Conjoncture
internationale et endettement : nouveaux défis que doit relever le
CADTM Éric Toussaint 24 août 2007
Augmentation des réserves de change
Depuis 2004,
nous vivons une conjoncture économique caractérisée par un
prix élevé des matières premières et d’un certain nombre de produits
agricoles. Cela a permis à une majorité de pays en développement
d’augmenter leurs recettes d’exportation et
d’engranger d’importantes réserves de change. Cette situation concerne plus
particulièrement les pays
exportateurs
de pétrole, de gaz et de minerais. Certains pays exportateurs de produits
agricoles ont également bénéficié de cette conjoncture favorable. Néanmoins
tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, certains pays d’Afrique
subsaharienne ont vu leur situation se détériorer.
En 2007, les pays en développement (PED)
détiennent ensemble plus de 3 000 milliards de dollars(1)
comme réserves de change tandis que les pays les plus industrialisés ne
détiennent que la moitié de cette somme. Cette situation favorable est mise
à profit par un nombre significatif de gouvernements pour rembourser de manière
anticipée leurs dettes au FMI, à la Banque mondiale, au Club de Paris et aux
banquiers privés. Certains créent des fonds de développement dans lesquels ils placent
une partie de leurs réserves de change afin de financer des dépenses sociales
ou d’infrastructure
(2).
Sept pays d’Amérique latine (Argentine,
Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Uruguay, Venezuela)
négocient la création d’une Banque du Sud afin de financer leur
intégration régionale et des projets sociaux. Certaines d’entre eux envisagent
également la création d’une Banque de l’ALBA (Cuba, Haïti, Nicaragua,
Venezuela). Les signes de prise de distance par rapport à la Banque mondiale et
au FMI se multiplient : l’Equateur a expulsé le représentant permanent de
la Banque mondiale à Quito fin avril 2007, le Venezuela envisage de se retirer
de la Banque mondiale et du FMI, la Bolivie ne reconnaît plus l’autorité du
CIRDI (filiale de la Banque mondiale chargée de régler les litiges en matière
d’investissement).
Crise de légitimité de la Banque mondiale et du FMI
Par ailleurs, la
Banque mondiale et le FMI vivent une grande crise de légitimité. Paul
Wolfowitz, président de la Banque depuis juin 2005, a été contraint à la
démission en juin 2007, suite au népotisme dont il a fait preuve. Alors que
plusieurs pays membres de la Banque mondiale affirmaient qu’il était temps de
mettre à la tête de l’institution un citoyen ou une citoyenne du Sud, le
président des Etats-Unis a désigné pour la onzième fois un citoyen états-unien
pour la présider. Début juillet 2007, c’était au tour du directeur général du
FMI, l’Européen Rodrigo de Rato, d’annoncer de manière imprévue sa démission.
Les Etats européens se sont mis d’accord pour le remplacer par un Français,
Dominique Strauss Kahn. Ces événements récents mettent en évidence aux yeux de
la population des PED que les gouvernements d’Europe et des Etats-Unis veulent
garder un contrôle sans faille sur les deux principales institutions
financières multilatérales alors que c’est un Européen, Pascal Lamy, qui
préside l’OMC. En résumé, tant les circonstances de la démission de Paul
Wolfowitz que la désignation des nouveaux dirigeants des principales
institutions qui orientent la mondialisation démontrent aux gouvernants et aux
populations de l’ensemble de la planète que
la bonne gouvernance prend un sens très relatif quand il s’agit de la
répartition du pouvoir à l’échelle internationale.
Nouvelle architecture internationale et banques du Sud
Cela rend
d’autant plus
urgente la construction
d’une nouvelle architecture institutionnelle internationale qui aboutira à
une profonde réforme démocratique du système des Nations unies et le
remplacement de la Banque mondiale et du FMI par des institutions
démocratiques. La construction de cette nouvelle architecture passera par la
création et le renforcement de mécanismes
d’intégration régionale Sud - Sud, par la constitution d’une ou de
plusieurs Banques du Sud qui devront coordonner leurs efforts, par la mise en
place de mécanismes d’échanges compensés
(3)
et solidaires entre PED. Ces derniers mécanismes donnent déjà des résultats
fort intéressants en particulier en Amérique latine et dans la Caraïbe :
amélioration de la santé, de la sécurité énergétique (Petrocaribe par exemple),
de l’éducation, de l’information (développement de Telesur).
