NOUVELLES DE MISSIONNAIRES

MOBILISATION APRES LES PASSAGES DE CYCLONES
  SUR HAITI EN SEPTEMBRE 2008 (1)




Le pays a été fortement éprouvé par les cyclones qui ont touché le pays au cours du mois de septembre. Tout le pays est sinistré avec des zones plus durement touchées. Les cyclones ont affecté tout le pays. Les  régions de Cabaret, de Jacmel et des Cayes ont été très touchées. Les pertes en vie humaine, la disparition du cheptel et des cultures, la destruction des infrastructures sont énormes. Les routes sont coupées et on ne peut pas  circuler facilement dans pays. Les ponts sont détruits   pour aller dans le Nord, la route du sud et de la frontière sont submergées par les eaux des lacs en crue. On parlait d’une rentrée difficile, elle est devenue catastrophique. Certains imaginent déjà le pire d’ici à quelques mois : les émeutes de la faim hantent toujours les esprits.

La situation la plus préoccupante est sans conteste celle de la ville des GONAIVES. L’ampleur de la catastrophe est telle que certains pensent que cette fois-ci la ville ne pourra  se relever que très difficilement. J’ai eu l’occasion d’accompagner une délégation de jeunes, il y a quelques jours.
 
Après beaucoup d’hésitations compte - tenu de la situation météorologique (pluies abondantes) et des difficultés de communication (routes coupées), une délégation constituée de 11 membres de la Pastorale Universitaire de Port-au-Prince, 5 kiros et 4 scouts d‚HAITI  a réussi à partir vers les GONAIVES le mercredi 17 septembre .
Notre délégation a traversé le pont de Montrouis à pied comme tout le monde car les véhicules ne peuvent plus l’emprunter suite à l’affaissement du pilier central Un camion envoyé par la paroisse de St Marc est venu nous chercher et, à notre arrivée, nous avons été ensuite  accueilli par le nouveau curé de la paroisse, le père Alcide Vercelat et les jeunes qu’il avait mobilisés. Après la nuit à la paroisse, nous avons embarqué le matériel et la nourriture dans le camion. Des repas préparés par les jeunes de St Marc ont complété le chargement. Notre délégation rejoint par 10 scouts et une trentaine de jeunes de la paroisse a pris la route des Gonaïves vers 8 h 30 du matin. Nous y sommes s arrivés vers 11 h 30 grâce à la route qui nous permet d’éviter le lac qui s‚est formé à l’entrée de la ville.

En arrivant, nous avons pu constater l‘étendue des dégâts. Comparativement à ce qui s’est passé en 2004, tout doit être multiplié par 2 : la hauteur des eaux du lac à l’entrée de la ville, le niveau atteint par la crue, les destructions dans la ville. Pour ce qui est du bilan des victimes, c’est difficile à évaluer : on a avancé le nombre de 500 morts, mais celui des disparus est tel que ce bilan n‚est que très partiel.
La population a beaucoup souffert : la majorité des sinistrés sont restés trois jours sans boire ni manger car les eaux recouvraient la ville entière. Ceux qui ont commencé à nettoyer leurs maisons après le cyclone Hannah le mardi ont été inondé  à nouveau le dimanche suivant. Dans les conversations, on perçoit la détresse de beaucoup qui ont senti leur fin toute proche. Beaucoup ont pensé ne pas pouvoir y échapper. Les soeurs de St Joseph de l’Apparition, 4 soeurs indiennes, s’étaient préparés à cela. Ailleurs, des gens se sont jetés dans les eaux car ils se croyaient perdues. Le grand frère d’un séminariste de St Jacques l’a appelé pour lui dire que lui et sa famille étaient perdus. Grâce à Dieu, les eaux n’ont pas envahi la terrasse où il  avait trouvé refuge avec sa famille.
  
Beaucoup ont  tout perdu et ils ont rejoint des centres d’hébergement : ils sont 400 dans la grande tribune de la cathédrale, autant à l’évêché, 200 chez les soeurs de Cluny. Des milliers continuent de s’abriter dans les écoles et les bâtiments publics à étage. Ils sont ravitaillés chaque jour, mais les distributions ne se passent pas toujours bien. 16 jours après la première inondation, des zones de la ville restent isolés. Les travaux publics ont réussi à re - canaliser les 2 grandes rivières qui s’écoulaient en ville.  On va donc pouvoir dépasser le stade de la première urgence et envisager les travaux de réhabilitation des bâtiments publics et des maisons.
 Avant notre arrivée, le père Luckson CHERY, vicaire de la cathédrale,  avait fait nettoyer des salles paroissiales. Plus de 200 personnes se pressent le matin pour participer à la messe. L’équipe venue de Port-au-Prince a entrepris le nettoyage de la cathédrale. C’est un lieu symbole. Avec le concours de jeunes, la boue ( 25 cm ) a été enlevée sur la moitié de la surface de l’église.  La deuxième équipe devrait terminer ce travail dans une  semaine. Il faudra ensuite s’occuper les écoles et des lieux publics.
 Beaucoup s’interrogent sur la nécessité de déplacer la ville, car elle vient de subir 2 catastrophes majeures en 4 ans. Il faudra sans doute bien  réfléchir aux solutions à moyen et à long terme. En attendant, les jeunes contribuent à réhabiliter des locaux en les nettoyant. C’est sans doute modeste, mais le témoignage est fort  au milieu d’une  population traumatisée par le cyclone et ses conséquences. Si chaque matin, les membres de la délégation travaillent à retirer la boue, l’après-midi un temps est réservé aux visites des personnes et des communautés éprouvées.
  La pastorale universitaire prévoit d’envoyer trois groupes, mais il faudra sans doute augmenter le nombre et la quantité des volontaires. Déjà les scouts d’HAITI sont passés à la vitesse supérieure : le dimanche 21, 115 routiers sont venus de plusieurs régions du pays pour aider au nettoyage.
 
Le  groupe des pères de St Jacques participe à l’effort de solidarité au profit des populations sinistrées : à  Jacmel et à Port-au-Prince, ils soutiennent des familles terrassées par les catastrophes naturelles. À Gonaïves, ils contribuent à l’envoi de volontaires pour aider au nettoyage. Merci de les soutenir dans ces efforts.

Père André SIOHAN


1- Andre Yves Marie SIOHAN, père de Saint Jacques  <andresiohan@hotmail.com> 22 Septembre 2008