Environnement

CHANGEMENT CLIMATIQUE : ÇA CHAUFFE POUR LES PAYS DU SUD ! NE LAISSONS PAS 50 ANS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE PARTIR EN FUMEE !


Sans action forte et rapide de la communauté internationale, et en particulier de la France, lors de la conférence de l’ONU sur le climat en décembre prochain, les progrès accomplis depuis cinquante ans en faveur du développement seront menacés.

Signez l'appel pour Copenhague
Aux côtés de dix autres ONG françaises, Oxfam France - Agir ici est signataire de l’appel « L’Ultimatum climatique »(1) qui demande à Nicolas Sarkozy de s’engager en faveur d’un accord historique à Copenhague. Objectif : 1 million de signatures pour le climat !

Dans le cadre de cette coalition, Oxfam France - Agir ici lance pour la première fois une campagne pour attirer l'attention sur les enjeux des dérèglements climatiques pour les pays du Sud. Ceux-ci font d'ores et déjà des millions de victimes et affectent directement le travail que nous menons dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la prévention des conflits.

Copenhague, une occasion historique :

Voir un clip à  oxfamfrance.org


Catastrophes naturelles, pénuries d’eau, sécheresses, maladies : le changement climatique est une réalité dont les effets sont déjà visibles pour des millions de personnes à travers le monde, essentiellement dans les pays pauvres.
Malgré la signature de traités internationaux tels que le protocole de Kyoto, la planète se réchauffe au-delà du seuil de variabilité naturelle du climat. Si nous ne faisons rien, ce réchauffement pourrait atteindre 4 °C d’ici à 2100. Les conséquences sociales et écologiques seront irréversibles.

La conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain réunira les chefs d’état et de gouvernement de 192 pays pour une occasion historique de changer la donne. Ils devront répondre à l’urgence de la situation et aux nouvelles données scientifiques, avec comme ultime priorité de maintenir l’augmentation de la température mondiale sous la barre des 2 °C par rapport à 1850, en s’accordant sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) résultant de l’activité humaine.

La responsabilité des pays riches :
Les pays riches, pollueurs historiques et principaux émetteurs de GES, portent une double responsabilité : celle de cesser de nuire, en réduisant dès maintenant et drastiquement leurs émissions ; celle d’aider les pays pauvres, en finançant les coûts auxquels ceux-ci doivent déjà faire face pour s’adapter aux conséquences du changement climatique et limiter leurs propres émissions.

Les pays industrialisés doivent admettre la profonde injustice au coeur du changement climatique : les populations les plus vulnérables du monde sont les principales victimes du réchauffement de la planète, alors qu’elles en sont les moins responsables et ne disposent pas des moyens techniques, humains et financiers pour s’y adapter. Ils doivent reconnaître et prendre leurs responsabilités à l’égard de ces pays pour lesquels le changement climatique est un fardeau supplémentaire dans la lutte contre la pauvreté.

La France doit prendre la tête de ce combat, au niveau mondial, européen et national. C’est pourquoi, à travers cette campagne, nous interpellons le président de la République, Nicolas Sarkozy, le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, ainsi que les députés français afin qu’ils se saisissent de l’urgence de la situation et mettent tout en oeuvre pour honorer notre « dette écologique » envers les pays pauvres.

Le véritable coût du changement climatique ne se mesurera pas en euros, mais en vies humaines. Le compte à rebours a commencé :

L'ultimatum climatique, l'appel pour la conférence de Copenhague (2)

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait, il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ». Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague.

Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009. Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles. S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain.

Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : Les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ».

Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie. L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique.

De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire. Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroître. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en - dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée.
Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique. Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés.
Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales. Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat.

Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.


1- En fin de document et visible sur http://www.copenhague-2009.com/appel
2- Serge Orru, WWF-France Pascal, Husting, Greenpeace France François, Danel, Action contre la Faim Olivier, Braunsteffer, Care France Souhayr, Belhassen, FIDH Nicolas, Hulot, Fondation Nicolas Hulot Anne, Bringault, Les amis de la terre Michel, Bruguière, Médecins du Monde Luc, Lamprière, Oxfam France Agir Ici Sandrine, Mathy, Réseau Action Climat Michel, Roy, Secours Catholique