NOUVELLES d’ AEFJN
Réseau Afrique - Europe Foi et Justice
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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2007
Un regard d’ensemble sur cette année 2007 fera apparaître un lien avec l’Afrique plus fort que par le passé. Est-ce le signe d’un éveil de ce continent ? ou d’une relation qui devient de plus en plus un partenariat ? ou peut-être les deux à la fois ? Il est vrai qu’en dépit des apparences et malgré le catastrophisme que véhiculent souvent les images de l’Afrique, nous voyons des hommes et des femmes, plus nombreux qu’auparavant, réagir et se mettre debout. C’est ce mouvement que nous voulons appuyer à travers le Réseau Foi & Justice Afrique-Europe
LES ÉVÉNEMENTS DE L’ANNÉE 2007.
Le Forum Social Mondial à Nairobi (Kenya), en janvier.
Le Secrétariat international de Bruxelles a délégué une représentante du Réseau. Des membres de nos Instituts présents en Afrique y ont participé aussi. Les thématiques qui y ont été débattues ont été suffisamment pratiques pour stimuler les participants et les organisateurs à des pas concrets pour bâtir « un autre monde possible »
.
Les élections présidentielles et législatives en France, en mai et juin.
Elles ont été une période privilégiée pour prendre en compte les aspirations des citoyens et essayer de les mobiliser.
Un dossier préparé depuis fin 2006 sous l’égide du CRID et de Coordination SUD, comprenait 11 fiches, chacune dénonçant et analysant un problème et proposant des pistes pour s’impliquer dans une action.
En tant qu’Antenne, nous avons soutenu plusieurs de ces thématiques : Annulation de la Dette, Aide Publique au Développement, Paradis fiscaux, Paix et Conflits à propos des Armes, Politique agricole et Commerce international, les relations de la France avec l’Afrique. Cela a donné un élan aux collectifs existants et a été le coup d’envoi pour de nouvelles plateformes, notamment « Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente »
Le G8 en Allemagne ( Heiligendamm), en juin.
Dans un échange de lettre avec la Chancelière allemande, hôte du G8, le Pape Benoît XVI demandait que soient mis à l’ordre du jour les priorités de l’Eglise en matière de lutte contre la pauvreté dans le monde
: le développement des pays les plus pauvres, l’annulation immédiate de leur dette, l'augmentation de l'aide en particulier envers le continent africain, l'éducation primaire pour tous avec une insistance nouvelle contre le trafic d’armes et la corruption.
Les évêques africains à leur tour ont fait la tournée des pays participants au G8 pour qu’ils respectent leurs engagements envers les pays pauvres.
Le Sommet UE/UA à Lisbonne, en décembre.
Faisant suite au 1
er Sommet du Caire en 2000, celui-ci devait permettre selon la Commission Européenne, le changement de la « Stratégie Européenne en Afrique » vers un vrai partenariat pour une « stratégie euro-africaine ». Mais les relations UE/UA sont en pleine mutation, du fait de l’évolution de chacun des partenaires, aussi bien avec l’élargissement de l’Union Européenne que de l’Union Africaine, née en 2002 de l’OUA, sans parler de l’arrivée des pays émergents sur l’échiquier international.
La Déclaration du SCEAM sur la stratégie UE/UA qui faisait état des inquiétudes des Eglises, a été entendue surtout à propos des Accords de Partenariat Economique, principal sujet de débat, à cause de l’exigence de l’UE qui voulait qu’ils soient signés avant le1er janvier 2008. Le thème de l’immigration assez fortement lié au précédent, porté par tous les pays européens présents à Lisbonne, a été lui aussi objet de mobilisation.
Le prochain Sommet aura lieu en 2010. D’ici là, la situation aura encore évolué d’une manière imprévisible actuellement.
LA VIE DE L’ANTENNE DE FRANCE
Les Statuts de l’Association modifiés en mars 2007 par l’Assemblée Générale, ont donné à l’Antenne un Conseil d’Administration plus représentatif et qui contribue à l’évolution de l’Antenne.
Le Conseil technique doté au départ de 3 conseillers, ne comprend plus actuellement qu’une personne qui a en charge les questions relatives à la santé, notamment les médicaments.
