MESSAGE
DU PAPE BENOÎT XVI
AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION
DE LA 23° JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE, 2008
«Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous.
Alors vous serez mes témoins» (Ac 1, 8)
Chers
jeunes,
1°
La XXIIIe Journée mondiale de la
Jeunesse :
Je me souviens
toujours avec grande joie des différents moments que nous avons passés ensemble
à Cologne en août 2005. À la fin de cette inoubliable manifestation de foi et
d’enthousiasme, qui demeure gravée en mon esprit et en mon coeur, je vous ai
donné rendez-vous pour la prochaine rencontre qui aura lieu à Sydney en 2008.
Ce sera la 23° Journée mondiale de la Jeunesse et elle aura pour thème:
«Vous allez recevoir une force, celle du
Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins» (Ac 1, 8).
Le fil conducteur de la préparation spirituelle pour le rendez-vous de Sydney
est l’Esprit Saint et la mission. Si
en
2006, nous nous sommes arrêtés pour méditer sur l'Esprit Saint comme Esprit de
vérité, en
2007 nous avons cherché à
découvrir plus profondément l’Esprit
d'amour, pour nous acheminer ensuite vers la Journée mondiale de la
Jeunesse de
2008, en réfléchissant sur
l’Esprit de force et de témoignage,
qui nous donne le courage de vivre l’Évangile et l’audace de le proclamer.
Il est donc
fondamental que chacun de vous les jeunes, dans sa communauté et avec ses
éducateurs, puisse r
éfléchir sur le
Protagoniste de l’histoire du salut qu’est l'Esprit Saint, ou Esprit de
Jésus, pour parvenir aux buts élevés suivants:
-
Reconnaître
la véritable identité de l'Esprit, d’abord en écoutant
la Parole de Dieu dans la Révélation biblique;
-
Prendre
conscience lucidement de sa présence continue, active, dans
la vie de l’Église, en particulier en redécouvrant que l'Esprit Saint se
présente comme “âme”, souffle vital de la vie chrétienne, grâce aux sacrements
de l’initiation chrétienne – Baptême, Confirmation et Eucharistie;
-
Devenir
ainsi capable de mûrir une compréhension de Jésus toujours plus approfondie et
plus joyeuse,
-
Et en même temps de
réaliser une mise en pratique efficace de l’Évangile à l’aube du
troisième millénaire.
Par ce message, je
veux vous offrir une trame de méditation à approfondir durant cette année de
préparation qui vous permettra de vérifier la qualité de votre foi dans
l'Esprit Saint, de la retrouver si elle est perdue, de la fortifier si elle est
affaiblie, de la goûter comme compagnie du Père et du Fils Jésus Christ,
précisément grâce à l’action indispensable de l'Esprit Saint. N’oubliez jamais
que l’Église, et même l’humanité qui vous entoure et qui vous attend dans
l’avenir, compte beaucoup sur vous les jeunes, parce que vous avez en vous le
don suprême du Père, l'Esprit de Jésus.
2. La promesse de l'Esprit Saint dans la Bible :
L’écoute attentive de
la Parole de Dieu en ce qui concerne le mystère et l’oeuvre de l'Esprit Saint
nous ouvre à de grandes et stimulantes connaissances, qui se résument dans les
points suivants.
Peu avant son
Ascension, Jésus dit à ses disciples: «Et moi, je vais envoyer sur vous ce que
mon Père a promis» (Lc 24, 49). Cela s’est réalisé le jour de la Pentecôte,
lorsqu’ils étaient réunis en prière au Cénacle avec la Vierge Marie.
L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Église
naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus ancienne,
annoncée et préparée tout au long de l’Ancien Testament.
En effet, dès les
premières pages, la Bible évoque l’esprit de Dieu comme
un souffle «qui planait
au-dessus des eaux» (Gn 1, 2) et précise que Dieu
insuffla dans les narines de l’homme un
souffle de vie (cf. Gn 2,
7), lui donnant ainsi la vie elle-même. Après le péché originel, l’esprit
vivifiant de Dieu se manifestera sous différentes formes dans l’histoire des
hommes, suscitant des prophètes pour inciter le peuple élu à revenir vers Dieu
et à observer fidèlement ses commandements. Dans la célèbre vision du prophète
Ézéchiel, Dieu fait revivre par son esprit le peuple d’Israël, représenté par
des «ossements desséchés» (cf. 37, 1-14).
Joël
prophétise une «effusion de l’esprit» sur tout le peuple, dont nul n’est exclu:
«
Après cela, je répandrai mon esprit sur toute créature... Même sur les
serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là»
(3, 1-2).
