Environnement
LA BANQUE EUROPEENNE D’INVESTISSEMENT
EVITE LES CONTRAINTES ENVIRONNEMENTALES ET SOCIALES
Paris, le 5 février 2009 – Après
presque une année de consultation avec la société civile et les institutions
européennes, la Banque européenne d’investissement (BEI), l’institution
financière de l’Union européenne, vient d’adopter sa nouvelle Déclaration
environnementale et sociale (1).
La Banque, dont l’implication dans des projets destructeurs est vivement
critiquée, se contente pourtant d’une Déclaration vague et peu contraignante.
Les Amis de la Terre demandent que la France, en tant que « gros »
actionnaire de la BEI, exige que celle-ci adopte des normes précises et
contraignantes, à la hauteur des meilleurs standards internationaux.
La
BEI,
plus gros bailleur public au monde
en termes de volume de prêt, fait l’objet de campagnes à travers toute
l’Europe, en raison des destructions sociales et environnementales causées par
les projets qu’elle finance, en particulier dans les pays en développement
(2).
Anne-Sophie
Simpere, chargée de campagne Responsabilité des Acteurs financiers pour les
Amis de la Terre, explique
: «
La BEI est compromise dans des projets
tels que l’oléoduc Tchad Cameroun, la
mine de cuivre de Mopani en Zambie, ou le projet hydraulique des Hauts plateaux
du Lesotho, qui ont conduit à de graves violations des droits humains, des
pollutions des eaux, des sols, des situations sanitaires désastreuses… Au
regard de ses erreurs passées, la Banque doit impérativement revoir ses
méthodes d’évaluation et de suivi des projets : en tant qu’institution
européenne, elle devrait se montrer exemplaire en matière environnementale et
sociale. »
Alors
qu’elle intervient dans les pays du Sud avec une mission de développement, la
BEI soutient surtout l’enrichissement de
grandes multinationales occidentales, qui profitent dans de nombreux cas de
la faiblesse des cadres normatifs ou de la gouvernance des pays dans lesquels
elles mènent leurs activités. Dans le cas de la mine de Mopani (Zambie), plus
de 99 % des bénéfices quittent le pays : comment la BEI, qui finance le
projet, prétend-elle ainsi lutter contre la pauvreté ?
En réponse à la pression de la société
civile, la BEI vient d’adopter de nouvelles normes environnementales et
sociales. Si sa nouvelle Déclaration représente un progrès, on reste cependant
encore loin du compte.
Anne-Sophie
Simpere poursuit : «
La BEI se contente encore une fois de normes
trop vagues pour constituer une vraie contrainte. Elle se refuse à établir
des critères d’évaluation chiffrés ou de délais précis, pour se contenter
d’invoquer des « degrés acceptables » ou des « meilleurs
délais » qui laissent toutes les parties prenantes dans une grave
insécurité juridique. Par ailleurs, elle conserve
des doubles standards, les uns appliqués en Europe, les autres dans les pays en
développement, ces derniers étant bien moins protecteurs de l’environnement
et des droits humains. Elle agit comme une banque privée, sans valeur
ajoutée en matière de standards. La France, en tant qu’actionnaire de la BEI,
doit se positionner pour une réforme réelle de la Banque. »
Contact presse :
- Caroline Prak Les Amis de la Terre 01 48 51 32 22 / 06 86
41 53 43
- Anne-Sophie Simpere Chargée
de campagne Responsabilité des acteurs financiers
Les Amis de la Terre www.amisdelaterre.org
http://www.amisdelaterre.org
Tel: +33 (0)1 48 51 18 98
BANQUE EUROPEENNE
D’INVESTISSEMENT :
LA COMMISSION EUROPEENNE IGNORE LE JUGEMENT DE LA CJCE
Paris,
le 11 février 2009 – Le Parlement européen discute aujourd’hui de la dernière
proposition de la Commission établissant un nouveau mandat pour la Banque
européenne d’investissement (BEI) hors de l’Union européenne. Les Amis de la
Terre, avec la coalition « Counter Balance : réformer la BEI »
(3)
, estiment que le texte soumis par la Commission est potentiellement illégal.
Ils demandent aux parlementaires européens d’exercer activement leur pouvoir de
contrôle démocratique en imposant à la Commission le respect de la
jurisprudence et du droit européen.
Le
6 novembre 2008, la Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE) avait
annulé le mandat externe de la BEI, qui couvrait son action dans les pays
voisins et en voie d’accession à l’Union européenne, ainsi que l’Asie et
l’Amérique Latine. La raison de cette décision : la Cour considère que le
mandat externe de la BEI aurait dû être adopté sur la base de l’article 179 du
traité CE qui concerne la «
Coopération
au développement » et non l’article 181 qui traite de la «
Coopération économique, financière et
technique avec les Pays Tiers ».
La
Commission soumet aujourd’hui un nouveau mandat au Parlement, très similaire à
celui qui vient pourtant d’être annulé.
Philip Moser, avocat britannique et
conseiller juridique de Counter Balance, explique : «
Un élément vital est absent de la proposition de la Commission :
il s’agit de la nécessité légale d’introduire la « Coopération au
développement » comme une partie intégrante de la décision. Sans cet
élément, le nouveau mandat ne reflètera pas correctement sa nouvelle base
légale, et pourrait en fin de compte faire l’objet d’une nouvelle plainte
devait la CJCE. »
Pour Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne
responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, «
Cette décision de justice confirmait que
l’intégralité (4) du mandat externe de la BEI se situe
dans le cadre de la politique de développement de l’Union européenne, ce que la
Banque conteste depuis toujours. Cela doit apparaître dans le nouveau mandat.
En incluant une référence explicite aux obligations de la BEI en matière de
développement, les législateurs européens reconnaîtraient le verdict de la
CJCE, et imposeraient enfin à la BEI des critères de développement clairs pour
son action hors de l’UE. Actuellement, la Banque est impliquée dans de méga
projets de mines, oléoducs ou grands barrages destructeurs : le Parlement
ne doit pas rater cette occasion de contrôler enfin l’action de la BEI, la plus
grosse institution financière publique au monde. »
Les
Amis de la Terre et la coalition Counter Balance appellent les députés
européens à exercer leur pouvoir de codécision pour transformer le mandat
externe de la BEI. Ils leur ont soumis onze propositions d’amendements
(5)
pour
introduire des critères de
développement et de normes environnementales et sociales exigeantes au
nouveau mandat de la BEI.
Contact presse :
Caroline Prak 01 48 51 18 96 / 06 86
41 53 43
Anne-Sophie Simpere Chargée de campagne Responsabilité des
acteurs financiers
Les Amis de la Terre www.amisdelaterre.org
http://www.amisdelaterre.org
Tel: +33 (0)1 48 51 18 98
3-
La
coalition Counter Balance : Réformer la BEI rassemble les ONG : CEE
Bankwatch Network (Europe centrale et orientale), les Amis de la Terre
(France), urgewald and WEED (Allemagne), Campagna per la Riforma della Banca
Mondiale (Italie), BothEnds (Pays-Bas), Bretton Woods Project
(Grande-Bretagne).
4-
Le
rôle de développement de la BEI dans la région Afrique Caraïbe Pacifique était
déjà reconnu, le mandat de la Banque étant basé dans cette région sur les
accords de Cotonou dont les objectifs prioritaires sont la réduction de la
pauvreté et la promotion d’un développement durable.