Comprendre pour sortir de
l’impasse :L’Afrique incomprise
19 août 2007 par Damien Millet
(1)
Les incompréhensions
concernant l’Afrique sont multiples, le dernier discours de Nicolas Sarkozy à
Dakar en apporte une preuve éclatante
(2).
Dans les pays riches,
ces malentendus
sont souvent véhiculés par des médias officiels qui devraient avoir pour but
d’ouvrir les yeux des citoyens sur des différences à propos desquelles il y a
tant à apprendre, notamment sur une autre façon de concevoir le monde et la
relation à autrui. Mais l’existence de cette autre vision du monde est
dérangeante quand on veut accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la
logique actuelle. Il est fondamental d’ouvrir les yeux sur l’Afrique, sans
l’idéaliser, sans la mépriser, sans la dénaturer, mais en la respectant.
Smithologie ?
Stephen Smith,
pour ceux qui l’ignorent, a été responsable Afrique du journal français
Le Monde , journal de référence s’il en
est. Il est donc un responsable éminent de l’information sur l’Afrique en
France. Il a publié un livre intitulé
Négrologie(3)
qui a eu l’insigne honneur de recevoir le Prix du livre d’essai France
Télévisions 2004. On se dit alors qu’il ne peut être fondamentalement mauvais.
Pourtant il l’est.
L’idée-force de
cet ouvrage est exprimée dès l’introduction : «
Pourquoi l’Afrique
meurt-elle ? En grande partie, parce qu’elle se suicide. » Selon lui, tous ceux qui
défendent une quelconque authenticité africaine sont complices. Ce sont eux
qu’il appelle négrologues.
Très tôt dans
son livre, Smith pourfend tous ceux qui pensent que l’Afrique a une place
particulière dans le monde et est porteuse de valeurs qu’elle doit s’efforcer
de préserver : «
En dépit des
circonstances atténuantes, que l’on peut lui reconnaître, l’afro-optimisme est un crime contre l’information. On n’a ni le
choix ni le droit. [...] L’Afrique au singulier existerait seulement en tant
qu’abstraction, à l’instar de l’Europe, si le continent au sud du Sahara ne
s’était pas abîmé dans de multiples catastrophes, affligé de nombreux fléaux,
victime de lui-même. [...] Depuis l’indépendance, l’Afrique travaille à sa
recolonisation. Du moins, si c’était le but, elle ne s’y prendrait pas
autrement. Seulement, même en cela, le continent échoue. Plus personne n’est
preneur . »
Au fil des
pages, en s’appuyant sur un pseudo - raisonnement à l’emporte-pièce, perce une
haine rampante qui se pare de condescendance.
Selon Smith, le monde occidental est la référence absolue et tout se
mesure à l’aide de cette jauge. Il ne peut envisager que l’on refuse
l’ordre établi par les pays riches : «
A-t-on le droit de s’interroger sur "les capacités
institutionnelles de l’État postcolonial", alors qu’il n’y a guère un
aéroport en Afrique qui soit convenablement administré, plus de services postaux
qui fonctionnent, que la distribution d’eau et d’électricité a dû être confiée,
presque partout, à des groupes étrangers, toujours les mêmes, ces nouvelles
"compagnies concessionnaires" ? Enfin, sur un continent qui n’a
inventé ni la roue ni la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde
toujours à pratiquer la culture irriguée, même dans les bassins fluviaux, les
coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec leurs
homologues africains, ils ont eu le malheur d’évoquer le "retard" de
l’Afrique ? »
L’Afrique
n’est pas en retard, Monsieur Smith, elle est dominée. Et les
enfants
d’Afrique ne se complaisent pas dans ce rôle de dominés, ils se débattent,
souvent brillamment, ils imaginent, ils inventent, ils subissent, ils
« débrouillent »… Mais le propos de Smith est-il vraiment surprenant
quand on sait qu’il a commis en 1994 un autre livre au titre évocateur et
insupportable :
L’Afrique sans
Africains ?