À la «plénitude des
temps» (cf. Ga 4, 4), l’ange du Seigneur annonce à la Vierge de Nazareth que
l’Esprit Saint, «
puissance du Très-Haut», descendra sur elle et la prendra sous son
ombre. Celui qu’elle enfantera sera donc saint et appelé Fils de Dieu
(cf. Lc 1, 35). Selon l’expression du prophète Isaïe, le Messie sera celui sur
qui reposera l’Esprit du Seigneur (cf. 11, 1-2; 42, 1). C’est précisément cette
prophétie que Jésus reprit au début de son ministère public, dans la synagogue
de Nazareth: «
L'Esprit du Seigneur –
dit-il devant ses auditeurs étonnés – est sur moi, parce que le Seigneur m’a
consacré par l'onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la
lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits
accordée par le Seigneur» (Lc 4, 18-19; cf. Is 61, 1-2). S’adressant aux
personnes présentes, il s’appliquera à lui-même ces paroles prophétiques en
affirmant: «
Cette parole de l’Écriture,
que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit» (Lc 4,
21). Et encore, avant sa mort sur la croix, il annoncera à plusieurs reprises à
ses disciples la venue de l’Esprit Saint, le “Consolateur”, dont la mission
sera de lui rendre témoignage, d’assister les croyants, de les enseigner et de
les conduire vers la Vérité tout entière (cf. Jn 14, 16-17. 25-26; 15, 26; 16,
13).
3. La Pentecôte, point de départ de la
mission de l’Église :
Au soir de sa
résurrection, apparaissant à ses disciples, Jésus «répandit sur eux son souffle
et il leur dit: “Recevez l'Esprit Saint”» (Jn 20, 22). Avec encore plus de
force, l'Esprit Saint descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte: «
Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à
celui d’un violent coup de vent – lit-on dans les Actes des Apôtres – : toute
la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une
sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux»
(2, 2-3).
L’Esprit Saint renouvela intérieurement
les Apôtres, les revêtant d’une force qui leur donna l’audace d’annoncer sans peur:
«Le Christ est mort et il est ressuscité!» Libérés de toute peur, ils
commencèrent à parler avec
assurance
(cf. Ac 2, 29; 4, 13; 4, 29. 31). Ces pêcheurs craintifs de Galilée
étaient devenus de courageux annonciateurs de l’Évangile. Même leurs ennemis ne
comprenaient pas comment «des hommes quelconques et sans instruction» (Ac 4,
13) pouvaient faire preuve d’un tel courage et supporter avec joie les
contrariétés, les souffrances et les persécutions. Rien ne pouvait les arrêter.
À tous ceux qui cherchaient à les contraindre au silence, ils répondaient: «
Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons
vu et entendu» (Ac 4,20). C’est ainsi qu’est née l’Église, qui, depuis
le jour de la Pentecôte, n’a cessé de répandre la Bonne Nouvelle «jusqu'aux
extrémités de la terre» (Ac 1, 8).
4. L’Esprit Saint, âme de l’Église et principe
de communion :
Mais pour comprendre
la mission de l’Église, nous devons revenir au Cénacle où les disciples
restèrent ensemble (cf. Lc 24, 49), priant avec Marie, la “Mère”, dans
l’attente de l’Esprit promis. C’est de cette icône de l’Église naissante que
toute communauté chrétienne doit en permanence s’inspirer.
La fécondité apostolique et missionnaire n’est pas d’abord le
résultat de méthodes et de programmes pastoraux savamment élaborés et
“efficaces”, mais
le fruit de
l’incessante prière communautaire (cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii
nuntiandi N°75). En outre, l’efficacité de la mission présuppose que les
communautés soient unies, à savoir qu’elles aient
«un seul coeur et une seule âme» (Ac 4, 32), et qu’elles soient
disposées à témoigner de l’amour et de la joie que l’Esprit Saint répand dans
le coeur des fidèles (cf. Ac 2, 42). Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II écrivait
qu’avant même d'être une action, la
mission de l’Église est un témoignage et un rayonnement (cf. Encycl.
Redemptoris missio N°26). C’est ce qui se passait au début du christianisme,
quand les païens, écrit Tertullien, se convertissaient en voyant l’amour qui
régnait entre les chrétiens: «
Voyez –
disent-ils – comme ils s’aiment» (cf.
Apologétique,
n. 39 § 7).
