ACCES A UNE
MEDECINE DE QUALITE POUR TOUS
Médicaments/
contrefaçon : mort ou guérison ?
Difficulté de l’accès aux
médicaments pour tous
Aujourd'hui deux milliards de personnes n'ont pas
couramment accès aux médicaments essentiels. 30% de la population mondiale –
entre 1.3 et 2.1 milliards de personnes– n’ont pas un accès régulier aux
médicaments dont ils ont besoin. Pourtant, l’accès au médicament est nécessaire
au développement et au bien-être des populations. Il demeure bien souvent la
solution la plus efficace et la plus économique face aux crises sanitaires, aux
traitements impliquant des prestations techniques, aux pathologies graves ou
quotidiennes. Les médicaments essentiels sont en effet indispensables au
traitement des maladies.
Vouloir procurer un
accès à des médicaments de qualité pour tous en Afrique - comme le
fait AEFJN - c’est un des défis de notre temps. Il fait d'ailleurs l'objet
d'une mention particulière dans les Objectifs du Millénaire pour le
Développement.
L'ajustement structurel, les réformes économiques,
le mouvement de libéralisation et les accords sur la propriété intellectuelle à
l’OMS ont compliqué et fragilisé la situation sanitaire des pays en
développement. Ceci s’aggrave en Afrique par la détérioration des termes de
l'échange des produits agricoles et miniers, ce qui a contribué à la baisse
notoire du pouvoir d'achat des populations.
Le trafic des médicaments de
contrefaçon nous touche tous !
Depuis la fin des années 80 le
trafic de médicaments illicites existe en Afrique actuellement il
prend des proportions mondiales énormes. Par Internet le trafic extrêmement
dangereux de faux médicaments a dépassé les frontières de l’Afrique pour
devenir un problème international.
La contrefaçon de médicaments est un vaste marché
très lucratif évalué à plus de 32 milliards de dollars par an de
bénéfices. Les premiers bénéficiaires sont les mafias internationales, puis les
importateurs et finalement les petits vendeurs pour qui ce commerce est leur gagne-pain.
Tous les pays sont touchés, au Sud comme au Nord de
faux médicaments mal conservés, mal produits arrivent par des circuits
illicites sur les marchés.
Un médicament
sur dix vendu dans le monde serait un faux et les médicaments
contrefaits représenteraient plus de 10 %
du marché mondial(1). Le trafic de médicaments a
place dans le crime international du trafic de drogue ; il serait 25 fois
plus rentable que le commerce de l'héroïne et 5 fois plus que celui des
cigarettes !
Les médicaments vendus en Afrique Occidentale
viennent pour la plupart du Nigeria, où certains y sont produits alors que
d’autres y arrivent d'Inde, de Singapour et de Malaisie. Au Nigeria les
commandes de chaque commerçant sont consignées dans des camions scellés qui
rentrent dans d’autres pays africains sans jamais être fouillés puisque les
formalités douanières sont effectuées d'une manière « spéciale ».
Une étude réalisée dans 10 localités du Bénin a
enregistré 6,000 vendeurs de médicaments, surtout des femmes (1,500) qui
travaillent dans les marchés tandis que 3,500 pratiquent la vente
ambulante. 85% des habitants du Bénin achètent leurs médicaments sur le marché
parallèle
(2). L'utilisation des
médicaments de contrefaçon fait perdre 4 à 5 milliards (CFA) de recette fiscale
à l'Etat et 30 milliards de manque à gagner pour les pharmacies.
La contrefaçon augmente parce qu’elle produit de
grands bénéfices et le public est plus concerné par le prix des médicaments que
par leur qualité. Une autre difficulté s’ajoute car la contrefaçon améliore
l’emballage sans améliorer le produit. Il y a beaucoup de qualité dans la copie
des médicaments, ce qui rend plus difficile de reconnaître visuellement le faux
du vrai.
Le choix de ce circuit informel de distribution par
certaines franges de la population est
dû
à leur extrême pauvreté, mais aussi et surtout à l'
ignorance des dangers liés à la consommation de produits qui
s'affranchissent des normes internationales de contrôle. A long terme le
produit pharmaceutique illicite revient beaucoup plus cher au consommateur et
au pays et est extrêmement dangereux pour la santé du client.
Le problème c’est que les médicaments sont chers,
mais il existe des réseaux pour acheter des médicaments de qualité et
accessibles à la population.
Les dangers des médicaments de
contrefaçon
Le problème des médicaments de contrefaçon vendus
dans la rue ou sur les marchés, sans sécurité d’authenticité, ni information
sur l’emploi est un des graves problèmes de santé en Afrique. On vend des
pilules à l’unité, classifiées par couleurs, sans emballage, exposées à la
poussière, sans date de péremption. La réussite de ce commerce est due au fait
qu’il est très lucratif et qu’il offre des médicaments meilleur marché que dans
les pharmacies, et accessibles même là où il n’y a pas de pharmacie. Ces
médicaments sont obtenus sans ordonnance et sans consultation médicale. C’est
le
vendeur qui devient le « médecin
improvisé » et conseille au malade quel médicament prendre et à quelle
dose.
