L'Église se mobilise et s'engage
RDC : LES CATHOLIQUES SE MOBILISENT CONTRE LA CORRUPTION(1)
Troisième atelier des acteurs politiques catholiques
Cet atelier était placé sous le haut patronage de la
Conférence Episcopale Nationale du Congo, et organisé par la Commission
Episcopale pour l'Apostolat des Laïcs (CEAL).
Hommes d'Etat, professeurs d'université, patron
d'entreprises et activistes de la société civile sont venus
apporter leur éclairage et tirer la
sonnette d'alarme face à un fléau, la corruption qui, ont-ils constaté,
jouissant d'un climat «
d'accoutumance,
de complaisance à la limite de l'indifférence », s'étend comme
«
un virus dans tout le corps social du
pays ».
Durant ces assises, les acteurs politiques «
ont pris chacun, individuellement et
librement, la décision de lutter contre ce fléau », rapporte l'agence de
presse catholique DIA, et décidé de «
conjuguer
leurs efforts pour mobiliser toute la communauté nationale dans un programme
citoyen de conscientisation ».
Face au
jubilé
de 50 ans d'indépendance de la République démocratique du Congo, l'année
prochaine,
« un événement d'une
extrême signification pour les Congolais d'après les participants »,
souligne l'agence congolaise, ils se veulent déterminés «
à répondre à l'appel des pères de l'indépendance à assurer la grandeur
d'un pays à léguer aux générations futures ».
Leur objectif
: faire de l'année jubilaire, une année sans corruption et poursuivre cet
effort pour que toute la décennie 2010 soit consacrée «
Décennie de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption
».
Les acteurs politiques ont ainsi appelé la
hiérarchie de l'Eglise catholique, toutes les confessions religieuses, les
ordres professionnels et les syndicats à s'unir et se mobiliser pour, ensemble,
mener ce combat afin de «
redresser nos
fronts, longtemps courbés » et prendre ainsi
« le plus bel élan dans la paix », ont-ils souligné durant les
travaux.
«
Nous voulons que les acteurs politiques
catholiques soient des modèles. Qu'ils prennent d'abord conscience du
phénomène, de la pratique qui finalement est en train de tuer notre société,
afin que nous puissions repartir sur d'autres bases », a déclaré l'abbé
Ambroise, secrétaire de la CELA, dans son intervention durant ces deux jours
d'atelier.
D'après lui, la corruption entretient la pauvreté
malgré les apparences. «
Comme en temps
de guerre certains s'enrichissent, d'autres aussi profitent de la corruption
pour s'enrichir », a-t-il relevé.
Ainsi «
l'Eglise donne l'occasion à ses membres,
acteurs politiques, de réfléchir pour mieux agir, afin que leurs actions
portent des fruits, et des fruits qui demeurent », a-t-il conclu.
Parmi les résolutions formulées durant les travaux
figurent celles, entre autres, d'organiser des sessions sur la lutte contre la
corruption, de vulgariser les enseignements par la publication de feuillets, de
proposer de cours d'éducation civique et de morale dans les écoles catholiques,
d'accompagner les éducateurs politiques catholiques, et de dénoncer le mal de
manière publique.
Les travaux de
l'atelier ont été clôturés le 22 mars par une messe présidée par Mgr
Dominique Bulamatari, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Kinshasa, au cours
de laquelle il a été
demandé aux
institutions publiques nationales et provinciales de soutenir la campagne de
mobilisation et conscientisation à la lutte contre ce fléau. Une campagne
que vient d'entamer la Commission Episcopale pour l'apostolat des laïcs.
Isabelle Cousturié
1-
ROME, Mercredi 1 avril
2009 (ZENIT.org <
http://www.zenit.org/>
) - « La corruption paralyse les efforts de redressement politique,
économique, social, moral, voire spirituel de la nation », ont dénoncé les
responsables de l'Eglise catholique lors du troisième atelier national des
acteurs politiques catholiques qui s'est tenu du 20 au 22 mars au centre
Béthanie de Kinshasa sur le thème : « Promotion de la bonne gouvernance et
lutte contre la corruption : responsabilité de l'acteur politique catholique,
homme et femme ».