En concluant ce rapide
aperçu sur la Parole de Dieu dans la Bible, je vous invite à
remarquer combien l’Esprit Saint est le don
le plus grand que Dieu fait à l’homme, et donc le témoignage suprême de son
amour pour nous, un amour qui s’exprime concrètement comme un «oui à la vie»
que Dieu veut pour chacune de ses créatures. Ce «oui à la vie» prend sa forme
la plus accomplie en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le mal par la
rédemption. À ce propos,
n’oublions
jamais que l’Évangile de Jésus, en raison même de l’Esprit,
ne se réduit pas à une simple constatation,
mais qu’il veut devenir «bonne nouvelle
pour les pauvres, libération pour les prisonniers, retour à la vue pour les
aveugles...». C’est ce qui
s’est produit avec vigueur le jour de la Pentecôte, devenant pour l’Église une
grâce et un devoir envers le monde, sa mission prioritaire.
Nous sommes les fruits de cette mission de l’Église par
l’action de l’Esprit Saint. Nous portons en nous le sceau de l’amour
du Père en Jésus - Christ qu’est l’Esprit - Saint. Ne l’oublions jamais, parce
que
l’Esprit du Seigneur se souvient
toujours de chacun et qu’il veut, en particulier à travers vous les jeunes,
susciter dans le monde le vent et le feu
d’une nouvelle Pentecôte.
5 L’Esprit Saint, «Maître intérieur»
Chers jeunes,
aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue donc à agir avec puissance dans
l’Église et ses fruits sont abondants
dans
la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice.
C’est pourquoi il est important que chacun de nous Le connaisse, qu’il entre en
relation avec Lui et qu’il se laisse guider par Lui. Mais à ce point, une
question surgit naturellement: qui est l’Esprit Saint pour moi? Pour de
nombreux chrétiens en effet, Il est encore le «grand inconnu». Voilà pourquoi,
en nous préparant à la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse, j’ai voulu
vous inviter à approfondir votre
connaissance personnelle de l’Esprit Saint. Dans la profession de foi, nous
proclamons: «
Je crois en l’Esprit Saint,
qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils» (
Symbole de Nicée-Constantinople). Oui,
l’Esprit Saint, esprit d’amour du Père et
du Fils, est Source de vie qui nous sanctifie, «
puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit
Saint qui nous a été donné» (Rm 5, 5). Cependant il ne suffit pas de le
connaître; il faut l’accueillir comme le guide de nos âmes, comme le «
Maître intérieur», qui nous introduit dans
le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous
permettre d’en vivre chaque jour en plénitude. C’est Lui qui nous pousse vers
les autres, allumant en nous le feu de l’amour, et qui nous rend missionnaires
de la charité de Dieu.
Je sais bien toute
l’estime et tout l’amour envers Jésus que vous, les jeunes, vous portez dans
votre coeur et combien vous désirez Le rencontrer et parler avec Lui.
Rappelez-vous donc que
c’est précisément
la présence de l’Esprit en nous qui atteste, qui constitue et qui construit
notre personne sur la Personne même de Jésus crucifié et ressuscité.
Devenons donc familiers de l'Esprit Saint pour l’être aussi de Jésus.
6 Les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie :
Alors, me direz-vous,
comment nous laisser renouveler par
l’Esprit Saint et comment grandir dans notre vie spirituelle? La réponse
est, vous le savez, que cela est
possible
par les Sacrements, car la foi naît et se fortifie grâce aux Sacrements, en
particulier ceux de l’initiation chrétienne: le Baptême, la Confirmation et
l’Eucharistie, qui sont complémentaires et inséparables (cf. Catéchisme de
l’Église Catholique N°1285). Cette vérité sur les trois Sacrements qui sont à
l’origine de notre être chrétien est sans doute négligée dans la vie de foi de
nombreux chrétiens, pour lesquels ce sont des gestes accomplis dans le passé,
sans incidence réelle sur le présent, comme des racines sans sève vitale. Il
arrive qu’une fois, la Confirmation reçue, des jeunes s’éloignent de la vie de
foi. Il y a également des jeunes qui ne reçoivent même pas ce sacrement. C’est
pourtant
par les sacrements du Baptême,
de la Confirmation et, de manière continuée, par l’Eucharistie, que l’Esprit
Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Église, capables
de rendre un vrai témoignage envers l’Évangile, de goûter la joie de la foi.
Je vous invite donc à
réfléchir sur ce que je vous écris. Il est particulièrement important
aujourd’hui de redécouvrir le sacrement de la Confirmation et d’en retrouver la
valeur pour notre croissance spirituelle. Que celui qui a reçu les sacrements
du
Baptême et de la Confirmation se
souvienne qu’il est devenu «temple de l’Esprit»: Dieu habite en lui. Qu’il
en soit toujours conscient et fasse en sorte que le trésor qui est en lui porte
des fruits de sainteté. Que celui qui est baptisé, mais qui n’a pas encore reçu
le sacrement de la Confirmation, se prépare à le recevoir en sachant qu’il
deviendra ainsi un chrétien «accompli», parce que la Confirmation parfait la
grâce baptismale (cf. CCC N°1302-1304).
