Pages spirituelles

MARDI 7E SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE :

MARDI 24 FEVRIER 2009



1° Livre de l'Ecclésiastique 2,1-11 :

Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l'épreuve ; fais-toi un coeur droit, et tiens bon ; ne te tourmente pas à l'heure de l'adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l'abandonne pas, afin d'être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta vie pauvre, sois patient ; car l'or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de la pauvreté. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; suis une route droite, et mets en lui ton espérance.
Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber. Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui, et votre récompense ne saurait vous échapper. Vous qui craignez le Seigneur, espérez le bonheur, la joie éternelle et la miséricorde. Considérez les générations passées et voyez : Celui qui a mis sa confiance dans le Seigneur, a-t-il été déçu ? Celui qui a persévéré dans la crainte du Seigneur, a-t-il été abandonné ? Celui qui l'a invoqué, a-t-il été méprisé ? Car le Seigneur est tendre et miséricordieux il pardonne les péchés, et il sauve au moment de la détresse.

2° Psaume 37(36),3-4.18-19.27-28.39-40 :

Fais confiance au Seigneur, agis bien, habite la terre et reste fidèle ;
Mets ta joie dans le Seigneur : il comblera les désirs de ton coeur.
Il connaît les jours de l'homme intègre qui recevra un héritage impérissable.
Pas de honte pour lui aux mauvais jours ; aux temps de famine, il sera rassasié.
Évite le mal, fais ce qui est bien, et tu auras une habitation pour toujours,
Car le Seigneur aime le bon droit, il n'abandonne pas ses amis.
Ceux-là seront préservés à jamais, les descendants de l'impie seront déracinés.
Le Seigneur est le salut pour les justes, leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre, il les délivre de l'impie,
Il les sauve, car ils cherchent en lui leur refuge.

3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,30-37 :

En partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »

4° Commentaire du jour : Saint Grégoire de Nazianze (1) : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous » :

      Certains sont plongés dans l'incertitude par les stigmates de la Passion sur le corps du Christ et se posent la question : « Qui est ce Roi de gloire ? » (Ps 23,7) Réponds - leur que c'est le Christ fort et puissant (v. 8) en tout ce qu'il a toujours fait et qu'il continue de faire... Fais-leur voir la beauté de la robe portée par le corps souffrant du Christ, embelli par la Passion et transfiguré par l'éclat de la divinité, cette robe de gloire qui en fait l'objet le plus beau et le plus digne d'être aimé au monde... Est-il petit du fait qu'il s'est fait humble à cause de toi ? Est-il méprisable du fait que, Bon Berger offrant sa vie pour son troupeau (Jn 10,1), il est venu chercher la brebis égarée, et l'ayant trouvée, la ramène sur ses épaules qui ont porté pour elle la croix, et l'ayant ramenée, l'a mise au nombre des brebis fidèles qui sont restées au bercail ? (Lc 15,4s) Est-ce que tu l'estimes moins grand parce qu'il se ceint d'un linge pour laver les pieds de ses disciples, leur montrant que le plus sûr moyen de s'élever, c'est de s'abaisser ? (Jn 13,4;Mt 23,12) parce qu'en inclinant son âme vers la terre il s'abaisse afin de relever avec lui ceux qui plient sous le poids du péché ? Lui reproches-tu d'avoir mangé avec les publicains et les pécheurs pour leur salut ? (Mt 9,10)

      Il a connu la fatigue, la faim, la soif, l'angoisse et les larmes, suivant la loi de notre nature humaine. Mais, comme Dieu, que n'a-t-il pas fait ?... Nous avions besoin d'un Dieu fait homme, devenu mortel, pour pouvoir vivre. Nous avons partagé sa mort qui nous purifie ; par sa mort, il nous donne de partager sa résurrection ; par sa résurrection, il nous donne de partager sa gloire.

5° Commentaire du père Gabriel Myotte Duquet, provincial de France :

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous », telle fut la devise de notre Fondateur Claude Poullart des Place durant sa courte vie :

Il sera prêtre, mais un prêtre sans diplôme, un prêtre du service :

Souvent, personnellement et collectivement, nous rêvons de grandeur. Or, nous savons de par notre histoire, celle de nos fondateurs et celle de notre congrégation, que ce n’est pas un chemin d’évangile, que ce rêve nous dessert et nous conduit nul part.

Après bien des combats, longs et difficiles, certes, Claude Poullart des Places a pris résolument le chemin de l’humilité et du service. C’est le seul qu’il nous a tracé, à la suite de Jésus d’ailleurs.

Pourquoi avons - nous tant de mal à y marcher avec le même enthousiasme et la même détermination ? Ce chemin - là fut son charisme, il est le nôtre aujourd’hui. Pour en vivre, ayons comme lui les yeux fixés sur Jésus, Lui qui de condition divine, s’est dépouillé pour être semblable aux hommes …

Claude Poullart des Places a choisi cette grandeur là ! Pourquoi pas nous ?



1- 330-390, évêque, docteur de l'Église. Homélie pour la fête de Pâques ; PG 36, 624 (trad. Homéliaire patristique, coll. Lex orandi n°8, p. 223 rev.)