Justice et Paix : EGLISE ET SOCIETE
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ADORATION, TRANSFORMATION DU MONDE

Nicolas Buttet Paray Le Monial 17Juil07


L’eucharistie (et l’adoration eucharistique) est le point de convergence de toute l’histoire de l’univers. Depuis le big - bang de la création, tout converge vers le mystère de l’eucharistie.
Dans l’histoire d’Abraham, 1800 ans avant Jésus - Christ, tout est ramené au point central qu’est le sacrifice d’Isaac.
-         Où est l’Agneau du sacrifice ? Où est celui qui mourra (à ma place) afin que moi, je vive ? Dieu y pourvoira !
-         Le buisson d’épines fait penser à la couronne d’épines

Dieu est très patient sa réponse intervient 1800 ans après. Jean-Baptiste voit arriver son cousin Jésus-Christ. La réponse est : « Voici l’Agneau de Dieu ! ». Jean et André, deux disciples demandent : «Où demeures-tu ? – Venez et voyiez ! ». Ils revinrent, il était vers la 10° heure ! C’est l’heure où la lance a transpercé le cœur du Christ qui dit l’amour du Père.  La passion n’a pas réussi à épuiser l’amour. La 10° heure, c’est un cœur transpercé, un cœur ouvert ! Cette surabondance d’amour s’est diffusée au moment du cœur transpercé.
Quelques jours avant la fête de pâques, pour les juifs, c’est la fête des tentes des tabernacles ou le peuple juif se rappelle son séjour au désert, fête du temps passé dans la main de Dieu, dans la providence. Le 10° jour est remémoré le don de l’eau, don de la loi, le chant de l’hosanna rappelle celui du prêtre qui ramène l’eau du puits.
Si quelqu’un a soif, de son sein couleront des fleuves d’eau vive ! La pentecôte de Saint Jean, pentecôte d’eau et de sang (esprit) est ici, alors que celle de Luc parle des paroles en langues.

La pentecôte constitue la révolution du monde. L’esprit - Saint unit le Père et le Fils depuis toute éternité. Depuis la chute du paradis originel, l’humanité n’a qu’une soif retrouver le paradis d’antan. Le Fils vient prendre chair pour nous réapprendre à dire abba. Le cœur de cette révolution du monde est le retour de l’univers entier vers le Père dans la louange et l’adoration. Le cœur palpitant du Christ se situe au Saint Sacrement de l’autel. Tout converge vers le cœur du Christ pour se dilater par lui aux dimensions du monde.

Jean Paul II disait ainsi que chaque messe est une pentecôte nouvelle dans laquelle l’Esprit Saint nous est donné pour faire de nous des enfants de Dieu. Le cœur du Christ devient le lieu de la transformation de l’univers, de la politique et de l’économie.

La révélation du Cœur du Christ a eu plusieurs étapes :
-         17° siècle : Sœur Marguerite Marie Alacoque
-         20° Siècle : Sœur Faustine : révélation de la miséricorde du cœur de Dieu. (Miséricorde = un cœur qui se penche sur la misère). L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas vers ma miséricorde. (Paix du cœur, paix des familles, paix de la société, paix politique).
-         À Fatima, avant 1917, durant la 1° Guerre mondiale, la Vierge dit que si l’humanité ne revient pas à mon Fils, à l’eucharistie et l’adoration, une guerre plus grave arrivera ensuite.

La paix que nous essayions par mille conférences d’apporter à notre monde a sa source dans le cœur eucharistique du Christ. À Paray le Monial, le Christ invite à parler au monde de sa miséricorde. Hors de moi, vous ne pouvez rien faire ! Tout cela va nous conduire à nous plonger dans le trône de la miséricorde qui est le Saint Sacrement. « Il n’y aura pas de paix tant que les gens ne redécouvriront pas ma miséricorde ».

Les 3 reposoirs de la miséricorde que sont la crèche, la croix et le Saint Sacrement sont les lieux de la révélation, théophanie, manifestation de Dieu.  Aucune religion ne présente Dieu comme un looser.

L’autel est le trône de la miséricorde pour aujourd’hui. Aujourd’hui seul Dieu peut décrypter et transformer le pourquoi de l’humain en pour quoi, lui donner un sens, de la transfigurer. Pour Claudel, Dieu est venu habiter la souffrance et lui donner un sens.

 L’adoration eucharistique est puissance de transformation du monde après différentes étapes :

-1° Étape : La messe ébranle les assises de l’univers. C’est la bombe A de l’amour qui explose sur le monde. Puissance de création et de rédemption. L’irruption de la grâce dans l’humanité la transforme radicalement. Durant la messe, le prêtre agit in persona Christi, mais les laïcs peuvent apporter le désir de miséricorde et les détresses du monde vers le ciel. Ainsi s’établit un admirable échange et la misère offerte reçoit, en retour la miséricorde de Dieu.  