La crise de la dette n’est pas résolue
Ces nouveaux
développements aussi importants qu’ils puissent être ne doivent pas nous faire
oublier la réalité de la dette :
chaque
année les gouvernements des PED remboursent plus de 240 milliards de dollars
d’argent public aux créanciers, ce qui représente plus de trois fois la
somme dont ils auraient besoin pour atteindre les objectifs du millénaire pour
le développement.
Les dettes à
l’égard du FMI et de la Banque mondiale restent très élevées et, pour tout
dire, insoutenables pour un nombre considérable de pays dont la majorité de la
population vit en dessous de la ligne de pauvreté absolue.
Ces organismes, bien qu’affaiblis et en déficit de légitimité,
poursuivent des politiques qui rendent encore plus vulnérables les économies
des pays à faibles revenus, des politiques qui favorisent la privatisation
de l’eau, de l’électricité, de la santé, de l’éducation et de la culture.
Forte augmentation de la dette publique interne
Une évolution
récente est également à prendre en considération : la dette publique
interne augmente très fortement. Alors qu’en 1998, la dette publique interne et
la dette publique externe faisaient parts égales
, en 2006 la dette publique interne représente le triple de la dette
externe(4) !
Ce phénomène est
capital : désormais il n’est plus possible de mesurer l’endettement des
PED sur la base du montant de leur dette externe. La plupart des mesures de
soutenabilité de la dette produite par les institutions internationales sont
totalement obsolètes.
Il faut dorénavant
additionner la dette publique interne et externe d’un pays pour mesurer le
poids que représente l’endettement pour les finances publiques et l’économie du
pays. C’est d’autant plus nécessaire qu’une partie croissante des titres de
la dette publique interne est achetée par des créanciers étrangers
(5).
Augmentation de l’endettement des entreprises privées
Il ne faut pas
perdre de vue
l’endettement croissant
des entreprises privées des PED. Depuis que les pays exportateurs de
matières premières connaissent une situation financière favorable, les banques
privées des pays les plus industrialisés ont multiplié les prêts aux entreprises
privées des PED. Les deux secteurs privés qui s’endettent le plus dans les PED
sont les
banques et les entreprises du
secteur des hydrocarbures et des matières premières. Il faut être
particulièrement attentif à cette évolution : les banques privées des PED
empruntent au Nord à bas taux d’intérêts pour prêter cet argent sur le marché
intérieur à un taux plus élevé. Si jamais, la situation économique se dégrade
(ce qui est probable pour les années qui viennent), on risque d’assister à une
série de faillites de banque privées des PED comme lors des crises financières
qui ont touché le Mexique en 1994-1995, les pays du Sud-Est asiatique et la
Corée en 1997-1998, l’Equateur en 1998-1999 et l’Argentine en 2001. La dette
privée des banques d’aujourd’hui risque, si on n’y prend garde, de représenter
une dette publique demain. De là, la
nécessité
de contrôle l’endettement du secteur privé. Il en va de même pour le secteur des hydrocarbures et des mines.
Des entreprises privées pétrolières, gazières et minières s’endettent pour
développer leur capacité de production afin de profiter des prix élevés des
matières premières. Si ces prix chutent, les investissements réalisés grâce à
l’emprunt risquent de se révéler non - rentables et la dette à rembourser
impayable. Il est fondamental de limiter et de contrôler cet endettement.
Nouvelle vague d’endettement dans le domaine des
industries extractives, des mégaprojets énergétiques, dans l’exploitation des
forêts tropicales
À côté d’autres
acteurs, la Banque mondiale joue un rôle très actif dans le développement de
projets miniers, pétroliers, gaziers ainsi que dans des
mégaprojets énergétiques (grands barrages) et dans l’exploitation des
forêts. Le CADTM et d’autres mouvement citoyens ont détecté de nombreux
délits attachés à la réalisation des projets, du non-respect des droits des
populations directement concernées jusqu’à des crimes contre l’humanité comme
le massacre commis à Kilwa au Katanga en 2004
(6).
