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2008/2 N° 21 |
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Le Forum Social Mondial (F.S.M.) et la Journée mondiale de mobilisation et d’action du 26
janvier 2008.
Qu’est-ce que le F.S.M. ? Il s’agit d’une sorte de
débat démocratique
d’idées, de formulation de propositions, d’articulation de mouvements sociaux,
de réseaux et d’ONG à l’échelle mondiale.
Le
F.S.M. s'est tenu à Porto Alegre
au Brésil
en 2001 ;
2002 ; 2003 et 2005, en Inde en 2004. Sous forme de F.S.M. poly - centré en 2006, à Nairobi
en 2007, enfin sous forme d’une journée
mondiale de mobilisation et d’action en 2008.
Le
F.S.M. est dit aussi « altermondialiste », car il se présente,
de par sa dénomination, comme une alternative
sociale au Forum Economique Mondial, qui se
déroule chaque année en janvier à Davos en Suisse.
Le
F.S.M. a pour but de faire se rencontrer
des organisations citoyennes de tous les continents pour élaborer ensemble
une transformation sociale du monde. Le slogan du F.S.M. est : « un autre monde est possible ».
Le
F.S.M. se caractérise par sa pluralité
et par sa diversité. Il n’est ni
confessionnel, ni gouvernemental, ni partisan. Il veut promouvoir des actions concrètes qui constituent des alternatives à
l’économie ultra-libérale, sans prétendre pour autant incarner une instance
représentative de la société civile mondiale. Le F.S.M. permet de constituer des alliances internationales
sur les grands enjeux économiques et sociaux et de tracer la voie pour un
développement durable de la planète.
La
définition du F.S.M. est inscrite dans la Charte
des Principes du F.S.M. Comme l’a écrit Chico Whitaker[],
cofondateur du F.S.M. et membre de la Commission
Justice et Paix, le point de départ
de la Charte est l'organisation du F.S.M. comme « espace ouvert » et non comme « mouvement ». Cette charte veut aussi élucider les liens entre
mouvements sociaux et partis politiques.
Le
nombre de participants s'est accru remarquablement au cours des rencontres successives des F.S.M. Comme les
participants venaient surtout d’Europe et du continent américain, sauf bien sûr
au F.S.M. de 2004 qui s'est tenu en Inde à Mumbaï, les organisateurs ont été
incités à ce que certains F.S.M. se tiennent dans des continents moins
représentés comme l'Asie et l'Afrique. Ainsi le 7e F.S.M. s’est-il tenu à Nairobi
(Kenya) en janvier 2007. Il a permis
d’élargir les liens de solidarité entre les organisations africaines
syndicales et sociales en vue de résister aux pressions économiques de l’Union
européenne (les fameux Accords de Partenariat Economique).
L’année
2007 marque une nouvelle étape dans l’internationalisation du F.S.M. Outre celui de
Nairobi, un important F.S.M. s'est aussi tenu aux Etats-Unis. Huit ans après
les mobilisations de Seattle contre l’O.M.C. et sept ans après la première
rencontre de Porto Alegre (Brésil), « l’altermondialisme » est
aujourd’hui présent dans de nombreuses régions du monde ; il reste certes
encore à intégrer à la dynamique internationale des pays aussi importants que
la Chine (un objectif pour 2008 !), mais, jusqu’à aujourd’hui, l’expansion
géographique du mouvement a été remarquablement rapide.
Le FSM 2008 a endossé les couleurs d’un Appel mondial pour l’action dans la
semaine qui culmine le 26 janvier, celle pendant laquelle le Forum Economique
Mondial tient sa réunion annuelle à Davos. Le F.S.M. 2008 a consisté en
diverses activités auto - organisées simultanément en des milliers d’endroits
de la terre sur le thème d’une mondialisation solidaire.
À Bruxelles
même, le 26 janvier dernier, des ONG
ainsi que des organisations humanitaires et syndicales ont participé pour
montrer leur solidarité dans la lutte contre la pauvreté. Douze thèmes furent abordés : paix, santé, souveraineté
alimentaire, travail décent, responsabilité fiscale, liberté d’expression,
droit au logement, envi-ronnement, migration, eau, financement et
développement, services publics. Des stands thématiques se trouvaient
éparpillés aux quatre coins de la Capitale. Si certains débats étaient bien
organisés, comme celui sur l’eau, d’autres n’ont pas rencontré beaucoup
d’enthousiasme. D’autre part, le F.S.M. se déroulant le même jour dans
plusieurs grandes villes du monde, l’effet de masse s’est estompé. On peut
enfin regretter le manque de relais par
les médias.
Le
Conseil international du F.S.M. a décidé que le F.S.M. de 2009 aura lieu à Belém, en Amazonie brésilienne.
AEFJN
a participé au F.S.M. de Nairobi de 2007 ainsi qu’à la journée d’action du 26 janvier 2008 de
Bruxelles parce qu’elle croit avoir un rôle à jouer dans l’avènement d’un monde
où les relations économiques sont au service de la personne, surtout de la
personne vulnérable ici et au Sud, et non le contraire.
La politique africaine
des U.S.A. sous le signe de la lutte du président Bush contre le terrorisme.
Selon les observateurs de la politique étrangère
américaine, la visite que le président
Bush a effectuée en Afrique du 15 au 21 février dernier dans 5 pays
africains, à savoir le Bénin, la Tanzanie, le Rwanda, le Ghana et le Liberia,
s’inscrit parfaitement dans ses efforts pour étendre au monde entier la lutte contre le terrorisme.
Une série d’ONG internationales, dont AEFJN, ont
analysé la politique africaine de
l’administration Bush depuis un an. Le fil conducteur de cette politique
est la préservation des intérêts
américains à court terme : la recherche de nouveaux gisements de
pétrole et de minéraux rares comme le
coltan, la lutte contre l’expansionnisme économique de la Chine en Afrique, la
recherche d’alliés dans la lutte contre le terrorisme. Tout ceci sous couvert
de respect des droits humains, de bonne gouvernance, de démocratisation,
d’allègement de la dette et de lutte contre le VIH/SIDA.
Après ses échecs en Irak et en Afghanistan, le
président Bush veut passer pour l’homme plein de considération pour la
souffrance des Africains, écrit Gérard LeMell, directeur de l’ONG Africa Action.
Mais le soutien
américain aux présidents Kagame du Rwanda et Museveni de l’Ouganda a eu
pour conséquence que ces petits pays ont
pu occuper le Congo à leur profit pendant des années ; la guerre sans
merci que ces deux pays ont livrée à la population du Congo a provoqué la mort de plus de 4 millions de Congolais(e)s
et la ruine de leur pays.