« L’AGRICULTURE
EST MALADE : SOIGNONS LA PAC »
Sept
organisations lancent une campagne pour une agriculture durable au Nord comme
au Sud (1)
Alors
que les « émeutes de la faim » mettent brutalement sur le devant de
la scène l'agriculture et l'alimentation, sept
organisations (Attac France, les Amis
de la Terre, le CRID(2),
le CCFD(3),
le CFSI(4),
la Confédération paysanne, la fédération Artisans du Monde et Peuples
Solidaires) lancent une vaste
campagne de mobilisation pour défendre une agriculture durable et solidaire, au
Nord comme au Sud.
L'agriculture
est également au cœur de l’actualité européenne en 2008 : la Commission
européenne dresse actuellement le bilan
de santé de la Politique Agricole Commune (PAC) et la France, qui
présidera l'Union Européenne (UE) à partir du 1er juillet prochain, a fait de
la préparation de la PAC d'après 2013 l’un de ses dossiers prioritaires.
Cette
campagne d’information et
d’interpellation des décideurs français se déroulera du 15 avril au 23
septembre 2008, date à laquelle une pétition sera remise au Conseil européen
informel des ministres de l’agriculture. Le site www.soignonslapac.org
permettra de suivre l’actualité de cette campagne (actions de sensibilisation,
réunions publiques…), de se mobiliser en signant la pétition et de s’informer
sur l’évolution des discussions autour de la politique agricole européenne.
Quel bilan de santé ?
À travers cette campagne,
nous
souhaitons dresser notre propre
bilan de santé de la PAC et faire part de
nos propositions pour une politique agricole au service d’une
agriculture durable et solidaire : une agriculture diversifiée et de
qualité, satisfaisant prioritairement les besoins des marchés locaux, créatrice
d’emplois, respectueuse de l’environnement et répartie sur tout le territoire.
La politique européenne a
une forte influence sur les marchés mondiaux et donc sur les agricultures du
monde entier. Si elle peut représenter pour les pays du Sud un modèle car elle
a permis d’assurer l’autosuffisance alimentaire de l’Europe à la sortie de la
guerre,
elle constitue également une
menace en réduisant
leur capacité à nourrir leurs populations.
Certaines exportations et
importations ont un impact négatif sur les agricultures au Sud :
concurrence déloyale par le biais des subventions aux exportations, impact social et
environnemental des monocultures d’exportations au Sud pour répondre à la
dépendance européenne en protéines….
Et tout cela dans un contexte
de libéralisation des marchés mondiaux qui laisse sans défense les paysans du
Sud et rend encore plus cruelle la
flambée des prix alimentaires.
Au
Nord, les mesures introduites par la PAC n’ont pas été sans conséquences
négatives : alimentation standardisée, disparition de millions d’agriculteurs,
répartition inégale des subventions et revenus
entre agriculteurs et territoires,
atteintes à l’environnement…le constat est sévère.
Soigner la PAC et garantir la souveraineté alimentaire
Il
est aujourd'hui urgent que les citoyens interviennent dans le débat pour
définir l’agriculture et l’alimentation de demain.
C’est pourquoi, nous les invitons à se mobiliser pour que l’UE
reconnaisse le principe de souveraineté alimentaire comme objectif prioritaire
de la PAC.
Il est, en effet, nécessaire qu’elle privilégie la production de produits
consommés au niveau régional. En contrepartie, l’UE doit reconnaitre le droit des autres pays à se
nourrir par eux-mêmes.
Dans cette perspective,
nous estimons que ses récentes
propositions, dans le cadre du bilan de santé, orientées vers une
libéralisation accrue des marchés, ne feront qu’alourdir les catastrophes
actuelles.
Il
est indispensable de maintenir des
outils de maîtrise des marchés et de régulation comme les quotas laitiers,
alors que la Commission européenne veut y mettre fin d’ici 2015, mais également
les protections douanières aux frontières bannies par l’Organisation Mondiale
du Commerce (OMC).
Pour la
campagne,
Attac France, les Amis de la
Terre, le CRID, le CCFD, le CFSI,
La Confédération paysanne, la
fédération Artisans du Monde et Peuples Solidaires
1- Communiqué de presse Paris,
le 15 avril 2008
2- Centre de Recherche et d’Informations pour le Développement
3- Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement
4-
Comité Français pour la Solidarité
Internationale
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