Croissance incontrôlée des Credit Default Swaps (CDS)
De nouveaux
produits financiers ont pris de l’ampleur, il s’agit notamment des Credit
Default Swaps (CDS).
L’acheteur d’un CDS
veut en l’acquérant se protéger contre un risque de non - paiement d’une dette.
Le marché des CDS s’est fortement développé depuis 2002. Le volume des montants
concernés par les CDS a été multiplié par 11 au cours des 5 dernières années
(7).
Le problème, c’est que ces contrats d’assurance sont vendus sans que s’exerce
un contrôle de la part des autorités publiques.
L’existence de ces CDS pousse les entreprises à prendre de plus en plus
de risques. Se croyant protégés contre un défaut de paiement, les prêteurs
octroient des prêts sans avoir vérifié la capacité de l’emprunteur à
rembourser. Or si la situation économique internationale se détériore, des
dizaines ou des centaines d’emprunteurs peuvent devenir subitement insolvables
et les CDS risquent de n’être que des papiers sans valeur car les assureurs
seront incapables d’exécuter leurs engagements.
Fuite des capitaux et rapatriement des profits vers le
Nord versus envoi des migrants vers le Sud
La fuite des
capitaux et des cerveaux des PED vers les pays les plus industrialisés s’est
amplifiée ces dernières années. Par ailleurs, le montant des profits rapatriés
vers les « maisons mères » a été multiplié par 4,5 entre 2000 et 2006
(passant de 28 milliards en 2000 à 125 milliards en 2006)
(8).
Allant dans un autre sens, les envois des migrants vers leur pays d’origine ont
fortement augmenté
(9).
L’importance de ces envois
dépasse de
très loin, comme le reconnaît la Banque mondiale,
le montant total de l’aide publique au développement.
Forte augmentation du prix des aliments
Le prix des aliments est en train d’augmenter fortement.
Deux facteurs en sont la cause principale.
- Premièrement,
la décision de plusieurs gouvernements et des grandes entreprises
transnationales de
développer la
production des agro - combustibles, comme l’éthanol produit à partir de la
canne à sucre, du maïs, du colza ou d’autres plantes. Désormais
20% du maïs
états-unien sert à fabriquer de l’éthanol ; idem pour 50% de la canne à
sucre au Brésil !
(10)
L’augmentation du prix du maïs s’est répercutée au Mexique avec l’augmentation
du prix de la tortilla. Voilà un effet dévastateur des traités de libre
commerce (TLC). En effet, en 1994, le TLC entre les E-U, le Canada et le
Mexique (Alena) est entré en vigueur. En vertu de ce TLC, l’agro-business des
E-U a envahi le marché mexicain avec du maïs états-unien vendu en dessous du
coût de production des petits producteurs mexicains qui ont perdu leur emploi
par centaines de milliers (et ont cherché à émigrer vers le riche voisin du
Nord). À partir de 2006, le prix du maïs exporté par les E-U a fortement
augmenté à cause de la demande liée à la production de l’éthanol. En conséquence,
le prix de la nourriture a fortement augmenté au Mexique car le maïs constitue
la base de l’alimentation de ce pays. Les paysans mexicains qui produisaient le
maïs ne sont plus là pour répondre à la demande. Soit ils ont vendu leurs
terres et ont émigré vers les grandes villes et vers les Etats-Unis ; soit
ils sont criblés de dettes et éprouvent de très grandes difficultés à reprendre
la culture.