L'OMS estime que chaque année, 200 000 malades
atteints de paludisme meurent à cause de médicaments de mauvaise qualité, soit
le dixième des décès attribués au paludisme! En cause : de nombreux faux
antipaludéens qui circulent sur le marché mondial. D'autres produits, tels que
des pilules contraceptives inefficaces et des préservatifs non étanches sont
les plus contrefaits
(3).
Des études révèlent que la moitié des produits
contrefaits vendus sur les marchés africains ne contiennent pas du tout, ou pas
suffisamment de principe actif, ce qui peut provoquer l'apparition de
résistances. On sait comment les maladies infectieuses, les résistances aux
antiparasitaires, et particulièrement aux antipaludéens sont en grande partie
liées au fait que les gens prennent des produits sous dosés, mal préparés ou
périmés. Mais il y a aussi les dérives de
fabrication, impuretés qui peuvent être toxiques avec des conséquences
graves pour le consommateur parfois même la mort. Les cas d'insuffisance
rénale, de perforations intestinales et de troubles cardiaques dus aux effets
secondaires de ces produits pharmaceutiques pouvant créer des risques vitaux
deviennent fréquents. Un professionnel de la santé
(4) affirme que dans un
hôpital, une moyenne de 10 patients par jour souffre d’insuffisance rénale
probablement produite par ces médicaments. Un d’eux meurt chaque jour.
Tout médicament peut être dangereux, et il n’est
efficace que s'il est bien conservé et bien utilisé.
Les médicaments de la rue sont sources d'intoxication (au soleil sans respecter
la température, ni la date de péremption, ni label de qualité) et un vrai
danger public.
L’Afrique et le combat contre le marché illicite des
médicaments
Pendant que
l’Union
Européenne (UE) est
concernée par
des produits de contrefaçon sur Internet,
l’Afrique l’est par la vente dans les rues. Puisque le problème est
à échelle mondiale,
l’UE et l’Afrique
ont décidé de travailler ensemble pour trouver des solutions à ce problème
commun.
En Afrique le commerce illicite des médicaments dans
la rue est un fléau et un sujet sensible dont l’intérêt croît. Devant
l’ignorance du public face aux dangers et aux possibles effets nocifs de ces
médicaments de la rue, des professionnels de la santé organisent des campagnes
de sensibilisation et d'information. En dépit de cela les commerçants
continuent de vendre allègrement leurs produits. Sans prévention, les
populations iront toujours se servir sur des marchés parallèles, parce qu'elles
croient que le médicament est moins cher dans la rue, ce qui n’est pas toujours
le cas, mais la vente de produits à l’unité les rend plus accessibles.
Beaucoup de
pharmaciens en Afrique ont engagé la guerre contre les médicaments de la rue.
Les ordres des pharmaciens se mobilisent, créent des réseaux, organisent des
campagnes. La « semaine africaine de sensibilisation sur les dangers du
marché illicite de médicaments » est l’occasion d’organiser de vastes
campagnes nationales de sensibilisation telles que «
les vrais médicaments sont en pharmacie et pas ailleurs »
et «
les médicaments de la rue,
ça tue » et «
le
pharmacien garantit un circuit et la qualité des produits ». Des
informations sont disponibles à l’usage du pharmacien pour lui expliquer
comment détecter une contrefaçon et un autre style d’information l’est pour le
grand public et les patients.
Des professionnels de la santé et des politiciens
sont aussi impliqués dans ce marché, mais la mobilisation est plus forte parmi
les pharmaciens. Toutes les rencontres et conférences organisées depuis peu,
traitent du sujet. Ainsi le 8e forum Pharmaceutique International de Lomé
(Février 2007) avait comme thème “le marché du médicament illicite en Afrique”.
Les participants ont proposé aux gouvernements de prendre des mesures concrètes
pour lutter efficacement et durablement contre la vente illicite, la
contrefaçon et la contrebande des médicaments.
Seront-ils écoutés ? Quelques uns des acteurs impliqués dans ce
marché pourraient être aussi part de la solution du problème, mais comme leurs
intérêts diffèrent, cela rend la tâche difficile. Ce manque de volonté
politique uni à l’absence de législation et de laboratoires de contrôle
renforce la vente illicite.
Le problème
des médicaments illicites est ample : économique, social, de santé… La réponse doit donc avoir
un caractère nécessairement multisectoriel, et multi acteurs :
industriels, distributeurs, personnel médical, pharmaciens et autorités
publiques doivent faire front commun. L’harmonisation des prix dans ce secteur,
la mise en place de systèmes de sécurité sociale, ainsi que la promotion des
médicaments essentiels génériques (MEG) peuvent être des chemins vers une
solution du problème.
