NOUVELLES DE MISSIONNAIRES

ST SIMON ET ST JUDE       

    28 octobre 2008

            Il y a une petite lumière allumée sur l’autel. Tous les spiritains ici présents ont deviné le sens de ce petit lumignon. Tous se souviennent que le 28 octobre 1839, en la fête de St Simon et St Jude, Mr Libermann, simple séminariste déjà âgé de 37 ans, maître des novices chez les Eudistes à Rennes a eu ce qu’il appelle lui-même « quelque petite lumière ».

De quelle lumière s’agit-il ? Dura l’été 1839, Mr Libermann était allé prendre quelque vacances à Issy les Moulineaux. Là, il avait rencontré ses anciens amis, Mr Le Vavasseur et Mr Tisserant tous deux séminaristes. Entourés de quelques autres séminaristes, ils lui exposent  leur projet commun de fonder une société de prêtres pour le service des esclaves des colonies françaises et pour travailler à l’abolition de l’esclavage. Puis, Mr de la Brunière, à qui est confié le projet, se rend à Rennes pour continuer la réflexion avec Libermann. Libermann écoute et conseille sans s’impliquer lui-même.

Mais le 28 octobre, il a comme une révélation. Il ressent un appel. Cette œuvre encore à venir, c’est là que Dieu l’appelle, et c’est pour cette œuvre qu’il l’a mis à part. Un mois après, le 1° Décembre, le temps de vérifier que cette lumière vient bien de Dieu, Libermann quitte Rennes ‘pour toujours’ comme il l’écrira à son frère Samson, pour se joindre à Mr de la Brunière parti présenter le projet à la Propagation de la foi à Rome. Comprenant que les populations africaines, laissées jusque - là à l’écart de la Parole de Dieu, et étrangères au salut apporté par le Christ, il était temps, comme il l’écrira plus tard, de créer une société de religieux au cœur tout donné aux Africains, « pour les sanctifier et en faire peu à peu, à la longue, un peuple de Dieu »(1). Ainsi eux aussi deviendront leur tour un temple saint, et par l’Esprit Saint versé dans leur coeur, la demeure de Dieu. 

         Que cette petite lumière qui a brillé dans le cœur des deux apôtres Simon et Jude, puis dans le cœur de Libermann, au jour de leur fête, brille maintenant dans nos cœurs et dans le cœur de tous ceux que le Christ appelle aujourd’hui pour travailler à la libération de tous les opprimés, tant en Europe qu’en Afrique ou ailleurs. Que d’esclavages dont les peuples ne sont pas encore libérés ! la crise financière que nous traversons nous montre bien à quoi nous conduisent ces esclavages : à la ruine ! Or, l’homme, créé à l’image de Dieu, membre de la famille de Dieu, vaut mieux que cela ! et il a mieux à faire que de travailler à sa ruine. Alors, courage à nous tous, membres du peuple saint. Travaillons, à la suite du Christ, des apôtres, de nos fondateurs et de tant d’autres, à la libération des cœurs, afin que tous ensemble, nous parvenions à la vraie liberté dans le Christ.
            Amen !



1- A la communauté de Dakar et du Gabon le 19/11/1847