La
Confirmation nous donne une force spéciale pour témoigner
de Dieu et pour le glorifier par toute notre vie (cf. Rm 12, 1); elle nous
rend intimement conscients de notre appartenance à l’Église, «Corps du Christ»,
dont nous sommes tous des membres vivants, solidaires les uns des autres (cf. 1
Co 12,12-25). Tout baptisé peut apporter sa contribution à l’édification de
l’Église en se laissant guider par l’Esprit, grâce aux
charismes qu’Il donne, car «
chacun
reçoit le don de manifester l’Esprit
en
vue du bien commun» (1 Co 12, 7). Et quand l’Esprit agit, il apporte dans
l’âme ses fruits, qui sont «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance,
foi, humilité et maîtrise de soi» (Ga 5, 22). À ceux d’entre vous qui n’ont pas
encore reçu le sacrement de la Confirmation, j’adresse une invitation cordiale
à se préparer à l’accueillir, en demandant l’aide de leurs prêtres. C’est une
occasion de grâce toute particulière que le Seigneur vous offre: ne la laissez
pas passer!
Je voudrais encore
ajouter une parole sur l’
Eucharistie.
Pour croître dans la vie chrétienne, il
est nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ: en effet, nous
sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie (cf. CCC N°1322; Exhort.
apost. Sacramentum caritatis N° 17). «Source et sommet» de la vie ecclésiale,
l’Eucharistie est une «Pentecôte perpétuelle», parce que chaque fois que nous
célébrons la Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus
profondément au Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous
participez fréquemment à la célébration eucharistique, si vous
prenez un peu de votre temps pour
l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de l’amour qu’est
l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination à consacrer votre vie
à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps
l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces,
l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire de
nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité.
7 La nécessité et l’urgence de la mission
Bien des jeunes
regardent leur vie avec appréhension et se posent de nombreuses questions sur
leur avenir. Et ils se demandent avec préoccupation: comment nous insérer dans
un monde marqué par des injustices et des souffrances nombreuses et graves?
Comment réagir face à l’égoïsme et à la violence qui semblent parfois
l’emporter? Comment donner tout son sens à la vie? Comment faire en sorte que
les fruits de l’Esprit que nous avons rappelés précédemment, «amour, joie,
paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (n. 6),
inondent notre monde blessé et fragile, le monde des jeunes en particulier? À
quelles conditions l’Esprit vivifiant de la première création et surtout de la
seconde création, ou rédemption, peut-il devenir l’âme nouvelle de l’humanité?
N’oublions pas que plus le don de Dieu est grand – et celui de l’Esprit de
Jésus est éminent – plus est grand le besoin du monde de le recevoir et donc
grande et passionnante la mission de l’Église d’en donner un témoignage
crédible. Et vous les jeunes, par la Journée mondiale de la Jeunesse, d’une
certaine façon vous attestez votre volonté de participer à cette mission. À ce
propos, il me tient à coeur de vous rappeler, chers amis, quelques vérités de
base sur lesquelles méditer. Une fois encore, je vous répète que
seul le Christ peut combler les aspirations
les plus intimes du coeur de l’homme; Lui seul est capable d’humaniser
l’humanité et de la conduire à sa «divinisation». Par la puissance de son
Esprit, Il répand en nous la charité divine qui nous rend capables d’aimer
notre prochain et prêts à nous mettre à son service. L’Esprit Saint éclaire,
nous révélant le Christ mort et ressuscité; il nous indique la route pour
devenir davantage semblables à Lui, à savoir pour être «expression et
instrument de l’amour qui émane de lui» (Encycl. Deus caritas est N° 33). Et
celui qui se laisse guider par l’Esprit
comprend que se mettre au service de l’Évangile n’est pas une option
facultative, parce qu’il perçoit combien il est urgent de transmettre aussi
aux autres cette Bonne Nouvelle. Cependant, il convient de le rappeler encore,
nous ne pouvons être des témoins du Christ que si nous nous laissons guider par
l’Esprit Saint, qui est «l’agent principal de l’évangélisation» (Evangelii
nuntiandi N° 75) et «le protagoniste de la mission» (Redemptoris missio N° 21).