Inégalité et différence
Pour ne pas être
accusé de prôner l’inégalité des races,
Smith
prend les devants… sans oublier d’ajouter quelques commentaires sympathiques
comme des lames de couteaux : «
Qu’est-ce
à dire ? Que "les" Africains sont des incapables pauvres
d’esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement, leur civilisation matérielle, leur
organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au
développement, au sens littéral de ce terme dérivé du verbe latin volvere
pour désigner des pays qui "tournent". L’Afrique ne tourne pas parce
qu’elle reste "bloquée" par des obstacles socioculturels qu’elle
sacralise comme ses gris-gris identitaires. Le succès de ses émigrés en est la
meilleure preuve a contrario : ceux
qui parviennent à s’échapper de l’Afrique réussissent en règle générale fort
bien, et d’autant mieux qu’ils s’arrachent à la sociabilité africaine . »
La civilisation matérielle est le summum des critères pour Smith, et en cela,
la façon d’être de nombre d’Africains est un obstacle.
Une seule issue donc pour l’Afrique de Smith : s’intégrer à la
mondialisation néolibérale et consumériste, accepter les volontés de ses
oppresseurs, se perdre pour leur ressembler, même si la planète ne pourrait
supporter bien longtemps un mode de vie universel calqué sur celui des pays
riches d’aujourd’hui.
La solidarité
objective entre les riches des pays les plus industrialisés et ceux d’Afrique
est bien visible pour qui analyse le système actuel et cette colonisation
subtile via la dette, mais pour
Smith,
rien ne différencie un Africain d’un autre Africain. Il n’ausculte pas, il
ne parle qu’en terme simpliste d’opposition
Nord/Sud, il frappe à l’aveugle : «
D’où un sentiment d’impuissance toujours renouvelé chez nombre
d’Africains, qui ne demandent qu’à croire à la conspiration permanente d’un
Occident bien connu pour sa "duplicité", son "cynisme", ses
"coups fourrés". C’est là le vocabulaire, passablement paranoïaque,
de toute une série noire d’ouvrages sur l’Afrique qui, avec au moins une
décennie de retard font leur fiel des "scandales" imputés à l’Occident,
alors que celui-ci s’est retiré du continent sur la pointe des pieds, sans même
payer son ticket de sortie pour les abus réellement commis, du temps de son
hégémonie incontestée. Mais comme il s’agit seulement d’ "accrocher"
les pouvoirs occidentaux, le feu sacré de l’indignation ne brûle pas au sujet
de la criminalisation de beaucoup d’États du continent, des trafics d’armes, de
drogues ou d’êtres humains sans connexion blanche, de l’interventionnisme
militaire des nouvelles puissances régionales, telles que le Rwanda, l’Angola,
le Nigeria, des guerres hors conventions, des exactions commises à l’égard
d’opposants, des massacres d’Africains par d’autres Africains . » Et
c’est tout pour Smith, pas de militaires français pour former les génocidaires
rwandais, pas de Total pour faire perdurer la guerre en Angola, pas de pétrole
ou de diamants achetés par des puissants au Nord qui permettent aux exactions
de se poursuivre… Pourtant, les pays africains n’ont pas le monopole des
exactions contre des opposants, toute l’actualité le démontre. Il n’y a donc là
aucun rapport avec une certaine identité africaine.
Quand on en est réduit à parler de « massacres d’Africains par d’autres Africains », c’est qu’à
coup sûr, la grille de lecture n’est pas la bonne. Il se trouve que
certains d’entre eux sont armés par des grandes puissances qui y ont intérêt,
et que les autres subissent aussi bien les exactions que l’ajustement
structurel et la pauvreté.
La décolonisation seulement apparente,
les manœuvres des anciennes métropoles pour rester aux commandes sans en avoir
l’air, les compromissions des dirigeants servant ce but, furent des bombes à
retardement. Le chaos a ses causes précises. Les anciens tuteurs au Nord ont
une part importante de responsabilités. Il ne faut surtout pas croire que le
jour où le dernier gouverneur français est parti d’Afrique, tout est redevenu
comme si la France n’avait jamais pris le contrôle de pans entiers du
continent. Les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.
