Justice et Paix : THEMES GENERAUX
- Souveraineté alimentaire



Pour une agriculture préservant la vie(1)


       De plus en plus, on commence à reconnaître de par le monde que la nature travaille en cycles, que le devenir et la disparition sont ses principes et pas uniquement le devenir. La croissance jusqu’à la mort de l’hôte, c’est le cancer. Rien n’est amassé, sans être de nouveau répandu. La mentalité de jette-tout est une faiblesse par trop humaine. La nature ne jette rien. Tout est réutilisé et de nouveau intégré dans le cycle de la mort et de la vie. Et avant tout: la nature prend son temps, ne veut pas tout atteindre en un instant.

       Les êtres humains ne veulent plus être conduits à l’étal par les propriétaires de capitaux, mais ils se tournent vers le processus écologique qui inclut en même temps la justice sociale et la politique de paix. Le monde a pris connaissance des dangers: le gaspillage de l’énergie, la catastrophe climatique, la destruction des ressources, la destruction du capital, le génie génétique, la dictature, le terrorisme, les guerres, les armes de destruction massive, le mensonge, la manipulation.

       L’agriculture industrielle est également un excès du capitalisme. Le concept opposé est la culture écologique internationale. Au milieu des années 80, la France s’est profilée comme premier fournisseur européen de produits bio, mais a depuis été dépassée de loin par le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Suède. En Europe, l’Italie prend la première place en ce qui concerne la production de produits écologiques. Particulièrement l’Italie du Sud et les îles de la Sicile et de la Sardaigne se sont spécialisées dans l’agriculture écologique, pendant que le traitement a lieu principalement en Italie du Nord. Les produits sont vendus en nombre croissant dans les magasins bio et pour 25% dans les supermarchés. […]

       Le but des agriculteurs de produits écologiques est bien sûr de ne pas les offrir seulement à une couche de population aisée, mais à tous. Cela implique que les produits issus de l’agriculture écologique soient fabriqués en grande quantité. L’approvisionnement régional avec des aliments sains par la commercialisation directe ou la commercialisation communautaire ainsi que la coopération avec les traiteurs régionaux – les boulangers, les bouchers, les gastronomes – qui proposent également des aliments régionaux pour la région.

       Au lieu de se résigner, les consommateurs devraient enfin réagir: Bruxelles ne peut plus garantir notre santé – alors achetons bio! La vision consiste en une agriculture écologique généralisée en Europe, afin d’empêcher l’industrialisation et la détérioration de notre nourriture par les Etats-Unis. Celles-ci ne produisent que des gens malades, mourant avant l’heure.

       L’alternative à l’élevage d’animaux à base de médicaments est tout à fait concevable: de renoncer à l’engraissement à l’aide d’antibiotiques et de piqûres d’hormones implique une adaptation en vue d’un élevage plus large et plus approprié à l’espèce, sinon le bétail parqué est trop sensible à une contagion. La transition exige plusieurs années, mais des experts suédois – en Suède, l’utilisation d’antibiotiques lors de l’engraissement des animaux est interdit depuis 1989 – ont calculé que les coûts du renoncement à l’engraissement rapide sont modérés. Ils ne s’élèvent qu’à un à deux cents par kilo de viande. […]

       La recherche biophotonique a contribué de manière importante à la distinction scientifique entre produits biologiques et non - biologiques. (Les physiciens nomment les plus petites particules de la lumière, les photons. Et comme «bio» signifie vie, ils ont donné à la lumière émanant de cellules vivantes le nom de bio - photons.) Le physicien des quanta allemand, Fritz-Albert Popp, a décrit de la manière suivante l’importance fondamentale des jeux de lumière fascinants au sein des cellules vivantes: «Les biophotons sont des porteurs d’informations. Ils veillent à ce que dans une plante, comme dans tous les êtres vivants, donc aussi chez l’homme, chaque cellule sache simultanément tout ce qui se passe dans l’organisme. Les biophotons guident tous les processus vitaux et informent dans le but de la coordination toutes les cellules à la vitesse de la lumière. Le rayonnement biophotonique vient de la DNS, qui se trouve dans chaque cellule.» […]
 