Chers jeunes, comme l’ont rappelé à maintes reprises mes vénérés Prédécesseurs
Paul VI et Jean-Paul II,
annoncer
l’Évangile et témoigner de sa foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire
(cf. Redemptoris missio N° 1). Certains pensent que présenter le précieux
trésor de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être
intolérants à leur égard, mais il n’en est pas ainsi, car
proposer le Christ ne signifie pas l’imposer (cf. Evangelii
nuntiandi N° 80). D’ailleurs, cela fait deux mille ans que douze Apôtres ont
donné leur vie afin que le Christ soit connu et aimé. Depuis lors, l’Évangile
continue à se répandre au cours des siècles grâce à des hommes et à des femmes
animés par le même zèle missionnaire. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, des
disciples du Christ n’épargnent ni leur temps, ni leur énergie pour servir
l’Évangile.
Il faut que des jeunes se
laissent embraser par l’amour de Dieu et qu’ils répondent généreusement à son
appel pressant, comme tant de jeunes bienheureux et saints l’ont fait dans
le passé, mais aussi à des époques plus récentes. En particulier, je vous
assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui, vous les jeunes, à porter
la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge. L’indéniable difficulté des
adultes à rejoindre de manière compréhensible et convaincante le monde des
jeunes peut être un signe par lequel l’Esprit entend vous pousser, vous les
jeunes, à prendre en charge cette tâche. Vous connaissez les idéaux, les
langages, ainsi que les blessures, les attentes, et le désir du bien qu’ont les
jeunes de votre âge. S’ouvre à vous le vaste monde des affections, du travail, de
la formation, de vos souhaits, de la souffrance des jeunes... Que chacun de
vous ait le courage de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus
Christ, selon le moyen qui lui semble le meilleur, en sachant «rendre compte de
l’espérance qui est en lui, avec douceur» (cf. 1 P 3, 15).
Mais pour atteindre ce but, chers amis,
soyez
saints, soyez missionnaires, parce qu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission (cf. Redemptoris
missio N°90). N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme saint
François-Xavier, qui a parcouru l’Extrême Orient en annonçant la Bonne Nouvelle
jusqu’à l’extrémité de ses forces, ou comme sainte Thérèse de l’Enfant - Jésus,
qui fut missionnaire sans avoir quitté son Carmel: l’un comme l’autre sont
«Patrons des Missions».
Soyez prêts à
mettre en jeu votre vie pour illuminer le monde avec la vérité du Christ;
pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie; pour proclamer
l’espérance du Christ ressuscité en tout point de la terre.
8. Invoquer une «nouvelle Pentecôte» sur le
monde :
Chers jeunes, je vous
attends nombreux en juillet 2008 à Sydney. Ce sera une occasion providentielle
de faire pleinement l’expérience de la puissance de l’Esprit Saint. Venez
nombreux, pour être un signe d’espérance et un soutien précieux pour les
communautés de l’Église en Australie, qui se préparent à vous accueillir. Pour
les jeunes du pays qui nous accueillera, ce sera une opportunité exceptionnelle
d’annoncer la beauté et la joie de l’Évangile à une société à bien des égards
sécularisée. L’Australie, comme toute l’Océanie, a besoin de redécouvrir ses
racines chrétiennes. Dans l’exhortation post-synodale Ecclesia in Oceania , Jean-Paul II écrivait: «
Par la puissance du Saint-Esprit, l'Église
en Océanie se prépare à une nouvelle évangélisation des peuples qui aujourd'hui
ont soif du Christ... La première priorité pour l’Église en Océanie, c'est de
procéder à une nouvelle évangélisation» (n. 18).
Je vous invite à
consacrer du temps à la prière et à votre
formation spirituelle en cette dernière étape du chemin qui nous conduit à
la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse, afin qu’à Sydney, vous puissiez
renouveler les promesses de votre Baptême et de votre Confirmation. Ensemble,
nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à Dieu le don d’une
Pentecôte renouvelée pour l’Église et pour l’humanité du troisième millénaire.
Que Marie, réunie en
prière au Cénacle avec les Apôtres, vous accompagne durant ces mois et qu’elle
obtienne pour tous les jeunes chrétiens une nouvelle effusion de l’Esprit Saint
qui embrase vos curs. Rappelez-vous que l’Église a confiance en vous! Nous les
Pasteurs, nous prions en particulier pour que vous aimiez et fassiez aimer
Jésus toujours plus et que vous marchiez à sa suite fidèlement. Dans ces
sentiments, je vous bénis tous avec une grande affection.
De Lorenzago, le 20 juillet 2007.
BENEDICTUS PP. XVI
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana
Sommaire