Mais Smith accuse l’Afrique de tous les
maux : «
Privée de sa
"rente" géopolitique, incitée à se hisser au niveau du reste du monde
en matière de libertés publiques et de gestion d’État, l’Afrique s’est livrée à
des violences inouïes, moins à l’encontre de ses anciens "tuteurs",
souvent hors de portée, que contre elle-même. En vingt ans, un continent
"bon enfant" que des hippies attardés traversaient en auto-stop sans
la moindre crainte s’est transformé en une zone largement interdite, une jungle
sans foi ni loi avec des clairières surprotégées, réservées aux expatriés.
Crime inconnu dans le temps, nombre de "Blanches" y ont été violées,
un geste vengeur que les ambassades occidentales tentent d’isoler comme un
mauvais germe en étouffant le "scandale". Mais, surtout, l’Afrique s’est automutilée, s’est
abandonnée à l’ultime chantage du faible : le suicide. À quel point
faut-il être hors de soi, aliéné à ne plus se reconnaître, pour se grimer et
s’affubler de perruques, pour abattre, brûler vifs ou écharper à coups de
machette des hommes, femmes et enfants ? » Ainsi décrit, le viol
semble s’être progressivement inscrit dans la culture africaine… Monsieur
Smith, l’Afrique est un des territoires du système capitaliste et les peuples
africains y sont mutilés et opprimés avec la complicité des dirigeants du Sud.
Il ne s’agit pas d’une automutilation. Les coups portés le sont par des
puissants, au Nord et au Sud, que vous servez ou que vous couvrez.
Génocide de la pensée
Après le viol, le
génocide est une seconde nature pour l’Afrique que croit connaître Smith, l’Afrique de son invention pour
alimenter ses cauchemars :
« [Patrice
Nganang] fait cette remarque dans un court texte, titré "La dernière
station de l’imagination africaine", où le Rwanda est présenté comme le
terminus d’une pensée qui se résume dans des concepts tels que
"essentialisme", "négritude", "africanisé"... La
prolifération de la thématique "génocidaire" partout au sud du Sahara
donne, hélas, raison à Patrice Nganang : la pensée identitaire, la plupart
du temps "tribale" en Afrique, cherche son ultime preuve d’existence
dans la négation absolue de l’Autre qu’est le meurtre de masse . » Il
ne lui traverse pas l’idée dans ce livre que la manipulation du clivage
Hutu/Tutsi au Rwanda par le colonisateur belge puisse être pour quelque chose
dans le génocide de 1994…
Et il oublie
d’écrire clairement que le génocide n’est absolument pas une spécificité
africaine, il ne rappelle pas le lourd passé de
certains Européens dans ce domaine, de l’Inquisition à la Shoah, des
« Indiens » d’Amérique à la Bosnie, pour n’en citer que
quelques-uns. Il est des non-dits coupables dans des sujets aussi sensibles que
celui-là…
Jusque là
latent, le racisme anti-africain de
Smith
s’affirme alors, odieusement : «
Comme
le dit, avec son inimitable acidité, Yambo Ouologuem : " Quant au
Noir, lorsqu’il devient un individu, c’est un type brillant
." Mais en tant que membre d’une
collectivité, que sait-il faire d’utile ? [...] La "fuite des cerveaux" prive l’Afrique de sa sève, seul
reste le bois mort. Car il n’y a pas que les diplômés qui partent. Les
habitants les plus dynamiques - les plus entreprenants au sens large usent de
tous les moyens, légaux ou illégaux, pour émigrer dans un pays occidental. Là
encore, c’est un choix rationnel, les chances de mieux gagner sa vie y étant
infiniment plus grandes. Toutefois, on aurait tort de penser que le pays
d’origine en profite, par exemple à travers les mandats envoyés aux
parents : dans bien des cas, ces fonds rapatriés - "gratuits" comme
l’aide étrangère - subventionnent, et perpétuent, des pratiques économiques
condamnées, sans avenir (comme l’agriculture traditionnelle dans la vallée du
fleuve Sénégal ou des investissements improductifs à Kayes, au Mali). »
Selon Smith, l’Africain moyen est donc du bois mort : le lecteur sera
juge.
