Organisations internationales; DETTE
LA
DOUBLE CRISE EUROPEENNE : FINANCIERE ET DEMOCRATIQUE (1)
La crise financière a atteint l'Europe, malgré les discours qui,
depuis un an, se voulaient rassurants, mais qui témoignaient d'un aveuglement
total sur ses causes et son ampleur.
L'intégration
financière a atteint un tel degré que toutes les banques et institutions
financières ont été mêlées à la bulle immobilière et ont participé à la
spéculation sur les titres hypothécaires. L'économie réelle est maintenant
touchée, puisque plusieurs pays membres de l'UE sont entrés en récession.
Dans l'urgence, le Benelux et la France sont obligés de
nationaliser Fortis et Dexia. Mais les dirigeants européens comprennent enfin
qu'il ne suffira pas de colmater des
brèches. Messieurs Trichet, Junker et le président en exercice de l'UE,
M. Sarkozy, en
appellent à la mise
en place d'un plan d'ensemble. Aussitôt, les contradictions de l'Europe
politique actuelle éclatent en plein jour. Mme Merkel oppose à ce projet
une fin de non - recevoir. Et l'absence de coordination conduit le Royaume-Uni
à garantir une partie des dépôts bancaires, tandis que l'Irlande annonce son
intention de garantir la totalité des dépôts au sein des banques irlandaises
seulement.
Voici donc venu le moment où se
révèle l'impasse de la construction européenne néo - libérale. En
ayant inscrit le principe de circulation des capitaux sans entraves dans tous
les traités Européens et en ayant dérégulé et libéralisé systématiquement, l'UE
se préparait à subir de plein fouet la tempête financière. D'autre part, en
ayant fait de l'UE une construction non - démocratique, confiée à une armada de
politiques et de technocrates inféodés à l'idéologie du marché et incapables de
penser autrement qu'en termes de concurrence des marchands et jamais en termes
de coopération entre les peuples, aucune autorité politique démocratique n'est
aujourd'hui en mesure de parer la plus grave crise depuis l'entre-deux guerres.
C'est donc la double crise :
-
Parce que l'UE a été insérée dans le
gigantesque Maelstrom de la financiarisation mondiale, et
-
Parce qu'elle est une entité non
démocratique, elle est aujourd'hui en panne.
L'association ATTAC, que l'on avait accusée de jouer les
Cassandre, tant contre la mondialisation libérale que contre les traités
européens anti-démocratiques, redit encore l'urgente nécessité de mettre un
terme à la logique financière. Elle appelle les citoyens, en ces jours porteurs
de tous les dangers pour l'économie, la société et la démocratie, à se
mobiliser pour que soient mises en œuvre immédiatement des mesures qui
empêchent le retour des crises, notamment par un
nouveau partage de la richesse en faveur des salariés et non plus des
actionnaires :
-
Remise dans le secteur public des
principaux pôles du secteur bancaire au sein de l'UE ;
-
Limitation drastique des flux de
capitaux par la taxation des transactions financières ;
-
Fermeture d'urgence des paradis
fiscaux et des marchés à terme en attendant la mise en place d'un contrôle très
étroit ;
-
Imposition très progressive des
revenus du capital pour que les spéculateurs soient les payeurs ;
-
Arrêt des réformes dites
structurelles du marché du travail, de la protection sociale, retour sur la
privatisation des services publics ;
-
Action de l'UE pour que se tienne
une conférence internationale sous l'égide de l'ONU et non pas du G8.
Le 15 octobre, toutes les ATTAC d'Europe rendront public
l'ensemble de leurs propositions pour sortir de la crise.
Contacts presse :
Jean-Marie Harribey : 06 85 71 25 82
Dominique Plihon : 06 82 22 27 11
Jacques Cossart : 06 70 28 21 60
1- Article publié le
2/10/2008 Attac France