ADORATION ET CHARITÉ
Mgr Dominique REY
Pape Benoit XVI parle aux
JMJ de Cologne de la transformation eucharistique : « Qu’est ce qui est en train de se
passer ? Comment Jésus peut - il donner son corps et son sang, faisant du
pain, son corps et du vin, son sang ? Jésus
anticipe sa mort, il l’accepte au plus profond de lui – même et la transforme
comme un acte d’amour. Ce qui, de l’extérieur, est une violence
brutale ; la crucifixion, devient de l’intérieur l’acte d’un amour qui se
donne totalement. Telle est la transformation véritable qui s’est réalisée au
cénacle et qui visait à mettre en œuvre un processus dont le terme ultime est la transformation du monde jusqu’à ce
que Dieu soit tout en tous. Depuis toujours, tous les hommes d’une manière ou
d’une autre, attendent dans leur cœur un changement, une transformation du monde. Maintenant se réalise l’acte
central de transformation, qui seule, est en mesure de renouveler vraiment le
monde : la violence se transforme en amour, et , de cette façon, la mort en
vie. Puisque cet acte change la mort en amour, la mort telle quelle est déjà
dépassée au plus profond d’elle - même, la résurrection est déjà présente en
elle. La mort est, pour ainsi dire blessée en son cœur même de telle sorte
qu’elle ne peut avoir le dernier mot. C’est, pour ainsi dire une fission nucléaire au plus intime de
l’être ; la victoire de l’amour sur la haine, la victoire de l’amour sur
la mort, seule l’explosion intime du bien qui vainc le mal, peut alors
engendrer la chaîne de transformations qui peu à peu transformeront le monde.
Tous les autres changements demeurent superficiels et ne sauvent pas ;
c’est pourquoi nous parlons de rédemption. Ce qui du plus profond était
nécessaire se réalise et nous pouvons entrer dans ce processus. Jésus peut distribuer son corps parce qu’il
se donne réellement lui – même ».
Benoit XVI vient de nous dire que l’eucharistie engendre une chaîne de
transformations qui peu à peu transforment le monde. Je voudrai avec vous
énumérer les 10 transformations qui pour moi ont lieu à partir de cette
transformation eucharistique qu’on appelle la transsubstantation. Saint Thomas
d’Aquin et les Pères de l’Eglise parlaient de conversion, de changement
radical. L’eucharistie est une force
transformante.
1°
L’EUCHARISTIE DONNE L’ESPÉRANCE : (dans la relation au temps) :
L’eucharistie
est un antidote à la désespérance, au fatalisme qui marque tant nos sociétés
(avec ses attitudes mortifères de fuite en avant). Autant d’expressions qui
marque la résignation actuelle (on ne peut pas changer, le monde ne peut pas
changer).
L’eucharistie révèle que la substance du
monde est transformable ; le pain est devenu le Corps du Christ et les
apôtres, les disciples du Christ et chacun d’entre nous est transformé par
l’eucharistie. L’eucharistie est une source d’espérance pour notre monde dans
l’attente du retour du Christ en gloire, du festin nuptial. L’espérance n’est
pas seulement de l’ordre de l’attente, c’est découvrir dans l’eucharistie déjà
la présence actuelle, contemporaine de ce que nous attendons. C’est la présence
réelle de Jésus sous les espèces consacrées.
2°
L’EUCHARISTIE ET, EN PARTICULIER L’ADORATION EUCHARISTIQUE TRANSFORME NOTRE
RELATION À DIEU ET NOTRE PRIÈRE :
Jean
Paul II, dans l’encyclique sur l’eucharistie, reste longuement prosterné devant
Jésus présent devant l’eucharistie : « réparant ainsi par notre foi et notre amour les négligences et les
oublis et même les outrages que notre sauveur doit subir dans de nombreuses
parties du monde. Dans l’adoration, puissions - nous approfondir notre
contemplation personnelle et communautaire en nous servant aussi de textes et
de prières imprégnés de la parole de Dieu et l’expérience des mystiques ».
Dans
cette contemplation de Jésus présent dans l’eucharistie, nous pouvons dire avec
le curé d’Ars : « Il est là,
Jésus est présent. » Dire cela bouleverse notre manière de vivre notre
relation à Dieu. Nous sommes portés par cette certitude de l’objectivité de la présence par rapport à toutes les
formes de quête spirituelle subjective ou incertaine.
C’est
l’histoire du Fils du bijoutier. Les autres sacrements nous parlent :
- De la miséricorde de Jésus reçue dans le sacrement
de pénitence.
- Du courage et de la force dans l’épreuve,
l’onction des malades.