L’Afrique est un
continent à qui on dicte depuis longtemps les règles du jeu sinistre qu’on lui
fait jouer. Nombreux sont les Africains qui refusent ces règles-là. Et ils ont
raison. Mais la domination est trop forte. Quand on vous fait jouer avec des
règles qui vous sont absolument étrangères, le jeu tourne vite à l’anarchie
. Smith n’envisage pas d’autres règles que
celles du modèle dominant. Il n’envisage de système de pensée que le sien.
Il n’envisage de démocratie qu’à l’occidentale, où 50,1 % des individus
qui se sont déplacés aux urnes, convoqués trop rarement après des campagnes
électorales coûteuses et très contrôlées sur le plan médiatique, donnent à
quelques notables la possibilité de décider pour tous, sans aucune possibilité
de les révoquer et de les contraindre à rendre des comptes aux électeurs… Il
n’envisage de richesse que financière. Il
n’envisage
de réussite que sociale et matérielle. Alors forcément, nombreux sont ceux
en Afrique qui ne se reconnaissent pas dans cette façon de voir, et qui
refusent ce modèle. Ce refus, qui est donc profondément une affirmation, est
considéré par Smith comme un recul : «
Les explorateurs, et tous les étrangers qui les ont suivis depuis, ont
basculé les Africains dans un monde que ceux-ci ne reconnaissent pas comme le
leur. N’est-ce pas la raison profonde pour laquelle l’Afrique, au lieu
d’avancer, recule ? Ou, plus précisément, n’avance que sous la contrainte
extérieure, hier coloniale, aujourd’hui tutélaire (FMI, Banque mondiale, États
donateurs, etc.) ? Le développement, l’État, le rang du continent dans le
monde, même la santé publique ou l’éducation nationale ne sont pas, en Afrique,
le souci du plus grand nombre. C’est "une affaire de Blancs", comme
on dit couramment en Afrique francophone. En somme, ce serait seulement la
suite logique d’une erreur historique d’aiguillage ayant mis le continent sur
une voie de garage. Au lieu de s’épuiser à vouloir rattraper les "maîtres
de la terre", hier les colons, aujourd’hui les "mondialisateurs",
les Africains se sont enfermés dans un passé réinventé et idéalisé, une
"conscience noire" hermétiquement scellée. [...] tant que les
Africains ne comprendront pas qu’ils ne peuvent pas baigner dans le liquide
amniotique de leur « authenticité » tout en se lamentant de l’absence
d’eau chaude et d’électricité, ils seront obligés de "détourner" leur
destin : en volant des deniers publics, en tuant le "temps des
Blancs" et ceux de leurs "frères" qui s’y inscrivent pour bâtir
une existence, laborieuse mais honnête. Les "négrologues" sont pires
que la "négrologie" : l’Afrique
se meurt d’un suicide assisté . » Il semblerait donc qu’un
Africain authentique ne puisse pas avoir l’eau chaude, et que la meilleure
issue pour l’Afrique selon Smith serait de s’épuiser à rattraper ses
oppresseurs… Quel programme séduisant !
Degré zéro
Le suicide
assisté dont parle Smith est le degré zéro du raisonnement. Cette affirmation
sous-entend que l’Afrique, par ce qu’elle est, veut sa propre perte. Or
l’Afrique n’est pas homogène. Il n’y a pas en Afrique une entité pensante
unique. Les enfants d’Afrique sont tous différents.
Dans l’histoire de la pensée, l’attitude qui consiste à parler d’un
continent de façon monolithique s’est toujours révélée être une faute intellectuelle
majeure. Smith n’y échappe pas. Avec le même manque affligeant de rigueur
que lui, on pourrait faire un livre intitulé
Francologie pointant les différentes dérives de responsables
français et leurs implications dans tant d’affaires peu glorieuses comme les
détournements d’Elf… Quiconque examine les dictatures violentes en Amérique du
Sud pendant les années 1970 et 1980 pourrait facilement faire un livre intitulé
Latinologie et se tromper tout aussi
lourdement…
La logique
défendue par
Smith est exactement
celle des grandes puissances et de la dette.
