TOTAL : PRODUCTION EN HAUSSE, DURABILITE EN BERNE
Montreuil, le 13 février 2008
Alors que le quatrième groupe
pétrolier mondial annonce aujourd'hui de nouveaux bénéfices records et une
production en hausse pour l'année 2007, les Amis de la Terre rappellent
l'énorme coût écologique et humain de ses activités, ainsi que l'absence
cruelle d'objectifs clairs et ambitieux en termes de responsabilité sociale et
environnementale dans la stratégie du groupe.
Si le
bénéfice net de Total
en 2007 a subi un très léger repli par rapport à l'année précédente,
atteignant encore des montants faramineux de plus de
12 milliards d'euros, le groupe se distingue cependant nettement
des autres géants pétroliers par une
croissance
de sa production d'hydrocarbures de 1,5 %.
Les Amis de la Terre déplorent ce résultat qu'ils considèrent
comme une très mauvaise nouvelle, à l'heure de l'urgence écologique et
climatique planétaire, et de l'épuisement rapide des ressources fossiles. Alors
que tous les citoyens et décideurs politiques du monde discutent d'engagements
chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et commencent à
réfléchir à un modèle de développement sobre en carbone, le premier réseau
écologiste mondial ne peut en effet se réjouir d'un tel résultat.
Gwenael Wasse, chargé de la campagne Industries extractives aux
Amis de la Terre, est ironique : «
Le fleuron de l'économie hexagonale se veut
à la pointe du développement durable, mais reste un dinosaure fossile !
Total est encore à l'heure actuelle à 99 % un groupe pétrolier, assis sur une
rente financière qu'il ne veut pas lâcher, au prix, entre autres, de
l'environnement et du soutien d'une dictature en Birmanie ». Il précise : «
Derrière sa communication vertueuse et son soutien médiatique à des
expéditions polaires, s
es
investissements dans les énergies renouvelables restent ridicules en regard de
ses moyens et des milliards investis dans des projets passéistes, pharaoniques
et dangereux, comme Kashagan (1)
ou les sables bitumineux canadiens ».
Alors que son directeur général considère le pétrole brut comme la
«
plus belle source d'énergie »,
une augmentation de la production comme souhaitable et le nucléaire comme un
secteur stratégique pour l'avenir, mais aussi l'environnement comme un «
devoir »
(2),
les Amis de la Terre avouent avoir
encore
beaucoup de mal à percevoir la stratégie de Total en matière de développement
durable. Ils attendent donc que les fréquentes mais très incohérentes
déclarations de ses dirigeants sur la responsabilité politique, sociale et
environnementale du groupe en général, et climatique en particulier, se
traduisent enfin par des
engagements
concrets chiffrés, clairs et planifiés.
Contact presse : Caroline Prak, les Amis de la Terre 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43