DROITS DE L'HOMME
RÉTENTION
ADMINISTRATIVE :
UN DÉCRET QUI RÉDUIT LES DROITS DES MIGRANTS
ET MET EN CAUSE
LE RÔLE DES
ASSOCIATIONS
Par un décret du
23 août 2008 et la publication le 28 août de l’appel d’offre relatif au marché
public de la mission d’«
information, en
vue de l’exercice de leurs droits, des étrangers maintenus dans les centres de
rétention administrative», le ministère de l’Immigration vient de
modifier profondément les conditions
d’exercice des droits des étrangers en rétention administrative.
L’existence même d’une mission associative
d’aide juridique en rétention, menée par la Cimade depuis 1984,
est mise en cause. Le gouvernement
poursuit une logique d’enfermement et de réduction des droits des migrants, de
plus en plus traités comme des indésirables, il impose le silence à ceux qui
les défendent et prive d’informations les citoyens qui pourraient s’en
indigner.
Avant
d’envisager les réactions nécessaires avec ses partenaires, la Cimade attire
l’attention et souhaite que chacun prenne conscience de la gravité pour les
étrangers comme pour l’ensemble des citoyens de ces orientations plus
qu'inquiétantes.
COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CIMADE DU 4 SEPTEMBRE 2008
Rétention administrative
(1):
une atteinte majeure aux droits des étrangers et
au rôle des associations
La Cimade a pris
connaissance avec stupéfaction du nouveau décret et du nouvel appel d’offres
relatif à la défense des droits des étrangers dans les centres de rétention
administrative.
Le ministère de
l’Immigration semble engager un
processus
de démantèlement de toute possibilité sérieuse d’accompagnement et de défense
des droits des étrangers en rétention :
- En ouvrant la mission à toute « personne morale » ;
- En émiettant par la concurrence cette mission en huit lots
distincts ;
- En bloquant la possibilité pour les associations d’y
répondre en concertation dans le cadre d’un groupement ;
- En supprimant ainsi toute vision et cohérence d’ensemble.
Innovation
particulièrement choquante, les textes veulent contraindre les associations à
un devoir de neutralité et de confidentialité, interdisant de fait la fonction
– fondamentale - de témoignage sur une question aussi sensible en matière de
respect des droits humains.
Les textes diffusés par le ministère de l’Immigration
apparaissent ainsi comme une remise en cause majeure de l’effectivité des
droits des étrangers et comme la volonté de supprimer tout regard et expression
de la société civile sur la réalité des centres de rétention.
Au-delà des
inquiétudes que la Cimade avait pu exprimer, les textes contredisent ainsi de
nombreux engagements que Brice Hortefeux lui avait donnés au début de l’été. En
lien avec le Secours catholique avec lequel un partenariat était projeté et
annoncé, la Cimade demande à rencontrer le ministre dans les meilleurs délais
afin d’obtenir les éclaircissements indispensables.
Une fois ces
clarifications obtenues, la Cimade déterminera la façon dont elle poursuivra,
en tout état de cause, son action de soutien, de solidarité et de défense des
droits des étrangers placés en rétention.
Réactions d’autres associations :
- Appel lancé par le Gisti « Etrangers, silence on enferme !
»
- Communiqué de presse du Réseau Education Sans Frontières
(RESF)
1-
Pour en savoir plus sur la rétention administrative,
consultez le rapport 2007 de la Cimade sur les centres et locaux de rétention
administrative.