Les rencontres nationales
Deux fois par an, Assemblée Générale et Forum des Correspondants, sont des occasions privilégiées pour apporter formation et informations sur des réalités complexes et pourtant incontournables qui sont à la base de nos actions. Ces rencontres ont rassemblé chaque fois en 2007, une proportion significative de participants soit au moins 50 Instituts représentés sur 72 membres inscrits dans l’Antenne.
Cette année, une Table Ronde au cours du Forum des Correspondants en novembre, a réuni 5 Africains de nationalités différentes. Ils étaient invités à s’exprimer sur leur vision de l’avenir économique de l’Afrique. C’est ainsi que peut naître et s’amplifier une solidarité sur des thématiques qui nous concernent de part et d’autre
Le lien avec les membres
Avec la publication mensuelle des Nouvelles d’AEFJN venant du Secrétariat International, l’envoi de Flash-Info a perdu de son intérêt. Il est remplacé par des informations diffusées au gré de l’actualité, comme l’annonce d’un événement, l’appel à une manifestation, le point sur une campagne…
L’objectif est de rester en alerte sur les questions prises en charge par l’Antenne et le Réseau.
La participation aux plateformes
C’est ainsi que nous avons accès à ces alertes, grâce à ceux que nous y rencontrons. Leur suivi des dossiers, leurs sources d’information, leur expérience et leurs carnets d’adresses donnent une crédibilité à leurs positions. Cela nous offre des repères pour notre propre engagement.
Nous ne sommes guère en mesure actuellement d’être à notre tour force de proposition dans ces lieux là. Cependant nous représentons une certaine capacité de sensibilisation de l’opinion auprès de nos membres et à travers eux. Quand le nom du Réseau figure sur les documents publiés par ces plateformes, il signifie notre adhésion et notre engagement.
LES THEMATIQUES SUIVIES PAR L’ANTENNE
Les thématiques sur lesquelles nous travaillons sont nombreuses : c’est un problème déjà souvent évoqué.
Les APE
A l’approche du 31 décembre 2007, date butoir de la fin des négociations, l’ensemble du Réseau s’est mobilisé pour stopper la signature de ces Accords. En effet, l’Union Européenne, au nom des Accords de Cotonou et pour être en conformité avec les directives de l’OMC, exigeait que les pays ACP, signent ces APE, porte ouverte au libre-échange. La signature avait notamment pour conséquence de laisser entrer des produits sans barrières douanières en Europe mais aussi en Afrique. Dans ces conditions, les agriculteurs familiaux ne pouvaient plus vivre de leurs productions, concurrencées par celles d’Europe qui sont subventionnées.
En France, nous avons participé à cette campagne par une lettre au Ministre délégué au Commerce extérieur, par une manifestation à l’occasion du 5
ème anniversaire de la signature de ces accords le 27 septembre et en novembre avec l’accompagnement d’un « lobby tour » d’une délégation africaine auprès des autorités françaises.
La mobilisation de la société civile, notamment africaine, a été telle que la plupart des pays n’ont pas signée malgré la menace de ne plus recevoir d’aide au développement. Ce refus, même si l’Union Européenne compte revenir bientôt à la charge, est vraiment le signe d’un renversement des tendances. Il ouvre la porte à un début d’autonomie, source de beaucoup d’espoir. Cette campagne continue.
L’AMCP
Poursuivant sous l’égide du CRID l’atteinte même improbable des OMD, elle a organisé les 11 et 12 décembre 2007, un Colloque sur les 3 OMD (4,5,6) concernant la santé. L’Antenne de France a participé au Comité de pilotage, grâce à l’implication assidue de Jacqueline Lamotte. Nous étions alors force de proposition ! Ce colloque, de grande qualité, n’était pas « grand public » mais plutôt de lobbying, pour faire saisir aux décideurs le manque de prise en compte des questions de santé dans le développement. Nous n’avons donc pas pu y inviter celles et ceux qui étaient intéressés par le sujet. Des Actes sont en préparation qui seront une référence et disponibles sur demande.
Au chapitre Santé, nous continuons le travail sur
les médicaments. L’univers des contrefaçons est en plein essor. Nous sommes en lien entre autre avec le Réseau Médicament et Développement (ReMed) qui propose des affiches avec le slogan « Les médicaments de la rue, ça tue » et d’autres actions de ce genre.
