DROITS DE L'HOMME
LA
COLERE DES ASSOCIATIONS POUR LES SANS-ABRI ET LES MAL LOGES
(1)
«
Dépités », « en colère », « ras-le-bol », « inacceptable » : les expressions de
mécontentement ont émaillé le bilan de la politique de l’hébergement et du
logement dressé mercredi 17 septembre par le collectif des Associations unies,
dont fait partie le Secours Catholique. Le collectif a ensuite rencontré le
Premier ministre François Fillon.
La conférence de
presse des associations se tenait symboliquement dans un centre d’accueil de jour
parisien de l’association Emmaüs à Paris, près du Châtelet. Les personnes sans
domicile présentes ne se sont d’ailleurs pas privé de donner leur avis. Les
Associations unies ont dénoncé
«
l’illisibilité » et
« l’incohérence »
des décisions politiques après le « coup d’accélérateur » dû à l’action des
Enfants de Don Quichotte, il y a deux ans.
Pour François
Soulage, président du Secours Catholique,
Le
Plan d’action renforcé pour les personnes sans abri (Parsa) n’est pas respecté.
Le nouveau principe du maintien des personnes en hébergement, tant qu’elles
n’ont pas de solution de « sortie » satisfaisante, se heurte à l’absence de
logement. Du coup, les places aujourd’hui dites de « stabilisation » se
trouvent gelées, empêchant l’accès aux centres d’hébergement pour de nouveaux
entrants. François Soulage estime
« qu’il
n’y a pas d’amélioration pour les gens
de la rue en termes quantitatifs » . Le président du Secours Catholique
demande
« qu’on arrête de se moquer du
monde et d’annoncer des mesures sans financement » .
Le Premier
ministre indique, de son côté, avoir demandé aux préfets de
« libérer 15% des places d’hébergement en
permettant aux personnes qui le souhaitent d’accéder à un logement social ». Il
ajoute que
« plusieurs centaines de
logements seront mis à disposition, soit par acquisition, soit par
intermédiation locative » .
François Fillon
a également fait état de
« capacités
d’hébergement d’urgence de 96 240 places, soit un niveau jamais atteint en
France » et de la
« mobilisation de
crédits à hauteur de 1 080 millions d’euros » pour leur financement et
celui de 39 projets innovants d’hébergement (intermédiation locative,
maisons-relais…)
Il n’en demeure
pas moins que le projet de loi de
«
Mobilisation pour le logement » de Christine Boutin et le rapport au
Premier ministre du député Etienne Pinte sont en pleine contradiction aux yeux
des associations. Celles-ci considèrent, de plus, le projet de loi comme
« régressif » . S’il est voté tel quel,
en octobre, il
autorisera les villes à
inclure dans leur quota légal de logements sociaux, ceux en accession sociale à
la propriété. Or cette formule est inaccessible aux plus modestes,
protestent les associations.
Propositions
d’urgence :
La colère des
organisations caritatives porte également sur la
réduction de 10% des crédits du logement et de la ville dans le budget
2009 (Le Premier ministre serait revenu mercredi après-midi sur cette
décision).
Redoutant que le
prochain hiver soit
« comme les autres » pour
les personnes de la rue,
les Associations
unies font des propositions, pour l’urgence et le plus long terme .
Hébergement :
-
Mise à
disposition et réquisition de bâtiments publics pour la création immédiate de
nouvelles places d’hébergement.
-
Rénovation
de toutes les structures d’hébergement en deux ans.
-
Fermeture
des structures non conformes.
-
Garantie
d’ouverture 24h sur 24 et 365 jours par an.
-
Locaux
préservant l’intimité et la sécurité des personnes hébergées.
-
Places
accessibles aux personnes accompagnées d’animaux.
-
Renforcement
des travailleurs sociaux.
-
Publication
des textes réglementaires prévoyant des places d’urgence dans les communes.
-
Hébergement
ou logement garanti aux personnes sortant d’un séjour en institution (prison,
hôpital psychiatrique, armée…)
Logement :
« à loyer accessible » dans
tout programme immobilier de plus de 10 logements, hors communes ayant déjà
plus de 40% de logements sociaux (Le rapport Pinte fait des propositions
semblables).
« des centaines
d’appartements scellés » à Paris, par suite de difficultés d’héritages. Il
a proposé que les personnes sans abri compétentes dans le bâtiment rénovent ces
appartements. Les associations
«
pourraient , selon lui,
les racheter
pour une misère »
François Tcherkessof
1- Sur le site du Secours
Catholique -
mise en ligne :
19-09-2008