PARTENAIRES : RESEAU SOLIDARITE
INDONÉSIE – RALPH LAUREN MANQUE D’ÉLÉGANCE
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Appel Urgent de Peuples Solidaires n° 319 (du 15 septembre
au 31 octobre 2008)
Pour
les hommes d’affaires du monde entier, sa réussite est un exemple, un succès
comme l’Amérique sait en produire. Aujourd’hui à la tête d’un empire dont le
chiffre d’affaires dépasse les 4,8 milliards de dollars, Ralph Lauren, le roi
du sportswear élégant, est réputé pour son « perfectionnisme insensé
(1) »
. Mais le créateur peut-il se vanter d’être aussi soucieux des conditions dans
lesquelles sont fabriqués ses fameux polos que de leur coupe ? À l’instar des
autres multinationales du secteur de l’habillement, la marque au célèbre petit
cavalier,
fait fabriquer la grande
majorité de ses produits à l’étranger (2).
Chez PT Mulia Knitting, l’un des sous-traitants de Polo Ralph Lauren en
Indonésie, des ouvriers tentent depuis plus d’un an de mettre un terme aux
violations dont ils sont victimes. Après avoir formé un syndicat pour faire
valoir leurs droits, 19 d’entre eux ont été mis à la porte. Aujourd’hui, ils
demandent à Ralph Lauren d’intervenir pour que cessent ces abus. Une occasion
pour cette marque qui « rêve de séduire l’Europe
(3)
», de prouver aux consommateurs français qu’elle est à la hauteur de ses
ambitions.
Chez
PT Mulia Knitting , comme dans de nombreuses usines de vêtements, la grande
majorité de la main - d’oeuvre est féminine.
Considérées comme plus facilement exploitables, les femmes sont en effet bien
souvent préférées aux hommes dans ces secteurs à forte densité de main -
d’oeuvre bon marché. Mais cette préférence va de pair avec une certaine
propension de la part des entreprises productrices à
bafouer les droits des travailleuses. PT Mulia Knitting
refuse
par exemple de payer les congés maternité de ses employées, ou les
indemnités obligatoires de santé et de retraite. Bien que la loi
indonésienne l’y contraigne en théorie, le
transport des ouvrières qui
travaillent de nuit n’est pas non plus pris en charge par la direction. En
outre, les ouvrières travaillent dans des
conditions dangereuses, la
direction ne leur fournissant
pas d’équipement de sécurité adéquat. Et
quasiment la moitié des employés ne se voit proposer que des
contrats
précaires.
Liberté syndicale
bafouée :
C’est
dans l’espoir de mettre enfin un terme à ces violations, qu’en mai 2007,
26 travailleurs de l’usine PT Mulia
Knitting ont formé un syndicat, le SBGTS
(4).
La réaction de l’entreprise ne s’est pas fait attendre : dès l’annonce de la
création du syndicat, le président a été suspendu et trois autres responsables
syndicaux, licenciés. Dans la foulée, quinze autres responsables syndicaux et
membres du SBGTS ont été convoqués dans les bureaux de la direction, où ils se
sont vus proposer de renoncer à leur syndicat, faute de quoi ils seraient
transférés dans une autre usine, PT Spindo Mills, située à 60 kilomètres de là.
En réponse à leur refus de se rendre à cette nouvelle usine, et bien qu’ils
aient continué à se présenter tous les matins aux portes de PT Mulia Knitting,
ces travailleurs ont été purement et simplement licenciés. En tout, ce sont 19
membres du SBGTS qui ont ainsi été mis à la porte. Non contente d’avoir ainsi
mis à l’écart la quasi - totalité des responsables du syndicat qui venait de se
former, PT Mulia Knitting a également tenté de faire révoquer, par les
autorités du Travail, le numéro d’enregistrement officiel du SBGTS. Et pour
couronner le tout, l’usine a entamé des poursuites en justice contre le
syndicat, sous le prétexte fallacieux que celui-ci avait indiqué l’adresse de
l’usine dans l’entête de ses courriers officiels, une pratique largement
répandue en Indonésie.
Les ouvriers demandent
justice :
Depuis
lors, et malgré toutes les tentatives d’anéantissement dont il a fait l’objet,
le SBGTS se bat pour la réintégration des
travailleurs abusivement licenciés en raison de leur appartenance au
syndicat. Dès juin 2007, il a interpellé l’administration locale compétente
pour lui demander d’intervenir auprès de la direction de Mulia Knitting et pour
mettre un terme aux entraves à leur liberté d’association. Face à la passivité
de l’administration, le SBGTS s’est adressé à la police, qui s’est saisie de
l’affaire, mais n’a pas réussi à faire appliquer la loi. Et quand, en désespoir
de cause, le SBGTS en a finalement appelé à la juridiction du ministère du
Travail, celui-ci a décliné sa compétence, au motif que l’affaire était entre
les mains de la police.
