"Lait :
ne tarissons pas la source africaine !" :
nouvelle campagne
du CFSI
Le
Comité français pour la solidarité internationale (CFSI) lancera sa nouvelle campagne le 12 octobre prochain.
Sensibiliser l’opinion publique et interpeller le gouvernement français sur sa
part de responsabilité dans les causes de la crise de l’agriculture africaine à
travers l’exemple de la production laitière sont les objectifs de cette
campagne soutenue par Coordination SUD.
Chaque année, la faim progresse. Elle
touche aujourd’hui 852 millions de personnes et tue 6 millions d’enfants !
80 % des victimes de la faim sont des paysans et leurs familles. Si les causes
sont multiples, l’Union Européenne et la France portent une part de
responsabilité. Les citoyens français peuvent et doivent interpeller leurs
dirigeants.
La production
laitière en Afrique illustre parfaitement les causes de la crise de
l’agriculture africaine.
Au Mali, au
Sénégal, au Kenya ou en Tanzanie, le lait est un aliment de base pour la
population. Pourtant la production locale est rarement suffisante pour
répondre à la demande. Ce secteur pourrait donc se développer, créer des
emplois et ainsi contribuer à éradiquer la faim et la pauvreté dans les zones
rurales. Au manque de volonté politique des gouvernements africains, s’ajoutent
les politiques françaises et européennes qui :
-
Poussent les pays africains à ouvrir leurs marchés
aux produits agricoles européens qui viennent concurrencer leurs propres
productions. C’est le cas, notamment, des négociations d’Accords de
partenariat économique (APE) qui entrent dans une phase cruciale puisqu’elles
doivent en principe se conclure le 31 décembre 2007 ;
-
Réduisent drastiquement leur aide au développement en
faveur de l’agriculture africaine depuis 20 ans.
En 2007, la chute de la production mondiale
de lait provoque une flambée des cours. Les consommateurs de Dakar ou de
Bamako s’inquiètent : va-t-on encore trouver du lait ? Et à quel
prix ? Cette situation
illustre les
risques d’une dépendance excessive par rapport aux importations. La hausse
des prix du lait en poudre importé devrait bénéficier aux éleveurs africains et
encourager la production locale. Mais pour combien de temps ? Les cours
peuvent s’effondrer à nouveau dans les prochaines années. Il est donc essentiel
que les Etats africains se voient reconnaître le droit de protéger leur
agriculture dans les accords commerciaux internationaux (APE…). Ils doivent
accroître l’aide au développement de l’agriculture et en améliorer la qualité,
comme le demandent les organisations paysannes africaines. Il est important que
la France et l’Union européenne les soutiennent dans cet effort.
C’est pourquoi,
le CFSI, dans le cadre d’ALIMENTERRE, lancera la campagne
« Lait : ne tarissons
pas la source africaine ! » le 12 octobre prochain, en
présence de 4 professionnels de la filière laitière venus spécialement du
Mali,de Madagascar, du Niger et du Sénégal, afin d’apporter leurs témoignages.
À cette occasion, une pétition demandant au gouvernement français de respecter
le droit les pays africains à protéger leur agriculture, dans le cadre des
négociations commerciales internationales sera diffusée. Il leur sera également
demandé d’accroître et d’améliorer son aide publique au développement de
l’agriculture africaine.
À partir de
cette date, la campagne sera relayée dans toute la France par plus de 200
associations. Elle prendra la forme d’animations destinées à sensibiliser et
mobiliser l’opinion publique (marchés alimentaires et solidaires, cycle de
projections, expositions, conférences, débats, etc.).
Plus
d’informations et pétition en ligne sur le site du CFSI : www.cfsi.asso.fr/netkali/CFSI.aspx ?IdItem=63&IdDoc=139
Publié le vendredi 17 août 2007.
Auteur : Sandrine Auneau Coordination SUD
(1)