Pour aller plus loin : puiser à la source
JOURNEE MONDIALE DU MALADE 2009 :
MESSAGE DE BENOIT XVI (1)
Chers frères et sœurs,
La Journée mondiale du Malade qui est célébrée le
11 février, mémoire de
Notre Dame de Lourdes, sera l'occasion
pour les communautés diocésaines de se rassembler autour de leur évêque pour
des moments de prière, de façon à réfléchir et décider d'initiatives de
sensibilisation à propos de la réalité de la souffrance. L'année Saint-Paul que
nous célébrons, offre une occasion propice pour s'arrêter et méditer avec
l'apôtre Paul sur le fait que, «
de
même en effet que les souffrances du Christ abondent pour nous, ainsi, par le
Christ, abonde aussi notre consolation » (2
Co 1, 5). Le lien spirituel avec Lourdes rappelle en outre à notre
esprit la sollicitude maternelle de la Mère
de Jésus pour les frères de son Fils, «
qui sont encore des pèlerins et qui sont en butte aux dangers et aux
misères jusqu'à ce qu'ils soient parvenus à la félicité de la patrie »
(
Lumen gentium, 62).
Cette année, notre attention se porte surtout sur les enfants, les
créatures les plus faibles et sans défense et, parmi eux, les
enfants malades et souffrants. Il y a
de petits êtres humains qui portent dans leur corps les conséquences de
maladies invalidantes et d'autres qui luttent contre des maux aujourd'hui
encore inguérissables en dépit du progrès de la médecine et de l'assistance de
bons chercheurs et professionnels de la santé. Il y a des enfants blessés dans
leur corps et dans leur âme
du fait des
conflits et des guerres, et d'autres qui sont
victimes innocentes de la haine insensée des adultes. Il y a les
enfants « des
rues », dépourvus de l'amour d'une famille et abandonnés à
eux-mêmes et des mineurs profanés par des gens abjects qui violent leur
innocence, provoquant en eux une plaie psychologique qui les marquera pour le
reste de leur vie. Et puis l'on ne peut pas oublier le nombre incalculable de
mineurs qui meurent de soif, de faim, de
manque d'assistance sanitaire, ni les petits exilés de leur propre terre et
réfugiés avec leurs parents à la recherche de conditions de vie meilleures.
De tous ces enfants s'élève un cri de
douleur silencieux qui interpelle notre conscience d'hommes et de croyants.
La communauté chrétienne, qui ne peut rester indifférente devant
des situations aussi dramatiques, ressent le devoir impératif d'intervenir. En
effet, l'Eglise, comme je l'ai écrit dans l'encyclique «
Deus Caritas est », «
est la famille de
Dieu dans le monde. Dans cette famille, personne ne doit souffrir par manque du
nécessaire » (25, b). C'est pourquoi je souhaite que la Journée
mondiale du malade aussi offre aux communautés paroissiales et diocésaines
l'occasion de prendre toujours plus
conscience d'être « famille de
Dieu », et je les encourage à rendre perceptible dans les
villages, les quartiers et dans les villes l'amour du Seigneur qui dit que
«
dans l'Église elle-même en tant
que famille, aucun membre ne doit souffrir parce qu'il est dans le besoin »
(
ibid.).
Le témoignage de la charité fait partie de la vie même de chaque
communauté chrétienne. Et depuis le début, l'Eglise a traduit les principes
évangéliques en gestes concrets, comme nous le lisons dans les Actes des
Apôtres. Aujourd'hui, étant donné les changements dans l'assistance sanitaire,
on ressent le besoin d'une collaboration plus étroite entre professionnels de
la santé travaillant dans les différentes institutions sanitaires et les
communautés ecclésiales présentes sur le territoire. Dans cette perspective, la
valeur d'une institution liée au Saint - Siège comme l'Hôpital pédiatrique
« Bambino Gesù » qui célèbre cette année ses 140 ans, est confirmée
en tout point.
Plus encore, puisque l'enfant malade appartient à une famille qui
partage sa souffrance souvent avec des inconvénients et des difficultés graves,
les communautés chrétiennes ne peuvent pas ne pas prendre en charge aussi
l'aide des noyaux familiaux frappés par la maladie d'un fils ou d'une fille.