L’initiative
UNITAID
qui a été récemment établie par le
Brésil,
la France, le Chili ,la Norvège et le
Royaume Uni -alimentée par la taxe sur
les billets d'avion - a permis de mobiliser la communauté internationale
sur la question majeure de la fourniture continue et à des prix accessibles de
médicaments de qualité traitant le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose,
les trois maladies les plus meurtrières sur le continent africain. B. Iñarra
LES ACCORDS ECONOMIQUES entre l’UE et l’AFRIQUE
Le commerce africain et les Accords de Partenariat
Economique. (APE)
Le commerce, bien géré, peut sortir des millions de
personnes de la pauvreté. Mais les
APE en cours
de négociations entre l’UE et les pays ACP pourraient
rétrécir l’espace
politique des pays africains dans leur choix des solutions les meilleures
pour éradiquer le pauvreté, encourager le développement et protéger
l’environnement. Les APE menacent de miner la diminution de la pauvreté, la
croissance économique future et supprimer le gagne-pain des populations, ces
accords auront donc un impact significatif pour les générations actuelles et futures
des pays ACP. AEFJN suit de près les négociations et organise des actions pour
s’assurer que la subsistance et l’avenir de millions de personnes plus démunies
d’Afrique sont au cœur des débats.
Le commerce en Afrique fait face à des problèmes que les
APE ne résoudront pas :
-
La
proportion du commerce représentée
par tous les pays sub-saharien est équivalente à celle du commerce de la
Belgique.
-
La
population clairsemée dans un vaste
continent rend difficile l’établissement d’infrastructures. Le manque de
ressources se manifeste dans le
manque d’infrastructures utiles :
au plan physique, les routes, ports, marchés…, au plan financier : les
banques, compagnies d’assurances…, au plan institutionnel : des
gouvernements faibles, le manque d’institutions qui régissent la législation du
commerce…, au plan technique : le manque de technologies modernes… Le
transport de marchandises de Mombasa à Nairobi coûte plus cher que ces mêmes
marchandises transportées de Mombasa en Europe. En Afrique environ 7 containers
sur 10 sont ouverts pour contrôle, ce qui fait grimper les prix.
Le
flux des investissements vers l’Afrique se fait surtout
dans la recherche de matières premières et les profits ne sont pas
réinvestis sur le continent. Les multinationales visent l’extraction des
matières premières envoyées à l’extérieur du continent. Ceci crée des recettes
à l’exportation aux dépens d’une industrie domestique de transformation, ce qui
mine la diversification et renforce la dépendance du pays pour les produits
sans valeur ajoutée.
La
plus grande partie du commerce africain est
faite avec les pays développés (EU ; USA et maintenant la chine). Le
commerce officiel entre pays africains est au minimum, ce qui crée une
difficulté supplémentaire contre le renforcement de communautés économiques
régionales. Même l’Afrique australe comme destination d’exportation est de
faible importance dans la région.
Vers
de nouveaux accords économiques.
Les
Accords de Yaoundé et de Lomé ont régulé les commerce entre les anciennes
colonies d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et les pays membres
d’Europe depuis l’indépendance des pays ACP jusqu’en 2002. Ce
régime commercial « asymétrique »
(sans obligation d’avantages réciproques) a favorisé les exportations des pays
ACP vers l’UE et a ainsi permis à ces pays, grâce à la perception des taxes
douanières sur les produits importés de l’UE, d’augmenter leurs bénéfices. Les
pays ACP bénéficiaient d’un accès hors taxe dans un sens unilatéral pour la
plupart de leurs exportations, et n’étaient pas contraints d’ouvrir leurs
marchés aux biens venant d’Europe qui nécessitaient le paiement de taxes.
Quelques
pays d’Amérique latine, appuyés par les USA, ont
considéré ce « traitement spécial » de denrées
incompatible avec les règles de l’OMC
(Organisation Mondiale du Commerce), se trouvant « discriminés » par
l’UE pour le commerce du sucre et des bananes. En 2002, lors de la fin de la
Convention de Lomé, l’UE a demandé à l’OMC une «
autorisation spéciale » valable jusqu’au 31 décembre 2007, date à laquelle
le nouveau système de commerce non réciproque entre l’UE et les ACP remplacera
l’ancien.
En
2002, le nouvel Accord de Cotonou entre
l’UE et les pays ACP est entré en vigueur. Les signataires se sont mis
d’accord sur un procédé d’établissement des APE qui poursuivrait la
libéralisation du commerce et créer de nouveaux espaces de cette libéralisation
pour la fin 2007. Ces accords commerciaux sont les APE actuellement en cours de
négociations.
L’UE veut
poursuivre une libéralisation qui va bien au-delà des exigences de l’OMC, introduisant des domaines que les pays en voie de développement ont
rejetés à l’OMC (investissements, propriété intellectuelle, services et offres
gouvernementales).
L’UE
a établi
6 groupes pour les négociations,
dont 4 d’entre eux en Afrique : SADC (Afrique australe) ; ESA
(Afrique orientale) ; ECOWAS (Afrique occidentale), CEMAC (Afrique
centrale). Les négociations des APE sont supposées finir en décembre 2007 pour
que le nouvel accord entre en vigueur en janvier 2008.