- De la vie de Jésus reçue au baptême.
- De la force pour devenir témoins du Christ, par la
confirmation.
Mais l’eucharistie nous donne Jésus lui –même, le Fils du bijoutier.
C’est donc une conversion profonde de la prière, de notre relation à Dieu. Nous
nous attachons au donateur avant de considérer les dons qu’il nous fait. Dans
la prière d’adoration eucharistique, nous sommes amenés, non pas d’abord à demander, mais à recevoir, Jésus est là ! Et
tout notre exercice, c’est d’avoir cette réceptivité intérieure pour accueillir
le don que Dieu fait de lui –même, il est là ! . Dans l’eucharistie, nous
trouvons la réponse même à toutes nos prières, nos supplications. Jésus se donne lui - même, il est la
réponse à toutes nos prières et supplications. Pierre Julien Aymard disait :
« Jésus concentre son amour dans
l’eucharistie pour le rendre plus
puissants, comme l’enfant utilise une loupe pour rendre la lumière plus intense
dans le but d’allumer une mêche. ». Dans ce fragment de pain, il y a
tout Jésus ! Dans un extraordinaire raccourci de 2000 ans, Jésus se rend
présent.
Saint Thérèse disait, à
propos de la prière, ne dis rien, je l’aime ! Jean Paul II dit que par
l’eucharistie, Jésus se fait proche de nous. Par une union transformante et par
l’esprit, il nous ouvre l‘accès au Père !
3°
L’EUCHARISTIE CHANGE NOTRE REGARD SUR NOUS - MÊME, ET, EN PARTICULIER SUR NOS
PAUVRETÉS :
Sainte Marguerite Marie se
propose d’aller vers Jésus eucharistie
avec sa nature de pauvreté humiliée, malgré son amour propre blessé. C’est
ce que notre Seigneur préfère à tout, ce qu’il aime, ce qu’il bénit.
Dans l’eucharistie, Jésus assume les limites du conditionnement d’un
morceau de pain. L’eucharistie est le sacrement de cette pauvreté du Christ qui nous
ramène à toutes les pauvretés qu’il a assumées depuis la crèche jusqu’à la
Croix. C’est le sacrement du pauvre ! Accepter de dépendre de
l’eucharistie, du pain qui va être consacré ! et cela transforme notre
manière de vivre et d’habiter notre propre pauvreté ! et elles sont nombreuses !
Sainte Thérèse d’Avilla
parle d’une âme qui se fixe en Jésus
seul. L’eucharistie appelle pour nous, un dépouillement de nous – même, si
nous acceptons de nous laisser faire ! L’eucharistie nous taille, nous
sculpte, nous purifie, nous rectifie, elle est le sacrement qui nous est donné pour habiter nos pauvretés.
Je suis frappé de voir que
depuis la fin du Concile, la naissance de lieux, de communautés, d’initiatives,
qui ont pour soucis de rejoindre le
monde des pauvres et qui sont portés par la vie eucharistique. Il y a, bien
sûr, ce que fait Mère Thérésa et les frères et sœurs missionnaires de la
charité, Nicolas Buttet et la CONTACT
_Con-3E0497C6B9 \c \s \l Fraternité Eucharistein. Ils et elles contemplent le Christ présent dans le pauvre et dans
l’eucharistie. Ils voient dans l’eucharistie, le pain rompu qui vient rejoindre
toutes nos ruptures et fractures personnelles dans le silence de l’amour. Une communauté Brésilienne (Toka d’Assisi)
de 1500 frères et sœurs qui vivent dans la rue qui vivent de l’eucharistie et
du soucis des plus pauvres parmi les pauvres du Brésil, dans les Favellas.
L’eucharistie change notre manière de vivre nos pauvretés qui ne
peuvent se dire que dans le silence de quelqu’un qui nous regarde avec amour et
nous espère, parfois malgré nous.
4°
L’EUCHARISTIE CHANGE NOTRE FOI ET LA FONDE SUR LE MYSTÈRE PASCAL :
Benoit
XVI signale ainsi que l’eucharistie est le résumé et la source de la foi. La foi de l’Eglise, est essentiellement, une
foi eucharistique et elle se nourrit de manière particulière à la table de
l’eucharistie.
La foi eucharistique est mémorial ;
car au cœur de l’absence physique, elle nous fait remonter un autre type de
présence. Cette mémoire est constitutive de toute existence humaine.
