Environnement
LE PNUE PROPOSE DE SUPPRIMER LES SUBVENTIONS AUX ENERGIES
FOSSILES POUR REDUIRE LES EMISSIONS
(1)
Dans
un rapport publié, le 26 août 2008, à l'occasion de la conférence
internationale sur le climat qui se clôture aujourd'hui au Ghana, le
P.N.U.E.(2)
propose de supprimer les subventions aux énergies fossiles afin de réduire
les Gaz à effet de serre (G.E.S.) et favoriser le développement des Mécanismes
de Développement Propres (M.D.P.).
Dans
le monde, près de
300 milliards de
dollars ou 0,7% du PIB mondial sont alloués aux subventions énergétiques
annuellement.
Selon
le rapport
''Reforming Energy Subsidies :
Opportunities to Contribute to the Climate Change Agenda'', la
Russie détiendrait le plus grand volume de
subventions avec un total de près de 40 milliards de dollars par an qui
sont principalement investis dans la réduction du prix du gaz naturel.
L’Iran
se classe en deuxième position avec 37 milliards de dollars alors que six pays
dépassent les 10 milliards de dollars en subventions : la Chine, l’Arabie
Saoudite, l’Inde, l’Indonésie, l’Ukraine et l’Egypte.
La
plus grande part de cet argent sert à
abaisser
ou réduire artificiellement le prix réel des combustibles comme le pétrole,
le charbon et le gaz, ou l'électricité issue des combustibles fossiles, explique
le PNUE.
La
suppression des subventions aux énergies fossiles permettrait de réduire les
émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 6% par an, tout en contribuant
à une augmentation de 0,1% du PIB mondial.
Les subventions aux énergies fossiles ne privilégient pas
les pauvres et l’environnement :
Les
subventions aux énergies fossiles sont des instruments mal adaptés qui
perpétuent des modèles économiques révolus et inefficaces - Achim Steiner.
Outre
les effets néfastes pour l'équilibre climatique, les auteurs du rapport notent
que les mécanismes de soutien des prix privilégieraient les classes supérieures
de la société plutôt que celles à faibles revenus.
Le
PNUE cite l'Inde où 1,7 milliard de dollars ont été investis en subventions de
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) au cours de la première moitié de 2008 pour
faciliter l'accès aux combustibles à des ménages pauvres et auraient profité
aux ménages à revenus plus élevés. Malgré l'inefficacité de la subvention, le
programme a été prolongé jusqu'à 2012, déplore le Programme.
Favoriser le
développement des M.D.P.(3)
plutôt que celui des énergies fossiles :
Le
rapport reconnaît également que certaines subventions ou mécanismes de soutien,
telles que les allégements fiscaux, les incitations financières ou autres
mécanismes de marché peuvent générer des bénéfices économiques, sociaux et
environnementaux comme les tarifs de rachat qui sont à l’origine d’une
révolution des énergies renouvelables dans certains pays comme l’Allemagne et
l’Espagne ou les Mécanismes de Développement Propres (MDP).
Alors
que les subventions aux énergies fossiles sont des instruments mal adaptés qui
perpétuent des modèles économiques révolus et inefficaces, le MDP est un
mécanisme de marché plus performant, qui
encourage
la transition vers une économie verte, a déclaré Achim Steiner,
Sous-secrétaire général des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE. Les
subventions actuelles en faveur du fossile
retardent
l’introduction des énergies renouvelables ou d’autres formes efficaces de production
d’énergie, en érigeant des barrières qui vont des transports en commun
jusqu’aux appareils économes en énergie, a-t-il ajouté.
Rappelons
que les Mécanismes de Développement Propres (MDP) ont été créés afin d'aider
les pays en développement à réduire leurs émissions de GES. 850 projets de MDP
ont été validés fin 2007 dont plus de 500 ont été développés en Asie
principalement en Inde et en Chine. 300 ont été enregistrés en Amérique
centrale et latine alors que l'Afrique ne compte qu‚une vingtaine projets.
D'après
Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur les
changements climatiques (CNUCC), la valeur totale des projets en Afrique
financés par le Fonds pour l'environnement mondial au cours des dix-sept
dernières années est de 378 millions de dollars, alors que la valeur des
projets à l'échelle du monde est de plus de 2,4 milliards de dollars.
Toutefois, à la veille de la clôture de la conférence d'Accra, le PNUE a
également présenté de nouvelles données sur la progression de projets MDP en
Afrique sub-saharienne. Pour la première fois depuis 18 mois, des projets MDP
ont vu le jour dans six pays : République démocratique du Congo, Madagascar,
Maurice, Mozambique, Mali et Sénégal, observe le Programme. Même si le nombre
de projets en Afrique reste bas quand on le compare aux 3.500 projets MDP
actuellement en cours dans le monde, une évolution est envisageable, a déclaré
le PNUE.
L’Afrique
devrait ici bénéficier de près de 230 projets MDP d‚ici 2012 à condition que
les gouvernements parviennent à un nouvel accord plus ambitieux sur le climat
en 2009. Ces projets devraient générer plus de 65 millions d'unités de
réduction certifiée des émissions, équivalents à un milliard de dollars selon
un taux moyen de crédit carbone de 15 dollars.
Sebastien
Godinot
Coordinateur des campagnes / Campaigns coordinator
finance@amisdelaterre.org
06 68 98 83 41
1- Actu-Environnement.com
27/08/2008
2- Programme des Nations
Unies pour l'environnement (P.N.U.E.)
3- Mécanismes de
Développement Propres