En s’attaquant aux Africains et à l’Afrique, il exonère les puissants
de leurs responsabilités. Il était au Rwanda en 1994, il a vu la France
soutenir le pouvoir génocidaire puis favoriser l’évacuation des assassins par
l’opération Turquoise. Cela ne l’empêche pas de défendre avec acharnement la
position française. Les propos d’un journaliste du Nouvel Observateur, Laurent
Bijard, en mai 2004, dix ans plus tard, sont troublants : «
J’ai honte que la France n’admette toujours
pas sa responsabilité, alors que tous les autres l’ont fait, y compris les
États-Unis et la Belgique. Et je n’ai plus trop d’espoir... surtout quand je
vois que des confrères, comme Stephen Smith, continuent à soutenir la France.
J’étais avec Smith au Rwanda, nous avions les mêmes opinions, et il ne se
gênait pas pour les exprimer. Aujourd’hui il a complètement changé de discours,
je ne me l’explique toujours pas(4)... »
Smith est un serviteur de l’ordre
établi, celui des puissants d’aujourd’hui.
Il méconnaît lourdement le passé du
continent, pourtant révélateur d’un continent qui avait atteint un haut
niveau de développement politique, social et culturel avant que la traite des
esclaves et la colonisation par les puissances européennes n’amorcent le déclin
du continent. Par exemple, «
aux
13e et 14e siècles, la ville de Tombouctou était plus scolarisée que la plupart
des villes analogues en Europe(5) ».
La plus ancienne université au monde, dont la création remonte au 9e siècle,
avant celle de Bologne ou de la Sorbonne à Paris, est l’université
Quaraouiyyîn, à Fès au Maroc. Dans la prestigieuse cité yorouba d’Ifé, au
Nigeria, qui a dominé la région entre le 12e et le 15e siècle, les recherches
archéologiques ont permis de découvrir des sculptures en terre cuite puis en
bronze d’un style inconnu, dont la perfection et le réalisme idéalisé était
largement comparable à l’art classique de la Grèce antique.
Smith fait semblant de croire que l’Afrique
est déconnectée de son passé, notamment d’opprimée, et des forces
économiques mondiales, qu’elle décide de tout ce qui lui arrive. Qu’elle se
pilote elle-même. Et qu’elle choisit librement le suicide.
L’Afrique des peuples n’est pas libre mais ce n’est pas parce
qu’elle refuse de l’être et qu’elle préfère ses chaînes. Elle subit le rapport
de forces mondial.
Elle subit la volonté
du FMI, de la Banque mondiale, des multinationales, des dirigeants africains.
Elle est mise en coupe réglée. Elle ne se suicide pas, on tente de l’exécuter.
Et il ne manque pas d’Africains, hommes et femmes, jeunes et vieux, pour agir
au quotidien afin que les peuples d’Afrique choisissent leur propre voie vers
la réalisation des droits humains. C’est à leur côté que nous nous battons.
Pour comprendre
l’Afrique, quel meilleur conseil que de lire ses écrivains et ses
intellectuels ? De Franz Fanon à Wolé Soyinka, de Cheikh Anta Diop à
Aminata Traoré, de Mongo Beti à Ngugi Wa Thiong’o, de Ken Saro-Wiwa à Joseph
Ki-Zerbo, de Dennis Brutus à tant d’autres
(6),
la littérature africaine est une mine d’or pour l’esprit, loin du déluge erroné
et malodorant de Smith.
Laissons la conclusion à l’écrivain André Gide, qui ne fut
pas un hippie attardé traversant l’Afrique en auto-stop : «
Moins
le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête(7). »
Source : L’Afrique sans dette, CADTM / Syllepse 2005