La Coalition Eau
En 2007 la Coalition a pris son régime de croisière. Club plutôt qu’association, pour avoir plus de souplesse, elle a ses objectifs, son financement, une Charte pour réguler son fonctionnement et 4 ateliers spécialisés : appui aux acteurs locaux; gestion de la ressource; financement public des projets, accès pour tous aux services de l’eau.
Ayant participé à toutes les étapes de cette construction, nous avons choisi de travailler dans l’atelier « financement des projets », le plus proche des objectifs et des pratiques de plaidoyer. Actuellement, l’atelier s’emploie à faire un bilan des financements obtenus sur des projets concernant l’accès à l’eau. Forts de ce bilan, il nous sera plus facile d’argumenter auprès des bailleurs pour une augmentation des fonds alloués aux projets concernant l’eau.
En 2008, décrétée année de l’assainissement par l’ONU, la Coalition a choisi de mener des actions marquantes qui auront lieu en juin ou juillet.
D’ici là, le Réseau est mobilisé sur le recensement des problèmes d’eau rencontrés en Afrique et Madagascar. Notre objectif est de faire pendant l’été une synthèse des réponses au questionnaire, attendues fin juin 2008 au plus tard.
La Souveraineté alimentaire
Le pronostic de raréfaction des énergies fossiles suscite un engouement pour les carburants d’origine végétale. En Afrique aussi bien qu’en Amérique Latine, des terres sont attribuées aux cultures qu’on peut transformer en carburant Plus que cela, les cultures vivrières elles-mêmes, par exemple le blé ou le maïs, peuvent être transformées en carburant.. .. Cela, en dépit des besoins alimentaires des populations.
Le Secrétariat international de Bruxelles a lancé une campagne pour « obtenir un moratoire sur l’importation des agrocarburants issus de monocultures intensives en Afrique » . Nous y avons participé en envoyant une lettre au Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables en novembre. Nous avons reçu une réponse en février 2008 disant que « le plan biocarburants français s’appuie majoritairement sur l’agriculture nationale ».
Contrôlez les Armes
Malgré la victoire acquise aux Nation Unies en 2006, avec l’accord de139 pays pour l’élaboration d’un Traité international pour contrôler le commerce des armes, le but n’est pas encore atteint. La pression risque même de retomber avec le temps. Depuis, 28 pays, dont la France, ont envoyé un expert pour siéger dans le Groupe d’Experts Gouvernementaux chargés de rédiger le Traité. La Plateforme a multiplié les actions de lobbying auprès des Ministères de la Défense, des Affaires Etrangères et de la Commission de la Défense à l’Assemblée Nationale. Il s’agit en effet pour que la France soit crédible dans le Groupe d’Experts, qu’elle accepte la position commune qui rend contraignant le Code de Conduite
européen. Mais cela va à l’encontre de sa politique de vente d’armes notamment à la Chine.
Dette, Aide Publique au développement, Paradis FiscauxLa Plateforme Dette a poursuivi ses activités s’attachant particulièrement à l’aspect « dette odieuse ». « La France a prêté à des dictateurs corrompus. C'est la population qui rembour$e. » C’est le slogan de cette campagne.
Quant à l’Aide Publique au Développement, la France ne tient pas ses promesses et repousse encore la date à laquelle elle aurait dû atteindre les 0,7% promis pour 2012.
La lutte contre les paradis fiscaux se poursuit. Elle vise la corruption à la base. La Campagne « Publiez ce que vous payez » qui veut obtenir la transparence sur les revenus pétroliers, en est une application concrète.
La Plateforme Citoyenne France-Afrique
« Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente ».
A Nairobi, à la suite d’un appel des OSC africaines,
pour une autre relation de la France avec l’Afrique, aux candidats à l’élection présidentielle en France, la Plateforme Citoyenne France-Afrique a vu le jour. (cf. doc. remis au Forum )
Un Livre Blanc, collectif publié en décembre
à l’Harmattan, présente toutes les revendications argumentées de la Plateforme. Il est diffusé à des députés, des sénateurs, dans des partis politiques et autres destinataires.
Des signes d’avancée : d’abord, la création d’une Mission d'information parlementaire sur la politique africaine de la France dont des membres de la Plateforme ont rencontré le Président.