Le
père Popieluvsko signale que notre personnalité, personne ne pourra nous la
prendre ! L’eucharistie fonde notre foi sur cet événement pascal. Toute
l’ancienne alliance est tournée autour de cette mémoire de l’élection, de la
promesse. Nous faisons mémoire dans l’eucharistie du premier repas (mortel de
la genèse), de la pâque juive (la libération du peuple d’Israël) et de la Cène
(le Jeudi Saint). Mémoire comme anticipée du festin des noces de l’Agneau, où
nous verrons Dieu face à face. La mémoire eucharistique nourrit notre foi, la
fonde et la structure. Mais cette mémoire n’est pas un souvenir, c’est la
présence du Christ.
Notre foi est ravivée par l’eucharistie. En Jn 21, Jésus ressuscité
rencontre Pierre, sur le lac de Tibériade, sur le lieu de son 1° appel. C’est
un triple appel, après triple reniement. Il amène Jésus à le choisir à nouveau, après le repas eucharistique, lieu
de la reconstitution des forces ! le lieu
de résurrection, c’est l’eucharistie. Chaque fois que nous rentrons en
contact avec l’eucharistie, nous sommes restaurés dans notre vie chrétienne à
la suite du Christ.
5°
L’EUCHARISTIE TRANSFORME, RENOUVELLE ET ÉLARGIT NOTRE CHARITÉ :
Il n’y
a pas de plus grande preuve d’amour que
de donner sa vie pour ses amis. Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour
que l’eucharistie. Contemplant Jésus eucharistie, je suis invité à rentrer dans
un processus, un mouvement de charité, de rendre amour pour amour. La
spiritualité du cœur du Christ nous invite aussi à la réparation, à prier à la
place de ceux qui ne le font plus, à rendre grâce pour ceux qui ne le font pas…
Sainte
Marguerite Marie parlait de l’eucharistie comme le sacrement d’amour. Le 11
Juin 1688, elle écrivait que ce divin amour qui repose sur nos autels ne nous
prêche que l’amour, ne nous veut que remplir que d’amour. Afin que par lui -
même, nous lui puissions rendre tout
l’amour qu’il attend de nous. Amour fort, qui ne se laisse point abattre,
amour pur, qui aime sans mélange et sans intérêt, amour crucifié qui n’a de
joie qu’en la souffrance pour se conformer à son bien aimé, amour de
préférence, d’oubli de soi, d’abandon de soi même pour laisser agir le bien
aimé pour lui laisser couper, brûler, anéantir en nous tout ce qui lui déplait,
le suivant à l’aveugle sans nous amuser
à regarder ni réfléchir sur nous - mêmes.
6°
L’EUCHARISTIE EST LE SACREMENT DE LA GUÉRISON ET DE LA RESTAURATION :
Pour
les Pères de l’Église, l’eucharistie était comprise comme le médicament d’éternité, remède, comme Jésus
touchait les malades avec son corps.
Saint Thomas
d’Aquin comprend l’eucharistie comme le pain de l’âme. Comme le pain soutient le corps, l’eucharistie soutient l’âme, comme
le pain répare le corps, l’eucharistie répare l’âme, comme le pain accroît la
vie du corps, l’eucharistie accroît la vie de l’âme ; comme le pain
réjouit le corps, l’eucharistie réjouit la vie de l’âme, parfois même aussi le
corps comme il nous est donné de le voir.
Saint Thomas d’Aquin utilise
l’image de la guérison d’un enfant par Élisée par le corps à corps (2Rois4). Le
corps eucharistique du Christ réhabilite notre propre corps dans toutes ses
facultés.
Quelles
sont les maladies spirituelles dont nous pouvons être atteint et qui trouvent
dans l’eucharistie un remède. Tous d’une manière ou d’une autre, nous sommes
malades dans notre vie spirituelle et l’eucharistie est le sacrement de cette
guérison :
-
L’eucharistie
vient nous libérer du lien avec le
mauvais, l’eucharistie met en fuite le démon.
-
L’eucharistie
nous libère de la concupiscence.
Saint Thomas d’Aquin prend l’exemple de Marie. Comme Marie, quand nous recevons
le Corps du Christ, nous recevons l’Esprit qui nous recouvre de son ombre.
Cette ombre est rafraîchissante, c’est l’ombre de la grâce, c’est l’ombre de la
bénédiction, c’est l’ombre qui nous libère de toutes les formes de
concupiscences qui peuvent nous habiter et nous empêchent de faire l’œuvre du
Père.
-
L’eucharistie
nous libère des souillures du cœur.
(Isaïe 6, le tison ardent du séraphin, voir Saint Thomas d’Aquin).
-
L’eucharistie,
force curative et thérapeutique par
rapport à l’ignorance et l’obscurcissement du cœur.
