AFRIQUE : Burkina-Faso
L'HEURE EST VENUE POUR LES ORGANISATIONS PAYSANNES DE
S'APPROPRIER L'OUTIL INTERNET !
ABC Burkina n° 297
En moins de 15 jours,
j'ai reçu plusieurs e-mail en provenance de
membres d'organisations paysannes. Ces courriers contenaient tous
des informations pertinentes. C’est ainsi que le 29 août, un membre de l'Union
des mini laiteries écrivait :
« J'ai entendu une information qui
touche notre filière lait. Je vais la partager avec vous, même si nous
n'avons aucune solution dans l'immédiat! Ce matin sur les antennes de la radio
savane FM, il y avait un communiqué informant le public que des conteneurs de
produits laitiers étaient arrivé dans le port de Lomé à destination du Burkina. Il s'agirait de lait en poudre, et de lait
dans d'autres conditionnements. Ces produits seraient moins chers que ceux
importés ces derniers mois.... Donc vigilance pour l'Union ! ! »
Au
même moment, je recevais un courrier électronique du Secrétaire général de la
Chambre d'agriculture de Tenkodogo (à l'est de Ouagadougou) m'annonçant que sa
chambre d'agriculture est maintenant connectée à Internet, et donc que le
moment est venu de renforcer notre collaboration. C'est ce que nous avons
commencé à faire, mais de cela je vous parlerai prochainement.
Enfin,
hier, de retour d'un voyage d'étude au Sahel, en compagnie de quelques éleveurs
de Koudougou, je lis ce message : Informations sur la situation à Bama par
Abdoulaye Ouédraogo, Président de l'Union des coopératives de Bama. «
Le riz se porte bien. Nous sommes au stade
de tallage et montaison; ceux qui ont devancé le calendrier agricole sont déjà
en récolte. Le riz se vend bien aussi
car à nos jours la boite de riz étuvé coûte 750 francs cfa et le riz blanc à
850 francs cfa la boite de 2 kg, et c'est du jamais vu. Les producteurs sont
contents et souhaitent que ce prix soit maintenu pour leur permettre de
renouveler leurs équipements agricoles, de subvenir aux besoins de leurs
familles et de vivre de leur travail, pas plus ! Les étuveuses font donc
de bonnes affaires actuellement ainsi que les producteurs ».
Les récoltes aussi s'annoncent bonnes car
nous avons prévu un rendement de 8 tonnes à l'hectare. Mais nous risquons de ne
pas pouvoir atteindre ce rendement à cause de l'arrivée tardive des intrants
agricoles (surtout l'urée qui a commencé à arriver rien que hier, 5
septembre).
Je vous rappelle que l'Etat a pris en
charge l'approvisionnement des intrants, mais nous recevons des quantités
insuffisantes et qui arrivent en retard. La raison est que cette décision a été
prise en début de saison alors qu'il n'y a pas d'usine de production d'engrais
au Burkina Faso. Il faut donc passer par la Côte d'ivoire ou le Ghana . Retenez
aussi que la ville de Bama a pu échapper à une inondation le mercredi 3
septembre et il n'y a pas d'inquiétude. Je vous remercie. »
Comme
le note celui qui m'a transmis ce dernier message, «
il me semble que c'est un très
bon exemple d'utilisation des moyens de communications et qu'il permet de
voir ce que pourrait être la force du réseau des OP pour remonter
des informations utiles. C'est court, ne demande qu'un temps limité et cela va
être utile aux différentes équipes qui travaillent avec les riziculteurs, avec
les étuveuses, ou à d'autres qui, comme la CPF, devront faire un bilan des
actions de l'Etat à la fin de la campagne. »
Koudougou, le 12
septembre 2008
Maurice Oudet
Président du SEDELAN