À l'exemple du « Bon Samaritain », il faut se pencher sur les personnes si
durement éprouvées et leur offrir le soutien d'une solidarité concrète. De
cette façon, l'acceptation et le partage de la souffrance se traduit par un
soutien utile des familles des enfants malades, en créant chez elles un climat
de sérénité et d'espérance, en leur faisant sentir autour d'elles une famille
plus vaste de frères et de sœurs en Christ. La compassion de Jésus pour les
pleurs de la veuve de Naïm (cf.
Lc 7,
12-17) et pour l'implorante prière de Jaïre (cf.
Lc 8, 41-56), notamment, constituent des points de référence utiles
pour apprendre à partager les moments de peine physique et morale de tant de
familles éprouvées. Tout cela
présuppose
un amour désintéressé et généreux, reflet et signe de l'amour miséricordieux de
Dieu, qui n'abandonne jamais ses enfants dans l'épreuve, mais leur fournit
toujours des ressources admirables de cœur et d'intelligence pour être en
mesure de faire face adéquatement aux difficultés de la vie.
Le dévouement quotidien et l'engagement continuel au service des
enfants malades constituent un témoignage éloquent d'amour de la vie humaine,
en particulier pour la vie de qui est faible et complètement dépendant des
autres. Il faut en effet
affirmer avec
vigueur la dignité absolue et suprême de toute vie humaine. Au fil du
temps, l'enseignement de l'Eglise qui proclame sans cesse : la vie est
belle et elle doit être vécue en plénitude même lorsqu'elle est faible et
enveloppée du mystère de la souffrance, reste inchangé.
C'est vers Jésus crucifié que nous devons tourner notre regard :
en mourant sur la croix, il a voulu partager la douleur de toute l'humanité.
Dans sa souffrance par amour nous entrevoyons une participation suprême aux
peines des petits malades et de leurs parents. Mon vénéré prédécesseur
Jean-Paul II, qui, dans l'acceptation patiente de la souffrance, a offert un
exemple lumineux spécialement au crépuscule de sa vie, a écrit : «
Sur la Croix se tient le ‘Rédempteur de
l'homme', l'Homme de douleur qui a assumé en lui les souffrances physiques et
morales des hommes de tous les temps, afin qu'ils puissent trouver dans l'amour
le sens salvifique de leurs souffrances et des réponses fondées à toutes leurs
interrogations » (
Salvifici
doloris, 31).
Je désire exprimer ici combien j'apprécie et
j'encourage les Organisations internationales et nationales qui
prennent soin des enfants malades, particulièrement dans les pays pauvres,
et qui offrent leur contribution, avec générosité et abnégation, pour leur
assurer des soins adéquats et pleins d'amour. J'adresse en même temps un appel
fervent aux
responsables des Nations
afin que l'on mette en place des lois et des mesures en faveur des enfants
malades et de leurs familles. Toujours, mais plus encore lorsque la vie des
enfants est en jeu, l'Eglise, pour sa part, se rend disponible pour offrir sa
collaboration cordiale dans son effort pour transformer toute la civilisation
humaine en « civilisation de l'amour » (cf.
Salvifici doloris, 30).
Pour conclure, je
voudrais
exprimer ma proximité spirituelle à vous tous, chers frères et sœurs, qui
souffrez de quelque maladie.
J'adresse une
salutation
affectueuse à ceux qui vous assistent : aux évêques, aux prêtres, aux
personnes consacrées, aux agents de santé, aux bénévoles et à tous ceux qui se
dévouent avec amour pour soigner et soulager les souffrances de qui est aux
prises avec la maladie.
Une salutation toute spéciale
est pour vous, chers enfants malades et souffrants : le pape vous embrasse avec une affection paternelle ainsi que
vos parents et vos familles, et il vous assure de son souvenir spécial dans la
prière, vous invitant à vous confier à l'aide maternelle de la Vierge
Immaculée, que nous avons encore contemplée lors du dernier Noël, alors qu'elle
serrait dans ses bras avec joie le Fils de Dieu fait petit enfant. En invoquant
sur vous et sur chaque malade la protection maternelle de la Vierge Sainte,
santé des Malades, j'accorde à tous de tout cœur une bénédiction apostolique
spéciale.
Du Vatican, le 2 février 2009
BENEDICTUS PP.XVI
1- ROME, Lundi 9 février 2009
(ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral du Message de
Benoît XVI à l'occasion de la 17e Journée mondiale du Malade (11 février 2009),
célébrée cette année au niveau diocésain.