AFRIQUE : Burkina-Faso
LES MINI LAITERIES DU BURKINA FASO RENFORCENT LEUR
ORGANISATION
ABC
Burkina n° 296
La première Assemblée Générale (AG)
de l'Union nationale des mini -laiteries et des producteurs de lait local s'est
tenue à Ouagadougou le 28 septembre 2008. Les 22 mini - laiteries membres
étaient présentes. Cette assemblée a été l'occasion pour celles-ci de renforcer
leur organisation et de mettre en route de nouvelles formations.
Pendant cette
assemblée, le bureau a présenté un document intéressant. Ce dernier propose
diverses activités regroupées autour de 6 objectifs.
C'est ainsi que pour renforcer la
communication interne, le document propose la création d'un
bulletin (qui devrait commencer à paraître dans les tout prochains mois). La
plupart des laiteries disposant déjà d'un téléphone portable, il a été souhaité
de se regrouper dans une flotte, ce qui faciliterait la communication. Enfin,
les laiteries sont invitées à se munir d'une adresse e-mail quand ce n'est pas
déjà fait.
L'AG a reconnu la nécessité et l'urgence
d'organiser des formations «
en techniques de fauche et de conservation du fourrage ». Il
s'agit, pour les éleveurs qui approvisionnent les laiteries en lait, de se
former pour apprendre à
obtenir un
fourrage de qualité et en quantité suffisante pour nourrir les vaches laitières
durant toute la saison sèche, de sorte que les laiteries puissent
approvisionner leur clientèle toute l'année. C'est ainsi que plusieurs
formations sont déjà programmées à travers le pays. Elles s'étaleront entre le
15 septembre et le 10 octobre. Un voyage d'étude au Sahel permettra également à
quelques éleveurs de se rendre dans la région de Dori à la rencontre d'éleveurs
de zébus Azawaks et Goudalis : ces derniers sont des éleveurs qui savent
déjà faucher et stocker assez de foin pour nourrir leurs animaux toute l'année.
À plus long terme, l'Union voudrait
mettre en place une centrale d'achat. Celle-ci permettrait
de fournir aux laiteries du matériel à coûts réduits, et des aliments pour
bétail.
Quelques
membres vont plus loin et s'interrogent :
« Et pourquoi ne pas créer une petite unité industrielle pour
fabriquer les emballages dont les laiteries ont besoin : les pots et les
sachets ? »Et échapper ainsi au monopole de Fasoplast dont les
prix élevés pèsent fortement sur la trésorerie des mini laiteries.
D'autres parlent de créer « des
clubs d'amélioration génétique ». Plutôt que
d'augmenter le nombre de vaches laitières, il s'agirait de se tourner vers des
races plus généreuses, notamment les Azawaks et les Goudalis. Les éleveurs (ou
quelques éleveurs) qui fournissent le lait d'une même laiterie pourraient
former un club. Ils pourraient vendre quelques zébus peuls, pour obtenir un
montant de 500 000 F. Ils remettraient cette somme à la laiterie, Qui
ajouterait 500 000 F (si nécessaire avec l'appui de l'Union), ce qui
permettrait de faire venir un taureau et quelques génisses Goudalis ou Azawaks.
Le club commencerait à rembourser le crédit dès que l'opération aura permis aux
éleveurs d'augmenter leur production en lait, ou avant selon leurs
possibilités.
D'autres
propositions d'action ont été faites. Les précédentes suffiront, je pense, pour
témoigner de la vitalité de l'Union à qui nous souhaitons
« Bon vent ! »
Koudougou, le 4 septembre 2008
Maurice Oudet
Président du SEDELAN