Les
pays ACP s’attendent à ce que ces nouveaux accords leur
offrent un meilleur accès aux marchés de l’UE, ce qui profite au
développement. Ceci n’est pas du tout certain car dans le dernier Accord de Lomé l’accès accordé
aux marchés européens n’a pas aidé ces pays à diversifier leurs exportations.
Il faut aussi noter la difficulté pour
des économies vulnérables qui doivent traiter avec des pays producteurs du Nord
super efficaces. Le résultat final sera sans doute bénéfique aux acteurs super
puissants des chaines de distribution, sans beaucoup de doute les compagnies
européennes.
Beaucoup
de pays africains envisagent la libéralisation du commerce comme une chose
nécessaire, mais le problème c’est de voir comment effectuer cette
libéralisation.
Une ouverture trop
rapide des marchés africains aux produits européens risque de faire mal aux
fermiers et jeunes industries d’Afrique.
Impact
des APE
La
libéralisation du commerce dans les pays africains et leur engagement dans des
domaines tels les services et les investissements peut enlever le gagne-pain à
des millions de personnes démunies. Le manque de compétitivité des compagnies
de transformation africaines peuvent augmenter les pertes.
Voici
quelques impacts négatifs que les APE pourraient avoir en
Afrique :
Dans
ce régime de « libéralisation du commerce », les
barrières et tarifs douaniers des importations venant d’Europe et
des pays ACP seront
éliminés. Ceci
aura pour effet de
diminuer les revenus
des gouvernements et donc en conséquence, une diminution des budgets des
investissements sociaux (infrastructures, santé, éducation, services sociaux).
Les
importations subventionnées peuvent faire
croître
l’insécurité alimentaire car elles provoqueront la diminution des
productions agricoles et la perte de moyens de subsistance pour des millions de
personnes.
Les
APE seront très coûteux pour les secteurs productifs de l’économie et vont
heurter le peuple africain :
-
Les compagnies locales seront incapables de concurrencer les importations bon
marché des compagnies européennes, ce qui créera la
suppression d’emplois et la p
erte
de revenus pour les gouvernements.
- La
fermetures d’industries de transformation, sera source de
chômage et de retard dans l’industrialisation.
- La
baisse du pouvoir d’achat des
consommateurs et de provisions pour une sécurité sociale minimale.
- L’
affaiblissement des secteurs économiques
locaux dans les domaines des services
et des biens, vu la force des compagnies européennes.
- La
fuite des capitaux africains au
détriment des entrepreneurs locaux, des coffres des états et des groupes à bas
revenus.
-
Les soumissions gouvernementales vont réduire l’économie nationale et les
impératifs préférentiels.
-
Les propriétaires terriens vont être dépossédés de leurs terres et cela
supprimera les moyens de subsistance de beaucoup de fermiers africains vu que
les produits non essentiels,
voués à
l’exportation (comme les fleurs, les légumes et les fruits) ainsi que le
tourisme (grands parcs nationaux) vont prendre le pas sur les besoins des
populations et la souveraineté alimentaire.
-
Ceci
minera les objectifs de
développement des pays africains ainsi que
la
souveraineté des peuples et des états.
-
Ceci
affaiblira le processus
d’intégration régionale ainsi que les gains réalisés jusqu’à présent.
Pour que les APE apportent un quelconque avantage à l’Afrique, une aide
puissante pour les besoins commerciaux doit être procurée à ces pays, pour
neutraliser le prix de cette libéralisation.
Négociations
Les
négociations en cours entre l’Afrique et l’UE sont ardues. Les pays
ACP sont préoccupés par la dimension de
développement des accords tandis que l’UE essaie d’introduire une
libéralisation qui dépasse de loin les biens. Les négociateurs africains
sentent que l’UE manque de souplesse pour tenir compte de leurs demandes et que
le bénéficiaire principal des APE sera l’UE. Ils voient que l’intégration
régionale poussée par l’UE ouvre une porte pour celle-ci sur les marchés
africains. Ainsi, les exportations de l’UE vers la région COMESA va s’accroître
à 1.152 millions $. Il y a méfiance des deux côtés. Même si dans le
« préambule et introduction », l’UE inscrit le développement comme
but principal des APE, quand on en vient au concret des négociations, il semble
que la Commission européenne s’éloigne de l’esprit de Cotonou.
Les
ébauches des négociations viennent d’apparaître ces jours-ci, ce qui rend
difficile l’analyse de la position de chaque région dans les négociations.
Pourtant, certaines difficultés et les points les plus durs ont déjà fait
surface.
L’
UE a promis « l’accès à la
libéralisation du commerce » sur les marchés européens pour tous les
produits en provenance des ACP. Ceci veut dire que l’UE supprimera tous les
quotas et tarifs sur les produits agricoles et fermiers (bœuf, produits
laitiers, céréales et tous les fruits et légumes actuellement sous les
restrictions du marché de l’UE) ainsi que les biens industrialisés. L’UE a
aussi accepté de laisser hors de la libéralisation les produits
« sensibles » importants pour les domaines sociaux et économiques,
mais la liste de ces produits n’est pas encore établie pour chacune des
régions. La création de cette liste s’avère difficile vu que des pays
appartenant à une même région ont des priorités différentes, par ex. le sucre
dans la région ESA. L’île Maurice,
bénéficiaire actuel du « protocole du sucre va perdre la garantie actuelle
des prix tandis que des pays moins développés de cette région désirent plus de
libéralisation sur le sucre. Ces
différences
de régime peuvent créer des divisions au sein des régions.
