Justice et Paix : ORGANISATIONS INTERNATIONALES
- DETTE



La dette du Liban continue d’enfler :

Les donateurs promettent des fonds, dont une partie est en fait constituée de prêts


Le 25 janvier dernier se tenait, à Paris, une conférence internationale de donateurs, réunis sur la question du redressement, de la reconstruction et de la réforme du Liban. En amont du forum, le gouvernement libanais avait publié un document sans ambages dans lequel il soulignait le niveau élevé du ratio dette/PNB et l’impact de celui-ci sur un contexte politique et social très vulnérable. « Le Liban va avoir grand besoin du soutien de la communauté internationale », peut-on lire dans le document, qui exhorte les donateurs et les créanciers à apporter leur aide financière surtout sous forme de subventions et de prêts hautement concessionnels.
 
         En tout, les donateurs de la conférence de Paris se sont engagés à apporter leur aide à hauteur de 7,6 milliards de USD, répartis de la façon suivante :
  • Arabie Saoudite : 1,1 milliard de USD
  • Etats-Unis : 770 millions de USD (une partie de cet engagement doit toutefois encore être approuvée par le Congrès. En outre, 220 millions de USD sont directement alloués à l’aide militaire pour le Premier Ministre Fouad Siniora)
  • Union Européenne : 520 millions de USD
  • France : 650 millions en prêts concessionnels
  • Banque Mondiale : 1 milliard de USD
  • Banque Européenne d’Investissement (BEI) : 1,25 milliards de USD (prêts)
La dette publique et publiquement garantie du Liban s’élève à 40,5 milliards de USD en 2007, le service de la dette représentant à lui seul 47% du budget de l’Etat. D’après le gouvernement, « un ratio d’endettement d’une telle ampleur est bien trop élevé et reste impossible à assumer sur le long terme, ce qui rend le Liban très vulnérable face à une défaillance systémique ». Face à ce constat, le Premier Ministre Fouad Siniora a lancé un appel à un soutien extérieur substantiel, sous forme de subventions et de prêts hautement concessionnels qui puissent lui éviter au moins en partie d’avoir à recourir à de nouveaux emprunts sur le marché.  
 
La Banque Mondiale a estimé les dégâts causés l’année dernière par la guerre contre Israël à plus de 2,5 milliards de USD. Mais la reconstruction et la réhabilitation du pays risquent fort de coûter encore bien plus cher. Le conflit de juillet 2006 contre Israël a entraîné la mort de 1100 citoyens libanais et la fuite d’un million d’entre eux. La perspective d’un afflux massif de financements extérieurs – dont une partie sous forme de prêts - destinés à couvrir les dépenses de reconstruction ne réjouit pas tout le monde. D’aucuns estiment en effet que le Liban endure là un double revers : d’abord il subit des dommages physiques et des tensions sociales attisées par la guerre, puis la population libanaise se voit contrainte de supporter l’important coût financier du conflit, sous la forme d’un fardeau de dette de plus en plus lourd.

Le Liban connaissait déjà un niveau d’endettement alarmant par rapport à sa petite taille et à sa population (3,5 millions d’habitants seulement). Bien avant le conflit, en 2004, le gouvernement libanais avait d’ailleurs déjà prévenu que son niveau d’endettement était devenu « insoutenable ». D’après les chiffres officiels, la dette publique devrait encore augmenter, pour atteindre 44,7 milliards de USD d'ici 2011.
 
Au vu de chiffres si inquiétants, on ne peut qu’encourager la mise en place d’un audit légal de la dette publique et publiquement garantie du pays, et inciter la société civile à suivre de près la nouvelle aide apportée par la communauté internationale, afin d’assurer que les créanciers et donateurs n'aggravent pas une situation économique déjà bien fragile.
  
 
 Pour plus d’informations sur la dette publique du Liban et sur ce dossier, voir :

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