RESPONSABILITE DE
PROTEGER : UN PRINCIPE QUI DOIT DEVENIR REALITE,
Oxfam France – Agir ici
Un nouvel institut consacré à améliorer les réponses
internationales aux génocides et aux crimes de masse ouvre aujourd’hui ses
portes à New York. Le « Centre global pour la responsabilité de
protéger » soutiendra ce principe nouveau dont ont convenu en septembre
2005 des chefs d’Etat du monde entier : un Etat a la responsabilité de
protéger ses populations des crimes de génocide, des crimes de guerre, des
nettoyages ethniques et des crimes contre l’humanité ; lorsqu’il n’est
manifestement pas en mesure de l’assurer, cette responsabilité échoit à la
communauté internationale dans son ensemble. Celle-ci a alors une
responsabilité d’agir diplomatiquement, légalement et, en dernier recours,
militairement.
La
responsabilité de protéger est
d’abord un
appel à la prévention et,
le cas échéant,
un appel à l’action au
nom des populations en danger, visant à mettre fin à l’inertie qui a déjà
conduit à la perte de millions de vies humaines au Cambodge, au Rwanda, à
Srebrenica, durant l’Holocauste hier ou encore aujourd’hui dans divers pays
africains. Le « Centre global pour la responsabilité de protéger »,
organisme indépendant de recherche et de plaidoyer, devra faire de ce principe
une réalité.
En adoptant le
document final du sommet des Nations unies en 2005, les Etats membres de
l’Union européenne et les Etats membres des Nations unies – dont la France –
ont pris un engagement historique en reconnaissant leur responsabilité de
protéger en tant que « devoir de protéger des populations contre le
génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre
l’humanité ».
Depuis, la
France a fait partie des Etats qui, au sein du Conseil de Sécurité, ont insisté
pour qu’il soit systématiquement fait référence à cette responsabilité de
protéger. Elle est également en pointe des débats et avancées normatives autour
de la protection des civils dans les conflits armés. En outre, au niveau des
Nations unies mais aussi au niveau européen, elle a régulièrement porté la voix
des populations des pays du Sud – notamment en Afrique – qui appelaient à la
mise en œuvre de ce principe, du Soudan à la République démocratique du Congo.
«
Le gouvernement français revoit
actuellement sa politique de défense et de sécurité nationale et soumettra ses
recommandations dans un livre blanc remis au président de la république en mars
2008. Il est indispensable que cette responsabilité de protéger puisse
s’incarner au niveau national dans ce document politique de référence et, par
la suite, dans sa mise en œuvre juridique », affirme Nicolas Vercken,
responsable de plaidoyer au sein de l’association Oxfam France – Agir ici.
Oxfam France –
Agir ici rappelle qu’il est également
nécessaire
de pouvoir inscrire ce principe au niveau européen, alors que l’intervention des forces françaises sur des théâtres
extérieurs se fait de plus en plus dans un tel cadre. « Le Parlement
européen s’apprête justement à demander la rédaction d’un livre blanc sur la
stratégie européenne de sécurité ; la présidence française de l’Union
européenne, au second semestre 2008, a prévu de faire de la révision de la
politique européenne de sécurité et de défense (PESD) une de ses priorités. Ces
processus convergents constituent une occasion unique de consacrer formellement
la responsabilité de protéger de l’Union européenne », ajoute Nicolas
Vercken.
Oxfam
International, aux côtés d’autres organisations, a largement soutenu la
création du « Centre global pour la responsabilité de protéger » et
fortement contribué à l’adoption du principe de responsabilité de protéger en
tant que cadre normatif le plus à même de répondre aux besoins de protection
des populations civiles auprès desquelles elle intervient sur le terrain, y
compris au cœur des conflits. En tant que membre français de la confédération
Oxfam International, Oxfam France – Agir ici suivra de près les positions de la
France sur cette question, notamment dans le cadre de la présidence française
de l’Union européenne.
Publié le jeudi 14 février 2008. Auteur : Céline Vatier