Environnement
CLIMAT : LES ETATS-UNIS REJETTENT L’INITIATIVE DE LA
BANQUE MONDIALE
Paris, le 26 février 2009 – La Banque
mondiale a essuyé hier un camouflet très symbolique qui décrédibilise fortement
son action contre les changements climatiques. Le Congrès américain a en effet refusé la participation des Etats-Unis
au nouveau Fonds pour les technologies propres créé par la Banque, lui
reprochant d’avoir inclus les centrales à charbon dans la liste de ses
technologies « propres ». Les Amis de la Terre se félicitent de
cette décision et demandent à la France de suivre cet exemple en se retirant du
Fonds pour rediriger ses financements vers les mécanismes des Nations unies.
Depuis
un an, la Banque mondiale poursuit une campagne de communication très active
pour se placer en acteur incontournable du financement de la lutte contre les
changements climatiques. Elle a créé notamment de nouveaux «
Fonds d’investissement pour le climat »,
dont un Fonds pour les technologies propres censé soutenir un développement
sobre en carbone dans les pays en développement. Ces mécanismes sont vivement
critiqués car ils concurrencent les processus multilatéraux des Nations unies
au profit d’une institution moins démocratique, et sans aucune légitimité en
matière climatique. En effet,
à côté de
ses déclarations d’intention, la Banque mondiale finance toujours massivement
des oléoducs, gazoducs, ou méga - centrales à charbon parmi les plus polluants
au monde.
«
Signe de son addiction au carbone et de son
incompétence complète sur le sujet, la Banque n’a pu s’empêcher de classer
certaines centrales à charbon parmi les projets éligibles aux financements de
son Fonds pour les technologies propres.» explique Anne-Sophie Simpere,
chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers pour les Amis de la
Terre France.
Pour Karen Orenstein, des Amis de la Terre
Etats-Unis, «
les membres du Congrès
soucieux du changement climatique, en particulier dans les pays en
développement, n’allaient pas donner un chèque en blanc à la Banque mondiale.
Des ressources publiques limitées ne doivent pas alimenter un Fonds pour lequel
il est acceptable de financer du charbon « un peu moins sale » au nom
de la lutte contre les changements climatiques. »
S’ils ont rejeté l’initiative de la
Banque mondiale, les députés américains ont décidé de verser dix millions de
dollars à un fonds climat des Nations unies. Ce montant
est encore faible, mais le geste est crucial, car il s’agit de la première
contribution des Etats-Unis à un mécanisme des Nations unies pour le climat.
Anne-Sophie Simpere conclut :
« La France, qui affiche d’ambitieux
objectifs en matière de lutte contre le changement climatique, est en train de
se montrer plus archaïque que les Etats-Unis, en continuant à soutenir une
initiative de la Banque mondiale qui n’est ni légitime, ni crédible. Nous demandons que les 500 millions d’euros
que la France souhaite investir dans les Fonds climat de la Banque mondiale
soient redirigés vers des mécanismes supervisés par la Convention cadre des
Nations unies pour les changements climatiques, où chaque pays à une voix.
C’est aujourd’hui le cadre le plus démocratique en matière de financement de la
lutte contre les changements climatiques et de l’adaptation.»
Contact presse :
- Caroline Prak Les Amis de la Terre 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
- Anne-Sophie Simpere Chargée de campagne Responsabilité des acteurs financier
Les Amis de la Terre www.amisdelaterre.org <
http://www.amisdelaterre.org>
Tel: +33 (0)1 48 51 18 98