’eau
comme Suez, Nestlé et Lévi-Strauss, ont présenté le mandat CEO sur l’eau aux
Dirigeants du Global Compact de l’ONU en juillet dernier et ont encouragé les
dirigeants d’autres compagnies à faire de même. En janvier de cette année,
Ban-Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, a soutenu le mandat CEO sur l’eau au
Forum économique mondial de Davos, heureux de voir le monde des affaires
«
devenir partie prenante pour une
solution et non pour un problème ». Le mandat affirme que «
le secteur privé joue un rôle important
comme partie prenante dans la prise en charge du défi de l’eau auquel fait face
aujourd’hui notre monde ». Il parle aussi de la réalisation des
Objectifs du Millénaire (ODM) et d’un partenariat avec le secteur public et la
société civile. Tout ceci pourrait paraître prometteur si les mots «
rôle important comme partie prenante »
ne tiraient la sonnette d’alarme; ils impliquent possession et contrôle.
De plus, que signifie réellement « partenariat » ? Un
partenariat spontané est une
« relation de dépendance mutuelle » affirme Steve Bloomfield dans
son discours au Réseau Africain de l’Eau en novembre dernier et
non un contrat commercial entre une
compagnie privée et un organe public.
(3)
Pour beaucoup qui ont aussi l’expérience des questions d’eau en Afrique, il
encourage la création de
PUPS, des
partenariats sans but lucratif, entre deux ou davantage de distributeurs
d’eau pour pouvoir partager information et compétence. Un tel projet de
partenariat peut s’étaler sur des mois ou quelques années.
C’est un cri du fond de l’être même de la majeure partie des
entreprises privées qui cherchent des contrats longs et générateurs de profit.
Les PUPs reconnaissent et soutiennent l’expérience et la sagesse locales ;
ils reconnaissent mais ne créent ni ne maintiennent de dépendance auprès de
l’autre partenaire. Il faut nous inquiéter d’initiatives telles que le mandat
CEO sur l’eau. Même si son but promulgué est de progresser dans la protection
des ressources en eau, Tony Clarke, de l’institut Polaris au Canada
(4)
s’inquiète que «
ce soit en réalité
un léger voile posé par les sociétés à but lucratif pour imposer leur contrôle
sur les ressources en eau et les services de par le monde ». De plus,
on prévoit que le contrôle privé sur l’eau va immanquablement amener à des
guerres majeures en son nom. Tony Clarke, dans une lettre écrite à Ban-Ki-Moon
et publiée lors de la journée mondiale de l’eau en 2008, lui demandait de
reconsidérer s’il était sage d’appuyer
un contrôle des entreprises sur l’eau. Tony Clarke a reçu l’appui d’AEFJN et
invite plus de groupes de la société civile à signer cette lettre. Nous
attendons maintenant la réaction de Ban-Ki-Moon.
Si des sociétés comme Coca-Cola, Suez et Nestlé semblent protéger
leurs intérêts en faisant de l’eau une marchandise de haut prix,
où se positionne aujourd’hui l’Union
Européenne en lien avec la privatisation de l’eau ? Lors de
l’établissement du Partenariat Stratégique UE-Afrique pour le domaine de l’eau
et de l’hygiène en 2002, avec l’accomplissement des ODM en tête, il existait un
profond tournant vers l’engagement des compagnies privées pour procurer l’infrastructure et les
services nécessaires. C’était un point-de-vue assez aveugle, vu l’échec de
plusieurs entreprises européennes en Afrique dans les années 90.
En janvier 2008, Biwater s’est vu contraint à payer presque 8
millions $ aux autorités tanzaniennes à cause de la mauvaise gestion d’un
projet. Quand, Suez, le groupe français, était responsable de la distribution
d’eau dans les villes d’Afrique du Sud, les taxes ont augmenté de 600%, ce qui
a fortement limité l’accès à l’eau pour une large part de la population.
L’expérience prouve que lorsque le coût de la distribution d’eau aux gens les
plus démunis coûte de l’argent, les compagnies privées ont tendance à ne pas
honorer leurs engagements.
Il semble cependant qu’il y a un léger changement dans la politique
de l’UE depuis le début de mars. Les officiels de la Commission ont affirmé
qu’ils désiraient voir davantage de fonds disponibles pour les projets relatifs
à l’eau aux mains des compagnies du secteur public.
(5)
Des rumeurs circulent pourtant qui disent que, initialement, un maximum de
seulement 10% du fonds pour l’accès à l’eau de l’UE serait réservé pour les
projets avec une dimension « secteur public » (même si ce n’est pas
uniquement public). C’est un pas dans la bonne direction, mais il n’est
sûrement pas suffisant.
Il nous faut donc continuer à attirer l’attention des institutions
européennes et de nos parlements
nationaux sur des
exemples de bonne
gestion de l’approvisionnement en eau en Afrique. Il nous faut insister
pour que des fonds supplémentaires soient alloués pour les partenariats
public-public. Enfin, nous devons garder l’œil ouvert sur les actions prises
par le secteur privé, tel le mandat CEO sur l’eau, qui encouragent son contrôle sur l’eau et qui ignore les besoins
criants des plus pauvres de notre monde qui sont les moins capables de défendre
leur accès au plus élémentaire des droits humains : accès à assez d’eau.
Tout ceci nécessitera l’astuce du
serpent et en même temps le roucoulement insistant de la colombe.
Anne Rutter
6°
QUELQUES NOUVELLES AEFJN :
Antennes
- L’antenne de
Madrid a une
nouvelle coordinatrice : Itxiar Alfaro. Nous la remercions
pour tout ce qu’elle a déjà accompli et continuera à faire pour AEFJN. Nous
voulons aussi remercier Isabel Fesser pour son engagement envers cette antenne
et surtout pour son dévouement à la cause du contrôle des armes légères et de
petit calibre.
- Nous accueillons
la nouvelle antenne de
Malte. Begoña
Iñarra s’est rendue là plus tôt cette année pour y rencontrer les supérieurs
majeurs de l’île ainsi que certains membres de congrégations intéressées dans
la création de l’antenne. Nous lui souhaitons succès et les accueillons dans le
réseau.
Secrétariat international de
Bruxelles :
Depuis janvier, nous avons accueilli Anne Rutter qui était membre de
l’antenne du Royaume uni et a rejoint les autres membres de l’équipe. Elle est
responsable de la comptabilité à Bruxelles ainsi que du dossier sur l’eau.
Site internet :
Sur notre site internet
www.aefjn.org,
vous pouvez recueillir de l’information sur les différents dossiers dans
lesquels nous sommes engagés, sur des actions entreprises par notre réseau, sur
des publications. N’hésitez pas à le visiter.
AFJN :
Nous souhaitons de très fructueuses célébrations à AFJN (Africa
Faith and Justice Network) pour son 25
e anniversaire. Nous sommes
heureux que Jim Greene, notre Président, et Begoña Iñarra, du secrétariat
international nous représenteront là bas et participeront aux différentes
activités qui sont organisées aux Etats-Unis.