Justice et Paix : THEMES GENERAUX
- La Dette du Tiers-Monde



Justice pour l’Amérique latine :
Lettre conjointe d’ONG pour l’annulation de la dette envers la BID juillet 06



En amont de la première réunion du comité ad hoc de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), constitué pour examiner la question de l’annulation de la dette des quatre pays latino-américains les plus pauvres, une coalition de 16 réseaux et organisations d’ONG ont signé une lettre commune, dans laquelle ils exigent une annulation immédiate et inconditionnelle de la dette des quatre PPTE latino-américains plus Haïti. La lettre, rédigée par le Réseau Latino-américain sur la Dette, la Démocratie et les Droits de l’Homme (LATINDADD), soutient que l’accord sur la dette conclu l’an dernier a réservé un « traitement inéquitable » aux pays latino-américains car la BID en était exclue. Ceci signifie que l’annulation de 100% de la dette promise l’année dernière par les Chefs d’Etat du G8 est encore bien loin de la réalité sur le continent latino-américain. La lettre appelle la BID, qui tiendra sa première réunion sur cette question le 17 juillet, à annuler les 5 milliards de USD de dettes détenus par les pays latino-américains les plus pauvres. La lettre est publiée ci-dessous dans son intégralité, en français et en espagnol. Diverses ONGs l’ont envoyée la semaine dernière par fax au Président de la BID, au Président de l’Assemblée des Gouverneurs et aux Directeurs Exécutifs de la BID.
 
Sujet : Demande d’annulation de la dette envers la BID
 
Messieurs,
 
Un an après le Sommet du G8 célébré en Ecosse, au cours duquel les pays les plus riches de la planète avaient annoncé leur décision d’annuler 100% des dettes détenues par 18 des pays les plus pauvres et les plus endettés du monde afin de les aider à atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire d’ici 2015, nous, organisations de la société civile soussignées, souhaitons attirer votre attention sur l’Amérique latine.
 
L’Amérique latine a subi un traitement inéquitable, étant donné que l’annulation des dettes détenues par les pays de la région envers le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale ne concerne qu’un tiers environ du fardeau de dettes de cette région. Une fois encore, les promesses n’ont pas été tenues.
 
De la même manière que la Banque Africaine de Développement s’est jointe à l’initiative d’allègement de la dette multilatérale, la Banque Interaméricaine de Développement (BID), dans un souci de justice et comme preuve de son engagement envers cette région du monde, devrait annuler sans conditions la totalité des dettes détenues par les pays pauvres sévèrement endettés d’Amérique latine.
 
La BID et la communauté internationale dans son ensemble doivent honorer leurs engagements d’aider les pays, et surtout les populations pauvres marginalisées, à atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire. Le travail qui reste à accomplir d’ici 2015 est énorme. Il est vital que la Banque annule les dettes des pays pauvres dont le fardeau de service de la dette est si lourd qu’il limite les investissements publics les plus basiques. La vie doit passer avant la dette.
 
C’est pour ces raisons que nous nous adressons à vous, hauts représentants de la BID, et que nous vous exhortons, à l’occasion de la réunion qui se déroulera le 17 juillet à Washington, à faire montre d’une volonté politique ferme et à entreprendre les actions suivantes :
á         Annuler immédiatement et sans conditions la totalité des dettes détenues par les quatre PPTE de la région et Haïti, soit approximativement 5 milliards de USD. Ce montant constitue un fardeau important pour ces pays qui disposent de maigres ressources, mais représente une somme infime pour la Banque et les créanciers internationaux.
á         Respecter le principe d’additionnalité. En d’autres termes, l’aide et les prêts concessionnels à ces pays ne doivent pas diminuer. Au contraire, il faut éviter que ne se reproduisent les pratiques du passé concernant les programmes d’allègement de dette, qui consistaient à donner d’une main tout en reprenant de l’autre. Ce système ne fait qu’encourager les pays à recourir à des crédits commerciaux qui, à court terme, accroissent le fardeau du service de la dette et empêchent l’exécution des programmes et des projets de réduction de la pauvreté.
 
Au cours de ces dernières années, les pays latino-américains, loin d’avancer, ont stagné, voire régressé. De nombreux changements politiques et économiques sont aujourd’hui observés dans cette région, qui devraient impulser un développement harmonieux en Amérique latine, c’est pourquoi l’annulation de la dette envers la BID est fondamentale pour les pays les plus pauvres et endettés.
 
Nous vous remercions d’avance de la considération que vous voudrez bien porter à nos requêtes, lesquelles, nous en sommes persuadés, contribueront à atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire.
 
Très cordialement,
 
á         LATINDADD á         EURODAD (Red Europea de Deuda y Desarrollo), Belgique
á         Campaña Sin Duda, Sin Deuda, Espagne     Center of Concern, Etats-Unis
á         Centro de Derechos Económicos y Sociales (CDES), Equateur
á         Christian Aid, Royaume-Uni
á         Comisión Ciudadana por una auditoría de la deuda pública interna y externa, CCADE, Uruguay
á         Enlace nacional, Nicaragua  erlassjahr.de (Jubilee Germany), Allemagne
á         Foro Social de la Deuda Externa y Desarrollo de Honduras (FOSDEH), Honduras
á         Gender Action, Etats-Unis á         Halifax Initiative Coalition, Canada
á         Instituto de Estudios Nicaraguenses (IEN), Nicaraguaá      Jubilee Debt Campaign, Royaume-Uni
á         Jubilee USA network, Etats-Unisá         Social Justice Committee, Canada
á         Plate-forme Dette & Développement, France
 
Note : cette lettre réunit les organisations, institutions et réseaux nationaux et internationaux ayant participé à la campagne « Justice for Latin America ». Voir sur : www.eurodad.org
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