- Un deuxième
phénomène aggrave la situation de l’alimentation des plus pauvres. Les grandes
entreprises céréalières basées dans les pays les plus industrialisés à climat
tempéré ont réduit en 2006 et en 2007 les surfaces emblavées en céréales de
manière à faire augmenter leur prix sur le marché mondial. Elles prenaient le
risque de provoquer une insuffisance de nourriture dans les pays d’Afrique et
d’autres continents qui sont devenus au cours des quarante dernières années des
importateurs nets de céréales car des institutions comme la Banque mondiale les
ont poussés à donner la priorité aux cultures tropicales (cacao, café, thé,
arachide…). Aujourd’hui, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme en se
rendant compte que dans certains pays africains le
prix des céréales a été multiplié par deux fin 2006-début 2007. La
Banque mondiale envisage la possibilité de la poursuite d’une forte hausse du
prix du maïs, du blé, du riz et d’autres aliments de base en conséquence
notamment de l’augmentation de la production d’agro-combustibles
(11).
À cause de cela, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue risque
d’augmenter et de graves crises alimentaires peuvent se produire. En outre, la
dette extérieure des pays les plus pauvres risque également de croître en
conséquence de l’augmentation de la facture à payer pour les importations de
nourriture.
Promesses non tenues par les pays riches
Les promesses
des pays riches faites en 2002 à la conférence des Nations unies de Monterrey
en matière d’APD ne sont pas tenues
(12).
On ne voit pas comment les pays riches, à commencer par les membres du G8,
pourraient réussir à porter leur « aide » à l’Afrique à hauteur de 50
milliards en 2010 (comme promis au G8 de Gleneagles en juillet 2005). Pour ce
faire, ils devraient augmenter leur aide de 16% par an.
Augmentation des prêts Sud-Sud et rôle grandissant de la Chine
Des banques
privées de quelques pays en développement (Chine, Inde, Malaisie, Afrique du
Sud) octroient de plus en plus de prêts à des gouvernements ou à des
entreprises d’autres PED. Les prêts des banques publiques chinoises à l’Afrique
augmentent fortement. En 2004-2006, les banques chinoises ont prêté deux
milliards de dollars aux PED dans le domaine du pétrole et du gaz
(13).
La Chine mais aussi l’Inde et l’Afrique
du Sud sont à la recherche de matières premières, c’est pourquoi les banques de
ces pays augmentent fortement leurs prêts de manière à garantir leur
approvisionnement. Les pays les plus vulnérables risquent de tomber dans
une nouvelle dépendance qui ne sera pas nécessairement meilleure que celle déjà
existante à l’égard des pays les plus industrialisés. Il faut aussi souligner
le développement de puissantes sociétés transnationales privées ou publiques du
Sud (Petrobras, Petronas, PDVSA, CNOOPC, pour ne prendre que le domaine
pétrolier).
Augmentation des dépenses d’armement
Sous l’impulsion
des Etats-Unis, une course à l’armement a repris en ce début de 21e siècle. Les
dépenses d’armement de Washington sont en forte augmentation et représentent la
moitié des dépenses mondiales. La Chine augmente de 18% ses dépenses d’armement
en 2007. Les Etats-Unis viennent d’octroyer d’énormes prêts bilatéraux à
certains de leurs alliés afin qu’ils leur achètent des armes. Une nouvelle
croissance de l’endettement public externe lié aux achats d’armes est à
craindre.
Quelles sont les conséquences de la nouvelle situation
internationale pour le CADTM ?
Pour le CADTM,
il s’agit
d’adapter son analyse à la
nouvelle réalité. Par exemple, dans le livre
50 questions / 50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale écrit
en 2002, les auteurs ont délibérément laissé de côté la dette publique interne.
Au moment où les auteurs réécrivent entièrement ce livre qui constitue un
ouvrage de référence
(14),
ils doivent donner toute son importance à la croissance de la dette publique
interne et à ses implications. De même, Eric Berr et François Combarnous, les
créateurs en 2005 de ratios alternatifs à ceux de la Banque mondiale pour
mesurer l’impact de l’endettement, devraient prendre en compte la situation
nouvelle pour adapter leurs instruments de mesure qui sont disponibles sur le
site de l’OID ( www.oid-ido.org ). Nous en
reparlerons lors du séminaire de l’OID qui aura lieu à Namur les 15-16-17
octobre 2007.
