DROITS DE L'HOMME
RETRAIT DE LA DIRECTIVE DE
LA HONTE !
Exigeons des Etats membres
de l’Union européenne
le retrait de la directive
« retour »
Appel des
associations européennes et africaines
Le 18 juin 2008, le Parlement européen a adopté une
directive «
relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats
membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ».
De très nombreuses ONG
européennes, soutenues par plus de 40 000 citoyens et plusieurs centaines
d’élus, avaient appelé les parlementaires européens à rejeter cette
« directive de la honte » (www.directivedelahonte.org). Cet appel a
été entendu jusqu’en Amérique latine où plusieurs gouvernements et chefs
d’Etats se sont exprimés contre ce texte qui
permet
notamment :
-
un enfermement généralisé
des étrangers pouvant atteindre dix-huit mois, pour le seul fait d'avoir franchi des
frontières ;
-
une systématisation de l’interdiction du territoire de
l'UE pendant cinq ans pour les
personnes expulsées, soit l'exclusion et la criminalisation de ces
personnes ;
-
le renvoi des étrangers vers les pays par lesquels ils
n’ont fait que transiter, sans qu’ils
aient un lien avec ces pays ;
-
la détention et l’expulsion
forcée des mineurs, et même des mineurs isolés qui peuvent être éloignés vers un pays
tiers (autre que leur pays d’origine) où ils n’ont ni famille ni tuteur légal.
Ces dispositions portent atteinte
aux droits fondamentaux des personnes migrantes
que les Etats européens se sont pourtant engagés à respecter. Les experts du Conseil des Droits de l'Homme des Nations
Unies ont d’ailleurs exprimé, dans une lettre adressée à la présidence
française de l'Union européenne, leurs inquiétudes concernant cette directive.
Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’est également dit
préoccupé, notamment par le fait que « la détention doit être réservée aux
criminels, ce que les migrants ne sont pas ».
Aujourd’hui, les Etats
européens peuvent encore renoncer à ce texte. Les signataires de cet appel
demandent donc :
-
aux
Etats membres du Conseil de l’Union européenne de ne pas approuver et de
retirer ce texte ;
-
aux
gouvernements africains de faire du retrait de cette directive une condition de
leur collaboration dans le cadre des relations UE-Afrique et en particulier à l’occasion de la rencontre ministérielle euro-africaine
« migrations et développement » qui aura lieu les 20 et 21 octobre
2008.
Appel lancé le 25 août 2008 à l’initiative de 16 organisations
non-gouvernementales européennes et africaines
Algérie :
Association femmes algériennes pour le
développement (AFAD) |
Belgique :
Coordination et initiatives pour et avec les
réfugiés et étrangers (Ciré) –
Ligue
des droits de l’Homme (LDH) |
Espagne :
Association pour les droits de l'Homme
d'Andalousie (APDHA) |
France :
Association nationale d’assistance aux
frontières pour les étrangers (Anafé) –
Cimade
–
Gisti |
Italie :
Arci |
Mali :
Association malienne des expulsés (AME) –
Ligue pour la justice, le développement et les droits de l'Homme (LJDH)
|
Maroc :
Association
Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité (ABCDS) –
Association marocaine des droits humains (AMDH) –
Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et
migrants (GADEM) |
Mauritanie :
Association mauritanienne des droits de l’Homme
(AMDH) |
Royaume-Uni :
Statewatch
|
Sénégal :
Union pour la solidarité et l’entraide (USE)
contact :
directivedelahonte@cimade.org