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FÊTE DE LA PRESENTATION DU SEIGNEUR
Lundi 02 février 2009
1°
Livre de Malachie 3,1-4 :
Voici que j'envoie mon Messager pour qu'il prépare le
chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous
cherchez. Le messager de l'Alliance que vous désirez, le voici qui vient, dit
le Seigneur de l'univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra
rester debout lorsqu'il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur,
pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s'installera pour fondre et purifier.
Il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l'or et l'argent : ainsi
pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l'offrande en toute justice.
Alors, l'offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur,
comme il en fut aux jours anciens, dans les années d'autrefois.
2°
Psaume 24(23),7-10 :
Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes
éternelles :
Qu'il entre, le roi de gloire !
Qui est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, le
fort, le vaillant,
Le Seigneur, le vaillant des combats.
Portes, levez vos frontons, levez-les, portes
éternelles : qu'il entre, le roi de gloire !
Qui donc est ce roi de gloire ? C'est le
Seigneur, Dieu de l'univers ;
C'est lui, le roi de gloire.
3°
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,22-40 :
Quand arriva le jour fixé par
la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à
Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi
présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple
de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un
homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation
d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne
verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par
l'Esprit, Syméon vint au Temple.
Les parents y entraient avec
l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon
prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : «
Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton
serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton
salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer
les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. »
Le père et la mère de l'enfant
s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie
sa mère : «
Vois, ton fils qui est là
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de
division. - Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront
dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. »
Il y avait là une femme qui
était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve
après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et
la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils
retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L'enfant grandissait et se
fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
4°
Commentaire du jour : Bienheureux Guerric d'Igny :
« Mes yeux ont vu ton salut » :
Voici,
mes frères, entre les mains de Syméon, un cierge allumé. Vous aussi, allumez à
ce luminaire vos cierges, je veux dire ces lampes que le Seigneur vous ordonne
de tenir dans vos mains (Lc 12,35). «
Approchez
- vous de lui et soyez illuminés » (Ps 33,6), de manière à être vous-mêmes
plus que des porteurs de lampe : des lumières qui brillent au-dedans et
au-dehors pour vous et pour votre prochain.
Qu'il y ait donc une lampe dans votre
coeur, dans votre main, dans votre bouche ! Que la lampe dans votre coeur
brille pour vous-même, que la lampe dans votre main et dans votre bouche brille
pour votre prochain :
-
La lampe dans votre coeur est la dévotion
inspirée par la foi ;
-
La lampe dans votre main, l'exemple des bonnes
oeuvres ;
-
La lampe dans votre bouche, la parole qui
édifie.
Car
nous ne devons pas nous contenter d'être des lumières aux yeux des hommes grâce
à nos actes et nos paroles, mais il nous faut encore briller devant les anges
par notre prière et devant Dieu par notre intention. Notre lampe devant les
anges, c'est la pureté de notre dévotion qui nous fait chanter avec
recueillement ou prier avec ferveur en leur présence.
Notre lampe devant Dieu, c'est la résolution sincère de plaire
uniquement à celui devant qui nous avons trouvé grâce...
Afin
donc d'allumer toutes ces lampes,
laissez-vous
illuminer, mes frères, en vous approchant de la source de la lumière, je
veux dire Jésus qui brille entre les mains de Syméon. Il veut, assurément,
éclairer votre foi, faire resplendir vos oeuvres, vous inspirer les mots à dire
aux hommes, remplir de ferveur votre prière et purifier votre intention... Et
quand la lampe de cette vie s'éteindra..., vous verrez la lumière de la vie qui
ne s'éteindra pas se lever et monter le soir comme la splendeur de midi.
5° Homélie du
Père Gabriel Myotte Duquet : Rencontre, consolation et attente (Lc 2,
22-40) :
Il y a quarante jours, c’était Noël. Nous fêtions
la naissance de Jésus. Cette nuit-là, l’ange du Seigneur annonçait à quelques
pauvres bergers la grandeur de l’enfant nouveau-né.
Aujourd’hui, nous ne sommes plus à la grotte, dans la campagne,
dans la nuit, marchant à la lueur des torches.
Nous sommes au Temple, encore sur le parvis. Nous sommes
dans la ville,
sous la lumière du plein jour.
Aujourd’hui, l’Esprit
du Seigneur annonce à deux vieillards la signification de cet enfant pour le
salut. Anne et Syméon rencontrent l’enfant que ses
parents viennent présenter. C’est le début de leur consolation après une vie de
prière, de fidélité et d’attente. Ils annoncèrent, leur vie durant, que Dieu
consolerait son peuple, qu’il aurait compassion des pauvres. Syméon et Anne
étaient des prophètes. Mais à la différence de tous les prophètes, ils
terminent leur vie en présence de celui qu’ils ont annoncé. Maintenant ils
tiennent dans leurs bras la consolation d’Israël, la compassion de Dieu, le
salut du monde, un enfant, un ami, Dieu lui-même. Et cette rencontre provoque
leur louange.