- 2° La communion : Nous recevons personnellement le Corps du Christ. Ce n’est pas un acte individuel, entre moi et le bon Dieu. Je prends toute l’humanité avec moi. De communion en communion, je me fais de plus en plus configurer au Christ jusqu’à arriver à la ressemblance du Christ et que je reconnaisse le Christ chacun. Pour nous donner le regard du Christ. Sœur Faustine dit :  « Lors de la communion, Dieu s’est abaissé en moi, pauvre rien que je suis, j’ai ainsi pu prier pour le monde entier, à ce moment-là, il me semblait que le sort du monde entier dépendait de moi ». Nous devenons ainsi associé au dessein du Christ sur l’humanité en devenant co – rédempteur avec le Christ rédempteur. Nous pouvons laisser irradier la grâce personnelle du Christ à travers nous pour le monde. Cela s’appelle la communion des saints.

-         3° L’adoration. Voilà là le grand mystère. La pentecôte eucharistique qui jaillit du cœur du Christ nous donne un cœur d’enfants de Dieu. C’est là la guérison pour la maladie de notre temps que sont l’orgueil et le désespoir. C’est un orgueil démesuré qui croit que l’humanité va réussir par elle-même, que la science et la technologie vont créer un monde meilleur. On peut comparer ces deux attitudes à l’adolescent (papa, je me casse, j’n’ai pas besoin de toi, je m’occupe tout seul et je suis grand maintenant) et l’enfant orphelin (Ne sait pas qu’il a un Père, ne sait pas où il est, ne sait plus où aller pour trouver le réconfort, cette tendresse, cette poigne qui le tient debout).  Saint Thomas d’Aquin nous dit que l’orgueil et le désespoir sont deux péchés contre la vertu d’espérance. Un monde qui n’a plus d’espérance est malade de désespoir et d’orgueil. Saint Thomas d’Aquin nous dit aussi que le langage de l’espérance c’est la prière du Notre Père. L’adoration eucharistique est une effusion personnelle de l’Esprit Saint pour nous donner un cœur d’enfants (Abba Père), pour nous mettre au diapason de l’œuvre de Dieu. Le but sera de redonner à l’humanité entière, qui gémit dans les douleurs de l’enfantement, un cœur filial, rentrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rm 8,23). La création gémit en attendant que les Fils se comportent en enfants de Dieu, la crise écologique a donc une racine profondément spirituelle. Transfiguration par l’adoration et défiguration par la consommation débridée. Maurice Bejard, danseur signale que la seule issue dans notre monde actuel, c’est la joie dans le dépouillement. Être attaché au cœur eucharistique permet de recevoir la liberté d’enfants de Dieu. Nous avons à témoigner au monde de l’extraordinaire liberté d’enfants de Dieu.

Le refus d’adorer est une autre tragédie de notre monde actuel. L’adoration est comme une communion spirituelle qui prolonge la grâce de la communion précédente et la prépare au sacrifice de la messe et à la communion suivante. L’eucharistie est la rencontre et l’unification de personnes. La personne qui vient à notre  rencontre est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’eucharistie signifie adorer celui que nous recevons. C’est dans cet acte personnel de rencontre du Seigneur que mûrit la rencontre sociale de transformation du monde qui veut briser les barrières entre le Seigneur et nous, mais aussi entre nous - même. L’adoration est la première attitude de l’homme devant Dieu. Le monde actuel a perdu le sens de l’agenouillement. L’homme n’est grand qu’en adoration devant Dieu, se mettre en réceptivité de l’amour de Dieu.
L’adoration nous situe dans une harmonie qui nous fait voir qu’aucune force, personne dans l’univers n’est inutile, tout prend sens dans une symphonie, certes inachevée, c’est la revalorisation de tout être humain, de transfiguration de l’être humain. L’homme à genoux est remis dans sa pleine stature d’enfants de Dieu. L’adoration personnelle transforme le cœur de chacun et chacune, où l’on se refait. S’il y a des problèmes de paix et de justice, c’est parce que les hommes n’assument pas leur responsabilité. Il faut que la vie soit unifiée ailleurs que dans le faire ou dans l’émotion.

L’adoration nous pousse à l’action ; une fois qu’on a contemplé le Christ, Roi de gloire, roi de l’humanité au Saint sacrement de l’autel, il nous faut poser des actes, il faut que l’eucharistie éclate partout. Je serai chaque fois en déficit d’amour pour implorer le Christ de toujours plus nous donner la force de vivre de la grâce de Dieu. St Julien Eymard : « La société se meurt car elle a perdu son centre de gravité. Une civilisation grandit ou décroît en fonction de son culte  pour l’eucharistie ! Il faut réveiller la foi car on ne connaît plus Jésus eucharistie ».

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