       Une richesse inépuisable, une diversité infinie: voilà ce qu’est la vie. Et la vie vient de la lumière. Les biophotons sont la lumière de la vie. La photosynthèse, le plus efficace des capteurs solaires, est la source d’énergie des plantes et ainsi également la base vitale de tous les animaux et êtres humains. Et Fritz-Albert Popp de déclarer: nous «tétons la lumière». Mais la lumière est aussi une source d’information indispensable. La manière dont les plantes se comprennent entre elles au moyen de la lumière, a été décrite de façon fascinante dans l’ouvrage «Der Ruf der Rose – Was Pflanzen fühlen und wie sie mit uns kommunizieren(2)»  de Dagny et Imre Kerner (Kerner, Kerner, 1994). Si les feuilles d’un arbre sont abîmées, par exemple par des insectes ou du bétail de pâturage, l’arbre amène ses congénères qui se trouvent dans les environs à produire des anticorps. Cela n’est expliquable que si l’on admet que la lumière produite dans les cellules de tous les êtres vivants transmet l’information.
       Le rayonnement des biophotons n’est mesurable de manière exacte que depuis environ 15 ans, lorsqu’il a été possible de compter les quanta de lumière individuellement. Des rayonnements de lumière ultra faibles émanant des cellules se trouvent également dans tous les aliments. Cette méthode a déjà très tôt été testée avec succès sur des céréales, des légumes et des œufs. Les scientifiques expliquent qu’elle donne aussi une indication de la qualité de la viande. Les protecteurs d’animaux et les consommateurs ont tout à espérer obtenir un procédé de contrôle efficace qui exclut les astuces et la duperie en ce qui concerne les produits biologiques. […]

       Même des groupes internationaux tirent aujourd’hui leurs conséquences de ces recherches: Hoffman-La Roche teste la qualité des aliments avec des biophotons. Si on examine par exemple des carottes destinées à la nourriture pour bébé, il s’avère rapidement si elles ont été traitées avec des pesticides. La lumière émise change considérablement.
       La recherche biophotonique correspond à l’approche avec la méthode globale en médecine et dans d’autres sciences: ce ne sont justement pas toujours les substances actives que l’on peut analyser dans les laboratoires et synthétiser dans les cornues. Il existe des oscillations qui séparent le bon grain de l’ivraie. Que ça soit de l’eau activée ou des médicaments homéopathiques: les physiciens ont ici aussi livré les contributions décisives en découvrant, qu’il n’existe pas que la pure chimie.
       Une vache, qui broute l’herbe d’une prairie d’alpage ensoleillée et riche en herbes médicales, donne un autre lait qu’une vache qui n’a jamais vu de pâturage et qui mange seulement de la nourriture ensilée. Une bête, qui bouge beaucoup sur le pâturage, se comporte différemment dans des situations stressantes et surmonte mieux son stress qu’une autre qui doit toujours rester à l’étable. Cela a également des effets sur la qualité de la viande – même mesurable conventionnellement selon son degré d’acidité. Un bœuf nourrit contrairement à sa nature au moyen d’engrais issus de cadavres d’animaux, et amené à vitesse accélérée à son poids d’abattage, a une autre viande que le bovin de pâturage. Une poule élevée en plein air, qui reçoit de la nourriture biologique de la ferme, donne une viande de meilleure qualité, pond de meilleurs œufs que sa pauvre voisine élevée en cage. On parle plutôt en plaisantant de «poules heureuses», de «vaches heureux», mais ce n’est pas une blague. Le bonheur a tout naturellement aussi une forte influence positive sur la santé des animaux, comme le malheur et le stress ont des effets négatifs. Un animal en bonne santé et un sol sain livrent justement des produits sains.
       Ce que les êtres humains de plus en plus urbanisés ne savent plus, c’est que le sol vit. Ce qu’ils oublient, c’est que le sol, tout autant que l’eau et l’air, est la base de la vie.     •




1- Tiré de: Wolfgang Hingst, Paradies oder Weltuntergang, page 280 ss. (Traduction Horizons et débats)
2- L’appel de la rose – ce que les plantes ressentent et comment elles communiquent avec nous

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