Les
membres des gouvernements et les négociateurs confirment officiellement qu’ils
vont signer les accords en 2007 mais en privé, ils confessent leurs inquiétudes
quant frein au développement que les APE vont provoquer.
La
Commission européenne augmente la pression sur les pays ACP pour conclure
un marché avant la fin de
l’autorisation spéciale de l’OMC en décembre prochain, ceci malgré les retards
importants pris dans les négociations, les inquiétudes à propos de la capacité
des ACP de mettre en pratique les APE et le
« manque alarmant de transparence » dans les négociations. La
CE a menacé d’accroître les tarifs sur les exportations des ACP si le marché
n’est pas conclu en temps voulu. B.
Iñarra
CONTRÔLE DES ARMES LEGERES
Les Etats s’engagent à ne rien négliger pour la
libération des enfants soldats.
Les
gouvernements et les groupes armés qui recrutent des enfants dans leurs armées
ne seront bientôt plus capables de « passer par les mailles du
filet ». L’ancien Ministre des Affaires Etrangères de France Philippe Douste-Blazy l’a annoncé lors d’une
conférence tenue à Parie en février dernier. Il a souligné que ces enfants sont
comme « une bombe à retardement » qui menace la stabilité et la croissance
de l’Afrique et d’ailleurs.
Mr.
Ishmaël Beach, un ancien enfant soldat de la Sierra Leone a développé cette
idée.
Si les jeunes « anciens
combattants » ne sont pas rapidement réintégrés dans la société de leur
pays, ils risquent de devenir des mercenaires. « Ils savent comment se
servir d’une arme. S’il y a un conflit à la porte voisine et qu’on envisage du
pillage et un gain de 100$ par jour, ils vont partir là-bas sans hésiter un
instant. » Il est certain que ce n’est pas facile de réintégrer les
enfants soldats dans la société. Il dit lui-même être un vivant exemple de
cela.
Cette
rencontre, appelée la conférence des Enfants libérés de la Guerre, a été
organisée par le gouvernement français et l’UNICEF (Fonds des NU pour
l’enfance).
58 gouvernements et des
douzaines d’ONG ont envoyé des représentants qui ont signé un nombre de
principes, connus comme les Engagements de Paris. Dans ces accords, ils
s’engagent à mobiliser tous leurs efforts pour faire cesser le recrutement et
l’emploi illégaux d’enfants par des forces ou des groupes armés dans quelque
région du monde que ce soit. »
L’
ONU estime qu’il y a environ 300.000
enfants (c’est-à-dire des jeunes de moins de 18 ans) qui sont actuellement
enrôlés dans des conflits militaires dans une série de pays dont la moitié sont
des pays africains. Si les Engagements de Paris ne sont pas légalement
contraignants, ils ont un poids moral et politique indéniable d’après l’opinion des participants à la rencontre. Le
ministre ivoirien des Affaires Etrangères, Youssouf Bakayoko a défini l’accord
comme une « percée ».
Les
responsabilités gouvernementales.
Depuis
1966, lorsque l’ancien ministre de l’Education du Mozambique, Graça Machel a
présenté un rapport très impressionnant, commandé par l’ONU à l’Assemblée
Générale, sur l’impact que les conflits exercent sur les enfants, une part
importante des campagnes contre le recrutement d’enfants soldats a été menée
par l’ONU et les ONG. Mais à Paris, pour la première fois, beaucoup de
gouvernements ont signé voulant s’engager à lutter contre ce recrutement et
parmi eux on retrouve un nombre important où les enfants sont encore enrôlés
dans des milices. Parmi les pays d’Afrique signataires on retrouve le Burundi,
le Tchad, la Côte d’Ivoire, la RD Congo, la Somalie, le Soudan et l’Ouganda.
« Les
gouvernements ont la responsabilité première » de protéger les enfants et
de les réintégrer dans la société civile déclare le document de Paris. Ceci
inclut, dans le concret, qu’on veille à identifier et à sécuriser la libération
de tous les enfants enrôlés par des groupes armés, et cela « en tous
temps, même durant les conflits armés ». En d’autres mots, il ne s’agit
pas d’attendre les cessez-le-feu ou les accords de paix pour libérer ces
enfants et il ne s’agit pas que les groupes armés les utilisent comme boucliers
lors des négociations de paix.
De
plus, d’après le document, les accords de paix ne peuvent assurer la paix à
ceux qui ont exercé le commandement ou ont recruté ou encore ont exercé des
violences ou perpétré d’autres crimes envers des enfants. Les gouvernements et
tribunaux se doivent de poursuivre les personnes accusées de tels actes…
Les
participants à cette conférence ont aussi reconnu que les
enfants responsables de crimes ne doivent pas être uniquement regardés
comme des violateurs de la loi mais « surtout comme des victimes de
violations qui enfreignent la loi internationale ». En accord avec les
normes internationales de justice pour la jeunesse, les autorités doivent
chercher des alternatives aux procédures
judiciaires.