Une Conférence de Presse a eu lieu au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère, en février 2008. Une dépêche de l’Agence France Presse en a rendu compte. Il semblerait que « l'Elysée aimerait bien rencontrer des membres de la Plateforme pour qu'ils leur exposent de vive voix leurs propositions etc. au lieu de les réserver à la presse »...
Le Pôle de Strasbourg
Il a organisé une Soirée/débat , ‘
Migrations africaines et accords commerciaux Europe/Afrique’. Le 21 mars 2007 en partenariat avec le Carrefour des Européens et notamment avec l’intervention de Catherine Trautmann, député européen.
Lors de la Campagne pour les Elections, une lettre a été envoyée aux 12 candidats (es) à l’élection présidentielle. 7 ont répondu..
La Souveraineté Alimentaire et les APE, ont été travaillés en groupe et ont donné lieu à la publication d’articles dans L’Ami Hebdo (Hebdomadaire catholique pour l’ Alsace Lorraine et dans l’Echo de la Mission, revue des Spiritains).
La demande d’accréditation auprès du Parlement européen en qualité de lobbyiste n’a abouti que partiellement.
L’AVENIR DE L’ANTENNE
Il est nécessaire de s’interroger sur une organisation plus adaptée aux réalités présentées ci-dessus.
Avec d’une part, des ressources humaines et financières limitées et la multiplicité des thématiques qu’il est difficile d’abandonner lorsqu’on s’y est engagé et, d’autre part l’aspect transversal de certains de ces sujets, il semble que de nouveaux modes de fonctionnement sont à rechercher.
Le Conseil d’Administration qui a pris peu à peu son régime de croisière, sera un appui privilégié. Sa tâche sera d’accompagner le secrétariat exécutif dans la recherche de nouvelles manières de travailler, en poursuivant malgré l’absence de résultats visibles, l’objectif de participer à la dénonciation des causes structurelles d’injustices économiques, en ayant foi dans une autre forme d’efficacité qui va bien avec la vie religieuse.
Ecouter la voix des Africains pourrait éclairer cet avenir.
« Ce que les jeunes générations attendent,…Aller plus loin dans le soutien aux mouvements de la société civile, qui vont de la presse aux organisations de jeunes et de femmes, soutenir les efforts d’associations contre la corruption et pour la démocratie…..Ne pas hésiter à sanctionner les atteintes aux droits de l’homme …En indiquant comment sortir ensemble du sous développement et des rapports de dépendance politique, il sera alors légitime de signaler la responsabilité, bien réelle, qui incombe aux Africains eux-mêmes ».(Benjamin STORA, professeur d’histoire à l’Institut des Langues Orientales - août 07)
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« Respecter l’Afrique et ses dirigeants, c’est leur dire la dure et vraie vérité, les ramener à la raison afin que le continent trouve en lui-même l’énergie sans laquelle il ne pourra conjurer la catastrophe. C’est à une révolution profonde et austère, éloignée aussi bien des facilités de l’assistance que des séductions d’un radicalisme aventureux. Aujourd’hui encore, le continent doit relever le défi, prouver qu’il a grandi et prêt à s’assumer. Un tel chantier, le vrai et le bon d’ailleurs, ne peut être que la résultante d’une prise de conscience collective ».
(Le Potentiel, quotidien du Congo RDC - Kinshasa - 5/02/08)
« C’est seulement si les leaders deviennent plus responsables, plus courageux et plus attentifs aux populations que la situation changera en Afrique. Ici aussi, l’Église doit donner un exemple positif si elle veut jouer efficacement son rôle d’avocate dans les groupes de pression (le lobbying) afin d’obtenir une plus grande participation des citoyens dans les changements économiques et politiques aux niveaux national et continental.
Le SCEAM fait aussi entendre la voix de l’Afrique dans l’Église universelle. Ainsi les préoccupations des Africains et Africaines sont-elles entendues à ce niveau. L’Église universelle peut alors jouer son rôle d’avocate de l’Afrique dans les instances internationales ».
( Francisco João Silota, Évêque de Chimoio, Mozambique 2e Vice-Président du Sceam)
Voilà les espoirs et les attentes qui demandent de la porte paroles et des avocats auprès de ceux qui ont le pouvoir d’apporter un changement.
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