Environnement
LES AMIS DE LA
TERRE
APPELLENT
LES DISTRIBUTEURS DE BOIS
à SOUTENIR LA COMMERCIALISATION DE PIN DES LANDES
(1)
La
nouvelle tempête qui vient de frapper
les forêts du Sud – Ouest,
fin Janvier a
mis à terre plusieurs dizaines de millions de mètres cubes de bois en
particulier dans le massif des Landes. Toutefois, contrairement à la tempête de
1999, les débouchés pour évacuer et commercialiser ce bois sont beaucoup plus
limités en raison de la crise économique.
Les Amis de la Terre appellent les
distributeurs de bois et les grandes surfaces du bricolage à réorienter leur
approvisionnement pour proposer en priorité du bois local : «
Alors que des millions de mètres cubes de
bois risquent de rester en forêt faute de débouchés, les consommateurs
continueront de trouver dans leurs magasins des planchers, des lambris, des
menuiseries en pin importé. Dans certains magasins des Landes, nous avons même
trouvé des tablettes en pin du Brésil ! Nous appelons les distributeurs à
organiser, avec la filière bois, une opération exceptionnelle pour proposer des
produits en pin des Landes au consommateur » propose Sylvain
Angerand, chargé de campagne forêt aux Amis de la Terre.
Face aux
changements climatiques qui pourraient conduire à une multiplication des
tempêtes, le risque est d’inciter les propriétaires à privilégier une gestion à
court terme des forêts. L’objectif serait alors de produire uniquement des
petits bois pour l’industrie papetière, l’industrie des panneaux ou la
production d’énergie. Pourtant, la production de bois moyen ou de gros bois est
certes plus risquée car elle nécessite une gestion forestière sur plusieurs
dizaines d’années, mais indispensable d’un point de vue économique.
Arrêter de produire du bois d’œuvre, c’est
prendre la décision de fermer les scieries et les entreprises en aval qui
créent de nombreux emplois. D’un point de vue écologique, une
gestion forestière orientée uniquement vers
la production de petit bois n’est pas non plus souhaitable : «
Les gros bois sont indispensables pour la biodiversité
car ils permettent à des espèces comme les pics de nicher. Le pire serait de
convertir des forêts naturelles du Sud-Ouest en plantations d’espèces exotiques
comme l’eucalyptus, qui certes poussent très vite mais appauvrissent les sols
et la ressource en eau » souligne Sylvain Angerand.
Le plan
d’action, en cours d’élaboration par le Ministère de l’Agriculture, doit
permettre de
soutenir une gestion
économiquement durable de la forêt et être conditionné à des critères
environnementaux. Des mesures spécifiques doivent être prises pour
faciliter la commercialisation en filière courte de ces bois, dans les marchés
privés et publics,
en substitution aux
bois d’importation qui représentent le deuxième poste de déficit commercial de
la France.
1-
4 février 2009, Par Sylvain Angerand