L'Église se mobilise et s'engage

Communauté Point1
Diocèse de Rouen
41 Route de Neufchâtel
76044 Rouen Cedex 1
Le 8 février 2009

Au Père Jean-Charles Descubes
Archevêque de Rouen


La levée de l'excommunication des quatre évêques, dont un ouvertement négationniste, ordonnés en juin 1988 par Mgr Lefebvre suscite l’indignation des membres de la communauté Point1 qui se reconnaît en particulier dans la protestation du théologien Jean Rigal :
«  […]  Le problème de fond concerne la réception ou non du Concile Vatican II. La question de la messe de St Pie V est en l'occurrence purement emblématique. Il s'agit, en fait, essentiellement du rapport de l'Eglise au monde, de l'avancée de l’œcuménisme et du dialogue inter religieux, de la liberté religieuse
On ne peut ignorer qu'un Concile oecuménique constitue la plus haute autorité législative de l'Eglise. Le pape lui-même doit s'y soumettre. Oui ou non, les Lefebvristes acceptent-ils explicitement tout l'enseignement du Concile ? La levée de l'excommunication exige, en premier, cette « contre-partie ».

Le pape est préoccupé par le schisme intégriste. Mais est-il aussi préoccupé par le schisme des catholiques qui abandonnent leur Eglise par suite du mouvement de restauration qui s'est désormais emparé du Centre romain ?
Ils sont infiniment plus nombreux que les Lefebvristes, mais sans doute, cette rupture est-elle moins visible. […]   »

Un autre point nous choque. Benoît XVI, dans l’homélie de la messe inaugurant son pontificat, s’était dit attaché à la collégialité avec ses frères évêques.
Or la décision du pape paraît être une décision personnelle. Les évêques des pays concernés ne semblent pas avoir été consultés. Pour la Fraternité Saint-Pie X, seule l’autorité du pape compte. Agissant seul, Benoît XVI conforte la Fraternité dans ce positionnement.
La pleine communion avec l’Eglise ne peut être réalisée uniquement par la reconnaissance de la primauté du pape et de son autorité. Dans la perspective du concile Vatican II, le Pape n’est pas le seul principe de l’unité de l’Eglise. La collégialité épiscopale existe. Il aurait été opportun de le rappeler à cette occasion.

Nous nous sentons meurtris par le visage de l’Eglise que le Pape donne au monde : une Eglise tournée vers le passé, un passé où elle prétendait  imposer sa vérité. La fidélité au concile Vatican II appelle, au contraire, une Eglise tournée vers l’avenir, ouverte au monde d’aujourd’hui, un monde plurireligieux et pluriculturel.

Nous sommes consternés par les propos négationnistes de l’un des évêques concernés, mais l’ampleur de la protestation de toutes celles et ceux qui se sont associés aux évêques de France nous réconforte.

Nous souhaitons que vous puissiez transmettre à nos frères les Evêques de France et aux instances Romaines la réalité de la souffrance qui est la nôtre et que nous partageons avec beaucoup de chrétiens de notre diocèse.

En vous remerciant de ce que vous pourrez faire en ce sens et de nous en tenir informés, nous vous adressons nos respectueuses salutations.
La communauté Point 1 réunie en Assemblée Générale

Copie : au vicaire général Philippe Maheut, le 8 Février   2009
Aux mouvements participant à « célébrer aujourd’hui »,
Au réseau des Parvis