Seule
la Commission nationale indonésienne des droits de l’Homme s’est, le 7 avril
dernier, prononcée en faveur du syndicat. Après avoir rencontré la direction de
l’usine et le syndicat à plusieurs reprises, la Commission a conclu que les
droits syndicaux des 19 travailleurs qui avaient été licenciés après avoir
rejoint le SBGTS avaient bel et bien été violés. Mais lorsque, voulant faire
appliquer cette recommandation, le syndicat a fait appel aux autorités locales
du Travail, celles-ci, dont il est notoire qu’elles sont corrompues, ont
préféré fermer les yeux sur les conclusions de la Commission, donnant ainsi
raison à la direction de Mulia Knitting. Depuis l’annonce par les autorités du
Travail qu’elles ne feraient pas appliquer la recommandation de la Commission
des droits de l’Homme, les travailleurs et responsables syndicaux de Mulia
Knitting sont dans l’impasse. L’entreprise refuse de rencontrer le
syndicat.
Dès
décembre 2007, le SBGTS et nos partenaires de la Clean Clothes Campaign se sont
tournés vers les marques clientes de l’usine, Polo Ralph Lauren, Tommy Hilfiger
et Philips van Heusen, pour les exhorter à intercéder auprès de leur
fournisseur Mulia Knitting en faveur du SBGTS. Parmi ces trois multinationales
américaines de renommée mondiale, seule une, Philips van Heusen, est intervenue
pour demander la réintégration des travailleurs injustement licenciés. Tommy
Hilfiger n’a pour sa part pas accédé à la demande du syndicat et Polo Ralph
Lauren, n’a même pas répondu ...
C’est
pourquoi nous vous demandons aujourd’hui d’écrire à Ralph Lauren pour lui
demander d’intervenir en faveur de ceux qui fabriquent les vêtements qui se retrouveront
peut-être dans les rayons de nos magasins français.
Pour accéder à cet Appel
Urgent : http://www.peuples-solidaires.org/article880.html
Si vous n’êtes pas
encore membre de notre réseau des Appels Urgents de Peuples Solidaires
:Inscrivez-vous gratuitement et recevez nos prochains Appels :
www.peuples-solidaires.org/article204.html
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POUR EN SAVOIR
PLUS :
-
La Clean Clothes Campaign (CCC) relaie cet Appel
aux niveaux européen et international. Ce réseau européen oeuvre pour
l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie de l’habillement et
du sport. Voir le site de la CCC: www.cleanclothes.org <
http://www.cleanclothes.org>
Des Solutions pour l’Indonésie
Cet
Appel s’inscrit dans le cadre d’une campagne lancée par les membres du réseau
CCC en avril dernier, sur les violations des droits de l’Homme au travail dans
l’industrie de l’habillement et des articles de sport en Indonésie. Un rapport
publié conjointement par la CCC et Oxfam Australie intitulé "
Solutions pour le secteur de la chaussure et
les équipements sportifs en Indonésie", met en exergue les principales
violations dont sont victimes les travailleurs de ces secteurs et propose
des mesures concrètes à mettre en oeuvre.
Ce
rapport est disponible (uniquement en anglais) sur notre site:
www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/20_03_08_Sector
Wide_Solutions_in_Indonesia.pdf
Rapport d’évaluation par le Worker
Rights Consortium (WRC)
Le
15 septembre 2008, le WRC a publié un rapport d’évaluation sur l’usine de PT
Mulia Knitting en Indonésie, dans lequel l’ONG américaine met en exergue une
série de violations à la liberté d’association des travailleurs. Vous pouvez
télécharger ce rapport sur notre site à l’adresse suivante :
www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/WRC_Report-re_PT_Mulia_Knitting_9-15-08.pdf
<http://www.peuples-solidaires.org/IMG/pdf/WRC_Report-re_PT_Mulia_Knitting_9-15-08.pdf>
Le WRC est une organisation indépendante de surveillance des droits de
l’Homme au travail qui mène des enquêtes sur les conditions de travail dans les
usines qui fabriquent des vêtements ou articles de sport. Son objectif est de
combattre les "ateliers de misère" et protéger les droits des
travailleurs à travers le monde. ?Pour en savoir plus sur le WRC :
www.workersrights.org <
http://www.workersrights.org>
ÉCRIVEZ !
Demandez à Ralph Lauren d’intervenir en faveur des ouvriers indonésiens
qui fabriquent ses produits.Envoyez tout de suite un message de protestation en
un simple « clic » : www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html <
http://www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html>
1- L’Express du 23/07/2002,
Corinne Scemama
2- L’entreprise américaine
travaille en effet avec pas moins de 400 fournisseurs à travers le monde, qui
fabriquent 98% de sa production.
3- Les Echos, 10/09/2004,
Bénédicte Epinay.
4- Syndicat de la
chaussure, du textile et de l’habillement, affilié à la Fédération indonésienne
de syndicats indépendants (GSBI).