De même pour
tous ceux et celles qui se sont investis dans l’audit de la dette, il convient
de
prendre en compte le poids de la
dette publique interne. Les autorités équatoriennes l’ont bien compris. En
juillet 2007, le président Raphael Correa a créé une commission d’audit
intégral de la dette publique interne et externe. Le CADTM, Jubilé Sud, Eurodad
et Latindadd ont été directement associés aux travaux de cette commission
(15)
ainsi que 6 représentants des mouvements sociaux et citoyens équatoriens.
Il convient
aussi d’analyser
l’évolution de la dette
des entreprises privées car si on n’y prend garde, elle risque d’être injustement
mise à charge du Trésor public, son remboursement devenant une charge
supplémentaire pour la population.
Il s’agit
d’aller à l’encontre de l’idée selon laquelle la dette publique est sous
contrôle. Il faut
analyser les nouvelles
formes d’endettement et les nouveaux prêteurs.
En 2008, le
CADTM Belgique poursuivra l’effort entamé en 2007 sur l’audit de la dette de
l’Equateur, de la RDC, du Mali et d’autres pays où les mouvements sociaux
souhaiteront entreprendre un tel audit.
En 2008 également,
le CADTM développera une action d’audit des créances réclamées par les pays les
plus industrialisés à l’égard des pays du Sud, notamment à l’égard de
l’Equateur et de la RDC. Le CADTM réalisera ce travail en collaboration étroite
avec Eurodad, l’Observatoire de la dette dans la Globalisation, ATTAC-CADTM
Japon et tous les autres mouvements qui au Nord sont prêts à entreprendre ce
travail.
Vu l’importance
des
nouveaux prêts dans le domaine des
industries extractives, des mégaprojets énergétiques et dans les exploitations
forestières, vu les nombreux délits détectés par le CADTM et d’autres
mouvements citoyens, délits dans lesquels la Banque mondiale est parfois
impliquée directement, le CADTM poursuivra ses efforts pour que des poursuites
judiciaires soient engagées.
Par rapport à la
nouvelle architecture financière en construction, il faut veiller à ce que les
Banques du Sud en construction répondent
bien à des critères de démocratie et de transparence. C’est à dire un pays
= une voix ; justiciabilité de l’institution et de ses
fonctionnaires ; possibilité d’auditer les archives ; obligation de
rendre publiquement et régulièrement des comptes aux Parlements et à l’opinion
publique), que leur action permette de rendre applicables les traités internationaux
sur les droits humains fondamentaux en contribuant à améliorer les conditions
de vie des populations. Les bénéficiaires des prêts ou des dons doivent être
des entités publiques, des petits producteurs, des communautés. Les projets
soutenus par la Banque doivent être respectueux de l’environnement. La Banque
doit éviter au maximum de financer ses projets en faisant appel aux marchés des
capitaux. Avec d’autres campagnes dettes, en juin 2007, le CADTM a été à
l’initiative d’une lettre publique aux présidents des pays d’Amérique latine
qui s’unissent pour créer la Banque du Sud
(16).
Il convient de poursuivre cette interpellation et de suivre attentivement le
processus de construction de la nouvelle institution financière.
Les tâches sont
énormes, les défis sont gigantesques. Pour les relever, il s’agit de renforcer
les synergies et l’unité d’action entre toutes les organisations qui agissent
pour une solution juste au problème de la dette. Le réseau CADTM international
renforcera encore un peu plus la
collaboration
avec les autres mouvements qui agissent sur les problématiques de la
dette : Jubilé Sud, Eurodad, Latindadd, Afrodad et toutes les
organisations nationales qu’elles fassent ou non partie d’un réseau
international. Le CADTM contribuer à consolider l’Observatoire international de
la dette qui fournit à tous les mouvements un cadre de réflexion en commun.
Le CADTM
poursuivra ses efforts dans le cadre du Forum social mondial et de la
coordination mondiale des mouvements sociaux afin d’orienter résolument
l’action du mouvement altermondialiste vers des alternatives et des moyens
d’action adaptés aux défis de la dette et de toutes les formes d’oppression.