Attention
particulière aux filles.
La
conférence a souligné la situation critique des filles, dont beaucoup ont dû,
par la contrainte et la force, travailler comme
esclaves domestiques, ont subi des
viols et d’autres abus sexuels et ont parfois été forcées à se
battre. Dans certains groupes, les filles représentent 40% des enfants recrutés, ceci d’après une
estimation de l’ONU. « Ce sont surtout les filles qui sont forcées à
accomplir les services sexuels » d’après la Directrice Exécutive de
l’UNICEF, Ann Veneman. Elle ajoute d’ailleurs, que cela porte comme résultat la
privation pour ces enfants de « leurs droits et de leur enfance ».
Les Accords de Paris en appellent aux gouvernements et autres acteurs d’être
attentifs aux « besoins spécifiques de ces filles et de leurs enfants en
leur assurant protection et assistance ». Ils soulignent aussi que pour
les filles et les garçons qui ont été libérés de ce « service
militaire », un soutien à long terme est indispensable pour assurer le
succès de la réhabilitation et de la réintégration.
Des pays pauvres d’Afrique manquent souvent de
ressources pour accomplir seuls cette tâche. La
présidente du comité parlementaire des droits humains en Somalie, Mme Qamar
Aden, comité a stipulé que l’Afrique « en appelle à la communauté
internationale pour l’aider dans la réintégration des enfants soldats dans la
société ». Elle estime qu’en Somalie, lors des conflits les plus récents,
environ 70.000 enfants ont été enrôlés comme soldats par l’un ou l’autre camp.
Si
certains enfants peuvent « volontairement » joindre un groupe armé,
en général pour obtenir de la nourriture ou la protection, « aucun n’est
né violent ». Comme le note Mr Beah, lors de la rencontre de Paris,
« aucun enfant d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie ne veut devenir
partie prenante d’une guerre ».
By Ernest
Harsch, Africa Renewal, Vol.21, No.1 April 2007, pp. 4-5
La voix forte d’un ancien enfant soldat
Ishmaël
Beah n’avait que 12 ans quand il s’est retrouvé « sans abri » en
1993, à cause de la guerre civile de Sierra Léone. Un an plus tard, il a reçu en
même temps de la drogue et une arme et a connu son baptême du feu. Après trois
années de conflits, durant lesquelles il a tué et a été blessé, il a été
secouru par une équipe UNICEF et libéré de son engagement militaire. Il fut
envoyé dans un centre de réhabilitation où il lutta pour retrouver sa dignité.
Il lui fut très difficile de réintégrer la société car beaucoup de citoyens
tenaillés par la peur et la suspicion, les dévisageaient, lui et ses
compagnons. La plupart des gens de sa famille étaient décédés. Ishmaël Beah
partit alors pour les USA. Il publia, d’abord sous des pseudonymes, des
articles terrifiants sur son expérience d’enfant soldat ». Il craignait
les réactions de ses professeurs et compagnons du collège Oberlin (dans l’Ohio)
lorsqu’ils sauraient qu’il avait été enfant-soldat.
Après
sa graduation à Oberlin (en2004), Mr Beah s’est adressé à maintes reprises à
des publics variés sans plus taire sa vraie identité. Il est devenu un membre
de la section Droits de l’Enfant dans l’ONG Human Rights Watch. Au début 2007,
peu de temps avant la conférence de Paris sur « Les Enfants libres de la
guerre », il a publié ses mémoires «
A Long Way Gone : Memoirs of a Boy Soldier » by Ishmael Beah (Sarah Chrichton
Books/Farrar, Straus and Giroux,New York, 2007 ; 229 pp.) Il s’agit
d’un ouvrage bien écrit, qui relate, avec sobriété mais aussi des accents
déchirants, la descente d’un enfant-soldat vers l’enfer et la manière dont il
en est sorti. Ce livre, récit rare d’un enfant qui dans sa perspective parle de
la guerre, est rapidement devenu un best-seller de la non-fiction. Articles
traduits par A. Charles
SOUVERAINETE
ALIMENTAIRE
NOTE (postérieure à la
rédaction de l’article) :
Le
22 juin, le Comité des négociations de Commerce retourne à Genève dans un climat
de crise suite à l’échec de la réunion du G4. En effet, l’Inde et le Brésil ont
rejeté les exigences des USA et UE : ouverture trop rapide de leur marché et
introduction de "New Trade Flows". De plus, les 2 camps partaient de
principes opposés conduisant à l’échec de la discussion du G4.
Les
PVD profitent de l’absence de consensus du G4 pour insister sur la nécessité de
transparence et d’un processus plus démocratique des négociations au sein de
l’OMC. Qu’adviendra-t-il de Doha ?
1.