Il
y a 183 ans, c’était veille de Noël. Un jeune juif, Jacob Libermann, tombe à
genoux. Nous sommes à Paris, au collège Stanislas, dans une chambre nue.
Une simple lucarne laisse filtrer quelques maigres rayons du soleil d’hiver. Ce
jour-là, le Seigneur exauce la prière de Jacob et il l’éclaire de sa présence.
Libermann rencontre son Seigneur.
C’est
le début de sa consolation après une jeunesse studieuse, une recherche
inquiète. Mais ce n’est que le début. Son attente ne fait que commencer.
Attendre pour découvrir et comprendre le
projet de Dieu. Attendre pour savoir quelle mission sera la sienne dans
l’Eglise. Attendre le moment de Dieu alors que se dressent les barrières de la
maladie, de la calomnie, de la suspicion, de l’incompréhension…
Libermann sera
prophète. Il marchera en présence de ce Seigneur qu’il contemple et qu’il
annonce. Ses disciples démultiplieront la prophétie. Le
salut sera présenté, expliqué, commenté à la face des peuples d’Afrique et des
Îles lointaines. Une bonne nouvelle à accueillir, à soulever dans ses bras, à
envelopper dans son cœur, à porter par son témoignage.
Dans le respect et dans l’amour, Dieu devient un ami et prend le visage
du plus humble, de l’esclave qu’il faut éduquer, de l’humilié à qui il faut
faire justice, du malade qu’il faut soigner, du mendiant qu’il faut nourrir et
habiller.
Dieu prend le visage des
peuples qui se mettent debout. De nouvelles Eglises se joignent à la voix
des anciennes pour louer et bénir Celui qui donne toute bénédiction. La foi
transmise est-elle autre chose que cet accueil du salut qui vient ?
Il y a 30 ans, il y a 40 ans, il y a
davantage, un enfant est amené au fond d’une église. Son parrain tient un grand
cierge. Il approche la lumière du visage pleurnichant. L’eau coule. L’Esprit
vient faire sa demeure chez cet enfant qui devient grotte de Bethléem, Temple
de Jérusalem, chambre intime où ne cessent de combattre le doute et
l’assurance.
Nous avons tous été
baptisés. Ce fut le début de notre consolation et le début de notre attente.
Depuis le jour de notre baptême, nous sommes devenus prêtres, capables de
louanges.
Nous sommes devenus rois,
membre d’une nation sainte.
Nous sommes
devenus prophètes, instruments de la justice de Dieu pour construire la
paix entre les hommes. Mais depuis notre baptême nous sommes et nous attendons.
Nous attendons de partager la gloire sans fin. Nous attendons que s’établisse
la Jérusalem céleste.
Nous attendons que
Dieu soit tout en tous. Notre attente n’est pas paresseuse. C’est celle
d’Anne et de Syméon. C’est celle de François Libermann. C’est celle qui se
console d’accueillir en Dieu un ami. Notre attente est à la fois rencontre. Et
elle se fait prière, témoignage et charité afin que nous répondions à notre
vocation de Prophètes. Ainsi va le salut du monde parmi les nations.
Nous sommes les bras, la voix et cœur de ce
salut offert à tous. Nous sommes la flamme qui réchauffe pour peu que nous
découvrions qui sont ceux qui souffrent du froid.
Nous sommes la lumière qui éclaire pour peu que nous osions nous
approcher de ceux qui se noient dans la tristesse et les noirceurs de la vie.
Nous sommes l’Evangile pour nos frères et
sœurs pour peu que nous parvenions à demeurer dans la charité, et pour peu
que notre charité provoque la louange chez tous ceux que nous rencontrons à
notre tour.
Nous
avons reçu la lumière pascale au baptême. Certains parmi nous ont fait
profession de porter cette lumière à tous les peuples. Profession non pas comme
une perfection, mais comme un métier, comme un plein temps. Nous fêtons
aujourd’hui la vie religieuse et ce monde nous attend. Ce n’est pas seulement
nous qui attendons activement la consolation d’Israël, c’est Israël qui attend
que nous le consolions. Religieux, religieuses, nous sommes avec tout le peuple
de Dieu, des veilleurs, ceux qui ont soin que la flamme ne s’éteigne pas alors
que les vents du monde la font vaciller, ceux qui protègent la mèche qui fume
encore. Disciples d’Anne, de Syméon, de Libermann, disciples du pauvre qui
attend de nous, que Dieu nous garde en prophétie. Car
nous sommes pour l’Eglise ce pôle de la prophétie qui avance avec celui
de la Loi nouvelle.
M
aintenant,
montons dans la lumière, allons jusqu’à l’autel partager le pain et le vin,
partager le Fils qui vient à notre rencontre, pour sa propre gloire et pour le
salut des peuples.
(1)
V.1080-1157, abbé
cistercien, 1er Sermon pour la fête de
la Purification de la Vierge Marie, 2.3.5 ; PL 185, 64-65 (trad. Delhougne, Les
Pères commentent, p. 470 ; cf SC 166, p. 315s)