-
C’est
lors de la fraction du pain, que les disciples d’Emmaüs le reconnaissent. Ceci
pour découvrir la présence du Jésus en cette fraction de pain, l’intelligence des écritures et entrer
profondément dans le projet de Dieu.
-
L’eucharistie
guérit du découragement. L’eucharistie,
pain des forts, fortifie le cœur de l’homme (Psaume 104). L’eucharistie est une
force qui nous aide à continuer la route vers les terres promises.
-
Par
rapport à la crainte de la mort, qui
mange de ce pain ne mourra pas. Qui mange ma chair, je le ressusciterai au
dernier jour. L’eucharistie est le sacrement de la vie éternelle.
-
L’eucharistie,
le lieu de la fécondité. Demeurez en
moi, comme moi je demeure en vous, alors vous porterez beaucoup de
fruits !
7°
L’EUCHARISTIE, SACREMENT DE LA FERVEUR SPIRITUELLE :
On
peut établir une corrélation entre la vie eucharistique et la ferveur
évangélique. Jean Paul II disait au
congrès eucharistique en 1997 : « L’eucharistie seule peut révéler à l’homme
la plénitude de l’amour infini de Dieu et répondre ainsi à son besoin
d’amour. Seule l’eucharistie peut guider ses aspirations à la liberté en lui
montrant la nouvelle dimension de l’existence humaine. En effet lorsque que
nous découvrons que nous avons été appelés à faire, en toute liberté don de
nous - même à Dieu et au prochain, notre liberté est envahie par la splendeur
de la vérité qui rend l’amour rayonnant ».
Jean
Paul II signale ici comment l’eucharistie ranime la ferveur spirituelle et
l’ardeur apostolique. Jésus va inviter Marguerite Marie de Paray le Monial à
l’accompagner spirituellement lors de son agonie à Gethsémani.
L’eucharistie se présente
comme le sacrement de la ferveur spirituelle. Aujourd’hui dans un contexte
d’indifférence, d’apathie, l’eucharistie et précisément l’adoration
eucharistique est le lieu d’un renouveau évangélique, spirituel et
missionnaire. Il réclame de la part des baptisés un engagement de foi plus
authentique, plus radical. Il réclame une rénovation
intérieure pour passer d’une attitude croyante de tradition à une vie
intérieure avec le Christ, une implication personnelle en faisant le choix
de Dieu. Les Prêtres de l’Église persécutée en Chine disent avoir plus à
craindre de la sécularisation qui provoque l’amollissement que de la
persécution qui, chez nous provoque la ferveur eucharistique.
Sur la Croix, le Christ a prononcé cette parole :
« j’ai soif ! ». Saint Augustin commente : « J’ai soif, de
quoi avait soif Jésus ? C’est d’eux que Jésus avait soif alors qu’il
lui donnait du vinaigre ! » .
Jésus a soif de notre amour et il veut
nous communiquer sa propre soif. C’est cela la ferveur spirituelle, c’est
être gagné par la soif du Christ pour le salut du monde. Le vin est versé pour
la multitude, pour le Salut de tous ! Mère Térésa a adjoint au crucifix
qui trône dans toutes les maisons de la communauté des missionnaires de la
charité, ces deux mots, j’ai soif. Mère Térésa disait : «C’est bien plus de dire, j’ai soif que de
dire je t’aime ! Tant que vous n’aurez pas compris que dans le tréfonds de
notre coeur, Jésus a soif de nous, vous ne pouvez pas comprendre ce qu’il veut
être pour vous ou qu’il veut que vous soyez pour lui ! »
La ferveur, c’est donc
entrer dans la soif que rappelle le psaume 143 ; Mon âme a soif du Dieu
vivant, quand le verrai – je face à face !
8°
L’EUCHARISTIE NOUS INCORPORE AU CHRIST ET À L’ÉGLISE :
Paul
VI écrivait : « L’eucharistie
n’est pas seulement destinée à l’union de chaque fidèle avec le Christ, mais
elle a été instituée aussi pour l’union de tous les fidèles entre eux ! La
grâce spécifique de ce sacrement est précisément l’unité du Corps mystique,
c’est - à - dire l’unité de l’Église, notre unité ». Le cardinal de
Lubac disait aussi : « C’est
l’Église qui fait l’eucharistie et c’est aussi l’eucharistie qui fait l’Église ».
L’eucharistie
donne ainsi un amour particulier de l’Église et nous délivre de l’isolement et
de la privatisation de l’existence. Parce que nous commuions au même corps
eucharistique, nous formons ensemble une famille dont le Christ est la tête ! Dans la diversité
qui nous caractérise !