Ces institutions qui dirrigent le
monde…
OMC, Banque Mondiale et FAO amorcent un changement de
discours : Est-ce parce qu’ils constatent qu’ils scient la branche sur laquelle ils
sont assis ? Ou est-ce parce qu’ils voient le lien entre la sécurité et la
gestion des ressources vitales ? Ne nous y trompons pas, ils demeurent
fidèles aux objectifs que nous leur connaissons. Mais profitons de ces
ouvertures pour promouvoir les droits que nous revendiquons et les alternatives
que nous proposons.
1.1. Quels
sont les progrès de l’OMC pour l’agriculture en Afrique ?
Le 30 avril 2007, le président du Comité sur
l’agriculture de l’OMC a réalisé un document de synthèse
(5) dont le but est de
redynamiser le processus de négociations. Falconer se dit
« provocateur ». Toutefois, nous observons peu de changements
profonds en faveur de l’Afrique. Les vraies questions, telles les distorsions
de marché et les divergences de capacité à concurrencer sur les marchés, ne
sont pas abordées équitablement.
Maintenant, les membres
doivent se décider soit pour un accord basé sur les principes définis à
Doha, avec des règles commerciales qui encouragent « la reprise,
la croissance et le développement »,
soit
pour un accord dans la lignée de la libéralisation de l’agriculture telle
que définie par le cycle de l’Uruguay. Ce dernier est le plus probable parce
que le rapport ne mentionne pas les « besoins spéciaux »
(6) et, de plus, il ne
donne pas corps aux propositions du G33. Les débats se multiplient. Les
inégalités de pouvoir se jouent déjà à ce niveau.
Que retenir ?
- Falconer descend le nombre de
« produits spéciaux» à 5-8 % (actuellement : 20 %).
- Il ne remet pas en cause les subventions agricoles qui distordent le
marché, mais il en réduit les plafonds.
(7)
- Il demande aux PED d’abandonner
leur volonté de définir des règles commerciales en partant des priorités de
développement et, parallèlement, d’accepter que les pays riches trichent avec
leur théorème du libre-échange.
- Deux progrès :
Fixer
un plafond maximal par produit des avantages cumulés (boite orange et boite
bleue) pour éviter les supercheries.
Aide
alimentaire : Falconer renvoie la définition d’urgence et de sa durée,
l’évaluation des besoins et le déclenchement de l’aide, au droit international
et aux organisations onusiennes. À ce stade, il n’interdit pas complètement la
monétisation de l’aide.
1.2. Après 25 ans, la Banque Mondiale revisite
l’agriculture : La BM reconnait son rôle dans la réduction de la pauvreté
et son statut politique. (Le rapport sera publié en septembre.)
L'un des principaux auteurs du rapport affirme : «
On s'est clairement placé au-delà du
consensus de Washington(8), parce que la pauvreté n'a pas reculé, et que maintenant il y a
l'urgence environnementale."
"
L'accélération
du changement climatique, l'imminence d'une crise de l'eau, la lente adoption
des nouvelles biotechnologies, et le bourgeonnement de la demande de
biocarburants et d'aliments pour le bétail créent de nouvelles incertitudes sur
les conditions dans lesquelles la nourriture sera disponible dans l'économie
mondiale".
La Banque Mondiale reconnaît l’enjeu majeur de l’aide
au secteur agricole que les gouvernements
devraient apporter et ce, «
en
faveur d’une distribution et d’une responsabilité financière efficaces ».
1.3.
La
FAO ose timidement troubler le discours de ses bailleurs de fonds.
« Une
volonté politique est nécessaire pour stopper la dégradation des écosystèmes
grâce à des
changements au niveau des
politiques, des institutions et des pratiques agricoles» déclare
M. Müller (Sous-directeur général de la FAO)
(9) . « L’agriculture
doit figurer au centre de la scène si l’on tient à préserver l’équilibre
écologique dont dépendent les générations actuelles et futures. »
“Une bonne partie du débat sur
la biodiversité, le changement climatique et la bioénergie se
déroule
sans la participation effective
du secteur agricole et des ministères concernés. Cela doit changer. En
outre, nous avons besoin, de toute urgence, d’une analyse mondiale sur les
risques environnementaux liés à l’agriculture afin d’identifier des solutions
au double plan écologique et économique.”
Le
réchauffement
climatique augmentera la pression sur l’environnement alors que les
systèmes de production actuels seront déstabilisés par les pénuries d’eau, la
salinité, l’aridité et l’élévation des températures. En outre, les
monocultures destinées à la production de
biocarburants devraient accélérer l’érosion de la biodiversité.
Le Comité de l’agriculture doit se pencher aussi sur
le dossier de l’
élevage et discuter
des dégâts environnementaux provoqués par l'
élevage intensif. “Il faut rectifier le tir sur le double plan
politique et technique pour réduire l’impact de l’élevage sur l’environnement,
et cela avant que la situation ne s’aggrave”, selon M. Müller.
En outre, le rapport de la FAO cite des modèles
récents sur l’approvisionnement mondial qui montrent que
l’agriculture biologique peut produire assez par tête d’habitant
pour nourrir la population actuelle de la planète.
