AFRIQUE - Burkina-Faso
VISITE AU
NIGERIA, LE PAYS DES IGNAMES ! DES
TUTEURS POUR LES IGNAMES!
ABC 351
Je rentre d’un bref séjour
au Nigeria. Quelques jours à Osogbo, et deux jours à Ibadan. Ces deux jours à
Ibadan m’ont donné l’occasion de visiter l’Institut International d’Agriculture
Tropicale (International Institute of Tropical Agriculture, IITA, d’Ibadan).
Une visite trop brève, mais très intéressante. Il s’y fait de nombreuses
recherches très concrètes qui méritent d’être davantage vulgarisées, notamment
celles sur la culture des ignames.
L’igname (yam en anglais, ñame en
espagnol et dioscorea pour les scientifiques) est
très répandue dans les régions tropicales bien arrosées (plus de 1
500 mm de préférence) comme le sud du Burkina ou le Nigeria, premier producteur
du monde (plus des 2/3 de la production mondiale qui s’élève à 40 millions de
tonnes). L’igname est une plante herbacée à tige volubile qui est cultivée pour
ses tubercules. Ces tubercules pèsent le plus souvent entre 3 et 5 kg, mais
peuvent atteindre 15 kg pour certaines espèces.
À noter que de bonnes
pratiques
de conservation permettent de
disposer d’igname toute l’année, et donc aux producteurs d’augmenter ses
bénéfices en les vendant aux meilleurs prix.
En faisant le tour de
l’immense domaine de cet Institut à vocation international, j’ai été frappé par
un joli champ d’ignames. Ce qui m’a impressionné, c’est de voir que chaque
plant d’igname profitait d’un tuteur. Et notre interlocuteur nous a dit que
grâce à ces tuteurs, la production peut
passer de 20 tonnes à l’hectare à 40 t / ha. Même si ailleurs, par après,
j’ai lu que l’introduction de tuteurs dans la culture des ignames permettait
d’augmenter les rendements de 50 %. Cela reste tout à fait intéressant ! Il
faudra aussi, très certainement augmenter la fumure organique. On recommande
souvent un apport de 15 à 20 tonnes de fumier bien décomposé à l’hectare. On
estime le plus souvent qu’en condition de culture traditionnelle sans engrais,
la production est « faible » : 12 à 15 tonnes à l’hectare. Dans le «
Memento de l’Agronome » (Edition La
Documentation Française) on peut lire : «
les
rendements sont de l’ordre de 20 t/ha, mais peuvent facilement doubler avec de
bonnes conditions culturales. L’utilisation de tuteurs fait certainement partie
de cette bonne pratique ». Mais son importance varie selon les
espèces. Les espèces précoces seraient celles qui en profitent le plus.
À Ibadan, les chercheurs
organisent de nombreux stages au profit des paysans. Ils peuvent en organiser à
l’extérieur, comme au Burkina. Mais la demande doit venir du gouvernement ou
d’un institut de recherche officiel. Les organisateurs de la fête de l’igname
de Léo (au sud du Burkina) pourrait s’intéresser à l’organisation d’un tel
stage dans leur agglomération.
Koudougou, le 22 octobre 2009
Maurice
Oudet Président du SEDELAN