Justice et Paix : ORGANISATIONS INTERNATIONALES
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Les créances illégitimes du G7 :

COMMUNIQUE DE PRESSE GENERAL 9 février 2007


Diverses ONGs de pays membres du G7 viennent de publier un nouveau rapport coup de poing, dans lequel elles soutiennent que si le G7 cherche réellement à lutter contre la corruption et à favoriser une bonne gouvernance et plus de transparence, il devrait appliquer ces principes au passé.

Le rapport présente des cas de dettes illégitimes actuellement réclamées par le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, alors que les créances en question sont toutes le résultat de politiques de prêt irresponsables. Les gouvernements du G7 ont en effet prêté de l’argent à des régimes qu’ils savaient corrompus ou répressifs afin d'acheter l’allégeance politique de ces derniers, ou encore ont accordé des prêts destinés à aider les entreprises des pays riches à monter des projets non viables à l’étranger.

Le rapport soutient donc que certaines dettes ne devraient pas être remboursées, pour la simple raison que les créanciers, ayant accordé des prêts de façon irresponsable et négligente, en sont en grande partie responsables.
 
Gail Hurley, Chargée de Programme à EURODAD, argumente que « les créanciers doivent répondre des mauvaises décisions qu’ils ont prises et prendre leurs responsabilités vis-à-vis de leurs erreurs. Les politiciens des pays du Nord sont obsédés par la corruption et veulent que l'argent du contribuable soit dépensé à bon escient et non pas dilapidé par des élites corrompues. Ces préoccupations sont certes louables, mais, tant qu’ils n’appliquent pas ces principes au passé, nos gouvernements ne seront jamais crédibles. Il n’est pas acceptable que le G7 prêche la bonne gouvernance auprès des pays en développement tout en réclamant le remboursement de créances corrompues ».
 

 Les différents cas de dettes douteuses

-         L’Allemagne a exporté des navires de guerre en Indonésie sous le régime de Suharto, et ce, malgré les risques que ces vaisseaux soient utilisés à mauvais escient dans des conflits internes.
-         Le Japon a soutenu le développement d’un projet d’aluminium en Indonésie, au seul profit des exportateurs d’aluminium japonais et sans aucun bénéfice pour les indonésiens.
L’Italie a vendu trois turbines hydroélectriques à l’Equateur alors que seules deux étaient nécessaires, et que de toute évidence la centrale hydroélectrique n’était pas viable et avait ravagé l’environnement et les communautés locales.
-         La France a été complice des banques françaises ayant fait main basse sur les richesses pétrolières du Congo Brazzaville et n’a pas été capable de les stopper. Elf Congo a bénéficié de prêts de l’agence française de développement, alors que l’opinion publique s’inquiétait de voir le pétrole disparaître.
-         Les Etats-Unis ont financé l’installation d’une centrale nucléaire sur une faille sismique aux Philippines.
-         Au Royaume-Uni, le gouvernement a garanti le prêt d’une banque commerciale à une entreprise britannique qui fournissait des services d’assistance technique au Kenya à un tarif cinq fois plus élevé que ce qu’ils auraient dû coûter.
Le Canada a soutenu la construction du barrage de Yacyretá en Argentine et au Paraguay, malgré les fortes allégations accusant les dictatures militaires de détourner des milliards de dollars de ce projet.
Chacune de ces études de cas démontre pourquoi les dettes contractées sont illégitimes et pourquoi elles devraient être examinées sans délai, selon des processus d’audit publics et impartiaux. Le rapport exhorte le G7 à suivre le courageux exemple donné par la Norvège et à reconnaître sa part de responsabilité dans les dettes concernées.
Pour lire le rapport complet et obtenir plus d’informations (en anglais) : http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=760 <http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=760>

2° COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA FRANCE
9 février 2007 :


À l'occasion du G7 Finances à Essen (All.) ce week-end : Les ONG dénoncent dans un rapport les créances illégitimes du G7 envers les pays du Sud

Alors que les ministres des Finances du G7 se réunissent les 10 et 11 février 2007 à Essen (Allemagne), la plate-forme Dette & Développement, Eurodad et les mouvements des pays du G7 pour l'annulation de la dette des pays du Sud publient un rapport en anglais intitulé "Skeletons in the cupboard : illegitimate debt claims of the G7" (des cadavres dans le placard : les créances illégitimes du G7).

Ce rapport met en lumière, pour chacun des pays du G7, un cas de créance contractée avec des régimes autoritaires et à l'encontre des intérêts de la population du pays débiteur (financement de matériel militaire, de grands projets aux conséquences sociales et écologiques désastreuses...).

Pour Jean Merckaert, coordinateur de la plate-forme Dette & Développement (25 syndicats et associations françaises), "les pays du G7 passent leur temps à montrer du doigt la corruption des pays en développement, mais ils ne seront pas crédibles tant qu'ils n'auront pas fait leur mea culpa et admis qu'ils ont financé le maintien de régimes corrompus ou criminels. A l'instar de la Norvège, qui a renoncé en octobre 2006 à ses créances illégitimes envers 5 pays, les pays du G7 doivent admettre leur corresponsabilité dans l'endettement des pays du Sud et en payer le prix".

Pour la France (pp.17-21), c'est un cas un peu particulier qui est mis en avant, puisque les prêteurs sont la compagnie pétrolière Elf devenue Total, ainsi que les banques BNP Paribas, Société générale ou Crédit agricole, et non l'Etat. Pour autant, les préfinancements pétroliers accordés par ces acteurs ont contribué au maintien au pouvoir d'un régime criminel et à la spoliation à grande échelle des ressources naturelles d'un pays où 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. La responsabilité du gouvernement français est probablement en jeu.

Pour lire le rapport complet et obtenir plus d’informations (en anglais) : http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=760 <http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=760
Jean Merckaert,
Coordinateur de la plate-forme Dette & Développement
CCFD - Comité catholique contre la faim et pour le développement
www.ccfd.asso.fr <http://www.ccfd.asso.fr>  - www.dette2000.org <http://www.dette2000.org>  




1- Un rapport d’Eurodad, CRBM Italie, Erlassjahr Allemagne, Plate-forme Dette et Développement France, Probe International Canada, PARC Japon, Jubilee USA, Jubilee Debt Campaign Royaume-Uni

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