Environnement
LOI GRENELLE1 AU
SÉNAT
: L’ENLISEMENT SE CONFIRME (1)
Le Sénat examinera
demain la loi Grenelle 1. Les Amis de la Terre dénoncent l’enlisement du
processus et les régressions proposées par la Commission des Affaires
Economiques du Sénat. Au même moment, le plan de relance du gouvernement en
faveur de l’avion, après celui pour l’automobile, risque de faire passer
l’ensemble du Grenelle pour une farce.
Sur quatre points, le texte proposé au
vote est
en contradiction ou très en
deçà des objectifs du Grenelle :
- 1° Concernant
l’habitat, un des secteurs phares du Grenelle, le texte
consacre le besoin de rénovation des
logements sociaux, mais fixe un objectif très insuffisant de 150 kWh/m2/an
de consommation d’énergie primaire après travaux. Cyrielle Den Hartigh, chargée
de campagne climat aux Amis de la Terre, conteste : «
Il est possible avec les technologies et les
savoirs - faire actuels de parvenir à 80 kWh/m2/an. Pourquoi se limiter au
double ? La réduction des émissions, mais également le budget des ménages
les plus défavorisés, feront les frais de ce laxisme. Un gaspillage inutile
d’énergie se poursuivra ».
- 2° En matière de
responsabilité des entreprises, Gwenael Wasse, chargé de campagne
Responsabilité des entreprises des Amis de la Terre, est extrêmement
déçu : «
Le gouvernement n’a
strictement rien fait pour porter ce sujet lors de sa Présidence européenne,
contrairement à un engagement explicite du Grenelle. Le texte de la loi traduit
un manque total d’ambition : il s’agit davantage de lancer des groupes de
réflexion que d’obliger les entreprises à assumer leurs responsabilités
environnementales. On perd du temps ; les destructions de l’environnement
par les multinationales françaises se poursuivent. »
-
3° Concernant
l’agriculture, «
il manque toujours la reconnaissance des
Produits Naturels Peu Préoccupants (PNPP) comme alternatives aux
pesticides, analyse Jean-François Lyphout, du Conseil Fédéral des Amis de la
Terre. Il faut impérativement faciliter les procédures d’autorisation de mise sur
le marché de ces produits. Sans quoi, l’impossibilité juridique d’utiliser ces
alternatives amène inéluctablement vers plus de chimique, à l’inverse de
l’engagement initial. »
- 4° Toujours sur l’agriculture, la
Commission des Affaires Economiques du Sénat propose une régression. Hélène
Gassie, du Conseil Fédéral des Amis de la Terre, explique : “
Alors que la loi Grenelle I votée par
l’Assemblée Nationale ouvrait la porte à une reconnaissance large de l’ensemble
des semences de populations contribuant à la conservation de la biodiversité
dans les champs et les jardins, la Commission des affaires économiques du Sénat
limite de fait cette ouverture à la diffusion très restreinte de quelques
variétés anciennes déjà autorisée par un arrêté du 16 décembre dernier sur les
variétés de conservation. Il faut au
contraire élargir d’urgence l’usage des semences fermières et paysannes. »
Sébastien
Godinot, coordinateur des campagnes, conclut : «
La table ronde du Grenelle avait abouti à un compromis qui n’était pas
à la hauteur des enjeux ; à sa suite, la première mouture de la loi
confirmait le manque de rupture dans le processus. L’enlisement se poursuit au Sénat, avec des amendements minimalistes
voire en régression. Alors que le gouvernement annonce un plan massif
d’aide à l’avion après celui pour l’automobile, les deux moyens de transport
les plus polluants au monde, la crédibilité globale du Grenelle risque de
passer en dessous de zéro ».
Contact
presse :
Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
1- 30 janvier 2009, Par Cyrielle Den
Hartigh