1.4 L’
Union Européenne, de son côté, affirme la nécessité et le rôle particulier d'une
diplomatie européenne des
politiques
étrangères et de sécurité dans le cadre international
pour faire face aux défis engendrés par le changement climatique.
2. Les
agrocarburants : quels critères de durabilité ?
La Commission Européenne de l’Energie vient de
procéder à une consultation en vue de la législation des biocarburants. Les réponses illustrent très bien la confrontation
entre : les sociétés pétrolières (réponses purement techniques et
financières + ne pas distinguer les biocarburants de 1° et 2° génération) et
les agriculteurs et la Soc. Civile (souci: agronomie, droits humains,
concurrence food/energy, environnement).
Pour l’AEFJN, le
véritable objectif ne se réduit pas à limiter l’émission de gaz à
effet de serre au-dessus de notre territoire par nos transports, mais bien d
’engager un nouveau mode d’utilisation des
ressources (fossiles et vivantes)
dans
l’ensemble des activités économiques et sur l’ensemble de la planète. C’est
alors que nous pouvons véritablement parler de
système durable.
Les
critères
de durabilité sont alors :
- Répondre aux
besoins primaires de la population, tant au Nord qu’au Sud de la planète, à
savoir :
Disponibilité et accès à la
nourriture
Disponibilité et accès à de l’eau
potable
Disponibilité et accès à la terre
agricole
- Ne pas provoquer de
pression néfaste sur les prix de la terre, des denrées alimentaires et de l’eau
potable
- Ne pas engendrer de surcoût
énergétique et/ou environnemental (Processus de production, transport, produits connexes)
- Respecter les capacités
agronomiques du sol et la régénération de la couche arable: alternance des cultures,
respect de la biodiversité, mode de production (distinguer culture intensive,
intégrée et bio).
- Prioriser le recyclage de
produits secondaires déjà produits par ailleurs.
Il est donc urgent de commencer par reprendre les
études scientifiques qui englobent l’ensemble des facteurs (intrants, produits,
produits connexes et effets secondaires) ayant trait à la production, au
transport et à la commercialisation des agro-carburants, sans oublier leur
impact économique, environnemental et social sur les denrées alimentaires. Il
est également essentiel de soutenir la R&D de nouveaux procédés plus
efficients et d’étudier sérieusement la réduction globale de la consommation
d’énergie, d’améliorer la concertation et la cohérence politique entre les
Commissions qui traitent de ces dossiers sous des aspects différents et, enfin,
d’harmoniser la législation en UE.
27 juin 07 : rencontre entre Parlement Europ. &
ONG : « Implications pour le Sud de la politique européenne du
développement des biocarburants pour le transport » + rencontres
préparatoires et évènements latéraux.
NB : Des professeurs d’université d’Afrique du
Sud viennent de recevoir un prix d’encouragement
(10) pour leurs recherches sur
les agro-carburants, dont ceux de 3
ème génération (recours aux
levures et autres micro-organismes). C.
Fouarge
MERCI POUR
VOTRE COLLABORATION
- Beaucoup d’entre vous ont répondu au message de
Mgr Maroy, Archevêque de Bukavu, dans lequel il décrit la situation qui prévaut
dans son diocèse. « Aujourd’hui, nos villages et nos villes sont dominés
par une psychose de la guerre… Au constat de notre peuple, les éléments sont
apparemment réunis pour une nouvelle guerre au Sud-Kivu… Nous sommes des
voisins naturels avec les Rwandais, les Burundais et les Ougandais. Nous sommes
condamnés à vivre ensemble plutôt dans la paix et la concorde dans cette
Sous-région que Dieu nous a généreusement donnée et non en guerre perpétuelle. A quoi nous serviraient de nouvelles guerres
qui ne font qu’appauvrir nos peuples et à créer des inimitiés inutiles… »
Vous trouverez le document en entier sur le
site :
www.aefjn.org.
Le Secrétariat International a mené une action
auprès des parlementaires européens pour les informer de la situation et leur
demander d’intervenir.
Plusieurs antennes, ainsi que l’UCESM (L’union des Conférences européennes des
Supérieurs Majeurs) ont agi, soit auprès des parlementaires et ou des gouvernements de leurs pays
respectifs. Les textes ont été traduits dans plusieurs langues européennes et
sont accessibles sur les sites des antennes dans notre site www.aefjn.org
QUELQUES NOUVELLES
Nous continuons à recevoir des réponses au
questionnaire sur les médicaments. Vous avez été nombreux à nous aider dans
cette enquête et nous avons commencé à dépouiller les réponses reçues. Nous
vous communiquerons les résultats plus tard.
Nous avons
eu la visite de trois personnes
désireuses de mettre sur pied l’antenne polonaise. Nous leur souhaitons de
pouvoir rapidement avoir les rencontres et activités qui
rendront cette antenne efficace.
Sur notre site wwwaefjn.org, vous pouvez trouver des
informations complémentaires sur les dossiers du plan d’action de cette année
ainsi que les « Nouvelles d’AEFJN » et les « Forum d’action ».