Benoit
XVI, lors des JMJ disait : « Le corps et le sang du Christ nous sont
donnés afin nous même nous soyons transformés à notre tour, nous même, nous
devons devenir corps du Christ, consanguins du Christ. Tous nous mangeons
l’unique pain, mais cela signifie qu’entre nous nous devenions un. »
9°
L’EUCHARISTIE, SOURCE ET SOMMET DE LA MISSION, L’EUCHARISTIE FAIT DE NOUS DES
MISSIONNAIRES :
Jean
Paul II, lors de l’audience générale du 21 Juin 2000 disait : « C’est dans l’eucharistie que chaque croyant
trouve la force indispensable pour annoncer à tous et témoigner de l’évangile
du Salut. La célébration de
l’eucharistie, sacrement de la Pâque du Seigneur est, en soi, un événement
missionnaire qui introduit dans le monde le germe fécond de la vie nouvelle.
Cette caractéristique missionnaire de l’eucharistie est explicitement rappelée
par Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens : Chaque fois que vous
mangez de ce pain et buvez de ce vin, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à
ce qu’il vienne ! L’Église reprend les mots de Saint Paul dans la
doxologie après la consécration lors de chaque messe. L’eucharistie est un
sacrement missionnaire, non seulement parce que c’est d’elle que jailli la
grâce de sa mission, mais aussi parce qu’elle contient le principe et la source
pérenne du Salut pour tous les hommes : la célébration du sacrifice
eucharistique est par conséquent l’acte missionnaire le plus efficace que la
communauté ecclésiale puisse réaliser dans l’histoire du monde ! »
Plus que l’annonce de la foi, et sans
l’exclure au contraire, l’acte missionnaire suprême n’est pas simplement de
parler de Jésus, mais de donner Jésus ! Jean Paul II poursuit : « La rencontre avec le Christ approfondi en
permanence dans l’intimité eucharistique est chez tout chrétien l’urgence du
témoignage et de l’évangélisation ». Dans l’Église Catholique, être missionnaire c’est donc conduire
quelqu’un à Jésus - eucharistie ! Le conduire, un jour à être un
adorateur !
10°
L’EUCHARITIE CONDUIT À LA TRANSFORMATION DU MONDE :
Benoit
XVI parle de la forme eucharistique de l’existence chrétienne : « Le mystère de l’eucharistie nous rend apte
et nous pousse à un engagement courageux
dans les structures de notre monde pour y apporter la nouveauté de relations
qui a sa source dans le don de soi ! Que ce soit dans l’écologie, dans
la pastorale de la vie qui doit être respectée et défendue depuis la conception
jusqu’à la mort naturelle,que ce soit dans l’acte de solidarité face à toutes
les situations d’injustice, d’indigence, d’avilissement, Jésus nous invite à
reprendre les paroles qu’il adressait au moment de la multiplication des
pains : donnez – leur vous même à manger !. La mystique du sacrement de
l’eucharistie a une dimension sociale,
elle nous pousse à un engagement vis – à – vis de nos frères ! ».
Dans
l’évangile de Saint Marc au chapitre 7, la
Syro - Phénicienne pousse Jésus à aller plus loin que le soucis des brebis
d’Israël ! L’eucharistie ce sont aussi ces miettes que l’on ramène et
ramasse scrupuleusement après chaque eucharistie ! L’eucharistie, c’est
aussi tous ces hommes, ces femmes, ces indésirables, ces exclus, ceux que l’on
regarde avec mépris, toutes ces injustices qui sont comme ces miettes et qui
participent aussi du mystère eucharistique. C’est auprès de toutes ces
situations – là que l’eucharistie nous ramène, pour, à partir de là,
transformer le monde et les structures de péché du monde !.
CONCLUSION :
Toutes ces transformations trouvent leur source dans la
transsubstantation ; Jésus présent sous les apparences du pain et du vin eucharistique. Toutes ces transformations n’ont qu’un seul
but, nous faire entrer dans une transformation, un bonheur dont nous portons la
trace et pour lequel nous sommes faits, pour nous introduire à la joie, joie de
Dieu de se donner dans l’eucharistie,
joie de Dieu de demeurer en nous, joie du prêtre de donner le Christ à
chaque eucharistie, joie du chrétien de recevoir la vie de Jésus en lui, pour
qu’il le transformer notre vie du dedans dans l’attente de sa venue
glorieuse !
L’eucharistie donc, avant tout, pour nous, source de la plus grande
joie que nous pouvons célébrer ! L’eucharistie n’est elle pas action de grâce ! l’action de la
grâce en nous et à travers nous dans le monde pour devenir aussi des hommes et
des femmes eucharistiques !
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