NOUVELLES DE MISSIONNAIRES
« LE CONGO NOUS APPARTIENT,
IL N’EST PAS SOUS
TUTELLE NI UN PAYS A VENDRE "
Message du Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de RDC(1)
«
Soyez vigilants ! La paix dans la
justice et la vérité » est le titre du message des archevêques et évêques,
membres du Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de RDC, qui
se sont réunis en session ordinaire à Kinshasa, du 9 au 12 février 2009.
Le message de la CENCO, qui porte sur le processus de pacification
de la République Démocratique du Congo, veut attitrer l'attention des fidèles
catholiques, des hommes et des femmes de bonne volonté, sur «
certaines
inquiétudes qui risquent d'hypothéquer l'avenir du pays », et au regard de ces inquiétudes
«
faire une série de
recommandations » au peuple, au gouvernement et à la communauté
internationale.
Les prélats congolais affirment, dès le préambule, que leur charge
de pasteur et leur mission prophétique «
les obligent à dénoncer tout ce qui peut compromettre l'avenir de la
nation et à annoncer une parole d'espérance, celle qui, à la suite du Christ,
peut mettre le peuple debout et l'amener à bâtir sa destinée, dans la justice,
la vérité et l'amour ».
Ainsi, malgré des «
signes
positifs d'apaisement » constatés dans le pays, les évêques s'interrogent
sur la destinée du pays, où, affirment-ils, persistent des «
zones
d'ombres » qui, sur le plan sécuritaire, le plan économique et le plan
social, sont toujours source de grande inquiétude.
«
Nous continuons de
déplorer la lenteur dans la mise sur
pied d'une armée républicaine à même de défendre nos populations et
d'assurer l'intégrité de notre territoire », indiquent les évêques qui
déplorent également la présence
prolongée d'armées étrangères sur le territoire. Une présence qui,
soulignent-ils, inquiète le peuple, encore «
traumatisé par les actions commises par ces armées dans un passé
récent ».
Sur le plan
économique, ils
réclament des mesures efficaces pour «
affronter
la crise économique et financière et poursuivre la gestion du pays » ;
Sur le plan
social,
au-delà des dysfonctionnements, de
lutter
contre la corruption, un mal qui «
a
atteint des proportions insupportables même dans des milieux
insoupçonnables », soulignent les évêques.
Au plan
humanitaire,
les évêques évoquent le
sort des
milliers de déplacés, insistant sur l'urgence de leur retour et de leur
réinsertion sur leurs terres d'origine, et appelant le gouvernement à mettre en
œuvre «
des stratégies de prise en
charge » pour tous les sinistrés.
Au regard de ces inquiétudes, le Comité permanent de la CENCO
recommande au Parlement «
d'exercer
sans complaisance son pouvoir de contrôle du Gouvernement et d'arrêter des
mesures susceptibles de garantir une gestion honnête et transparente de la
République », et au gouvernement de «
défendre au mieux les intérêts du peuple congolais et de promouvoir son
bien-être et son développement ».
À la
communauté
internationale, les évêques demandent qu'elle s'implique dans la question
«
du retour des forces rebelles
rwandaises et ougandaises dans leurs pays respectifs », afin qu'il se
fasse «
dans le respect des lois
internationales ». Dans ce cadre, ils demandent à la MONUC, la
force de
maintien de la paix de l'ONU au Congo, «
de travailler effectivement à la protection des populations
civiles », et aux gouvernements de la sous-région des Grands Lacs
«
de respecter les engagements pris
dans le cadre du Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans
la région ».
Aux Caritas des Eglises sœurs
du Nord, qu'ils remercient pour «
leur engagement sur le terrain »
les prélats demandent
« qu'elles
continuent d'appuyer cette population meurtrie pour l'aider, non seulement à
soulager ses souffrances, mais aussi à se réinsérer grâce à des projets de
développement durable ».
Enfin, au
peuple congolais,
et aux
organisations de la société
civile, les archevêques et évêques du comité permanent de la CENCO,
demandent « d'être vigilants pour démasquer tout plan ourdi » contre leur
pays et de «
s'opposer par tous les
moyens légaux et pacifiques à toute tentative de balkanisation et à toute
exploitation illicite » de leurs ressources.
«
L'intégrité
territoriale et la souveraineté nationale sont intouchables et non -
négociables sous quelque prétexte que ce soit », leur rappellent-ils.
«
Le
Congo nous appartient, il n'est pas sous tutelle ni un pays à vendre »,
insistent-ils avant d'inviter tous les acteurs de la destinée du pays «
à travailler de manière responsable, à
promouvoir des attitudes qui construisent la paix et la cohésion nationale,
pour affronter avec courage et espérance, les défis de la démocratie et du
développement dans la solidarité ».
En conclusion, les évêques réaffirment leur profond
désir «
de paix et d'amour »,
une paix fondée «
sur la vérité, la
justice et la liberté » ; et confirment leur volonté de
poursuivre «
leur contribution au
processus de pacification et à la coexistence » de leur peuple.
1- ROME, Lundi
23 février 2009 (ZENIT.org)