Partenaires : AEFJN
NOUVELLES D’AEFJN

N° 25 – juillet 2008
1° Tchad : La force de paix de
l’Union européenne essaie une présence attentive aux populations locales :
4 Juillet 2008 : IPS News
: http://ipsnews.net/africa/nota.asp?idnews=43079
David Axe, Iriba :
L’EUFOR déploie des milliers de soldats polonais,
français ; irlandais et belges et des tonnes d’équipement pour établir une
base militaire importante au Tchad. Ceci requiert chaque jour des milliers de
litres d’eau amenés sur les lieux par des convois français à partir d’Abéché
qui roulent sur les routes très fragiles. L’eau potable fournie par les puits
locaux, 8.000 litres, quantité suffisante pour l’usage normal de 500 familles
typiques tchadiennes, est aussi utilisée de temps à autre. Ceci crée une
friction importante au sein des populations.
Une grosse question,
celle de l’eau, peut devenir trop cruciale pour permettre un compromis durable.
Le Tchad oriental, aride, a toujours souffert d’insuffisance en eau. En 2004,
250.000 réfugiés du Darfour se sont installés dans la région, accroissant la
demande trop grande en eau sur les apports locaux. Le travail considérable
entrepris par un large groupe d’organisation humanitaires qui ont creusé de
nouveaux puits, construit des barrages de collecte de l’eau de pluie, creusé
des canaux pour le stockage dans des réservoirs souterrains de l’eau de pluie a
allégé mais non éliminé le problème. L’EUFOR déploie en ce moment des milliers
de soldats et des tonnes d’équipement dans la région, tous exigent des milliers
de litres d’eau en consommation quotidienne et les pénuries d’eau ont créé
maintenant une crise de l’eau.
2°
Le rapport Taubira sur les Accords de Partenariat Economique
(APE):
Christiane Taubira, parlementaire française de gauche,
représentante de Guyane, fut invitée par Nicolas Sarkozy à rédiger un rapport
qui guiderait la position de la présidence française de l’UE par rapport aux
APE (Accords de partenariat économique) négociés entre l’Union Européenne (UE)
et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique). Sarkozy lui demandait de
clarifier les intentions de la Commission Européenne (CE) à l’égard des pays
ACP, afin de «
restaurer une relation de
confiance», de parvenir à faire pleinement profiter les pays concernés des
retombées d’une ouverture du marché, et de créer une dynamique porteuse de
développement, en favorisant l’intégration régionale.
La Députée a
recueilli
le point de vue de plus de 150 personnalités, Ministres, Diplomates,
Négociateurs, Experts, Socio-professionnels, ONG. Elle a eu deux séances de
travail avec chacun des deux Commissaires Européens en charge des négociations
sur les APE, Peter Mandelson et Louis Michel. Elle est allée sur le terrain
pour avoir des échanges avec des spécialistes sur les questions alimentaires et
de développement. Dans le rapport qu’elle a rédigé Mme. Taubira a esquissé des
solutions pour pallier les lacunes des APE.
Le rapport souligne la
nécessité
de revoir en profondeur la finalité des Accords de partenariat économique
(APE) ainsi que le mandat confié à la Commission européenne dans ses
négociations commerciales avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
(ACP). Il se prononce en faveur d’une
révision
du mode d’action de la Commission Européenne et propose de revoir le calendrier
prévu (finaliser les APE en octobre 2009). Il propose de
revoir l’ampleur de l’ouverture du marché
des pays ACP, pierre angulaire des négociations et source majeure de
mécontentement de la part des pays ACP.
L’accord des APE prévoit une
ouverture commerciale quasi complète - 100% pour le marché européen et
80% pour le marché ACP-, pour faire jouer la concurrence. En éliminant la
plupart des barrières douanières, le marché africain s’expose à être inondé de
marchandises européennes de meilleure qualité et à moindre coût. Les
compensations envisagées par l’UE ne combleront pas le manque à gagner pour ces
pays, d’autant que les droits de douanes qu’ils perçoivent représentent une
part non négligeable de leurs ressources. Le rapport
appelle également à une plus grande transparence dans le processus de
négociation et demande que l’attribution de l’aide européenne soit
dissociée des négociations commerciales.
Dans son rapport
la députée de Guyane prône même un retour aux accords de
«non-réciprocité», car le Nord et le Sud étant développés à des degrés
différents, on ne peut leur imposer la même réglementation libérale. Mme.
Taubira
place le développement durable,
au centre des Accords de Partenariat Economique. Elle suggère une annulation
de la dette extérieure des Etats africains et elle consacre le premier chapitre
à évoquer les solutions pour contrecarrer la crise alimentaire et éviter les
émeutes de la faim.
Ses propositions envisagent de «
protéger le droit à l’alimentation, servir le développement des pays
ACP et non les intérêts commerciaux de l’Europe,
établir une véritable relation de partenariat entre l’Union européenne
et ces 76 pays, dont la plupart figurent parmi les plus pauvres du
monde »
Taubira reprend les
critiques des ONGs et se positionne du côté de la sauvegarde des valeurs humaines. AEFJN avec d’autres ONGs se
réjouit des conclusions et recommandations de ce rapport qui correspondent aux
messages que la société civile d’Afrique et d’Europe promeut depuis le début
des négociations. Les
recommandations de
la Député de Guyane représentent un virage à 180° dans la politique menée
jusqu’ici par l’UE. Son importance est grande pour tous ceux qui désirent
des APE pour le développement.
Ce rapport sur les APE remis le 15 juin à l'Elysée, n'a
toujours pas obtenu le feu vert présidentiel en vue de sa publication et
jusqu’à date aucune réaction n'est parvenue. L'exécutif aurait demandé à la députée de Guyane de revoir sa copie. Pour l’instant en vain.
Christiane TAUBIRA réaffirme que, de son point de vue, ce rapport a vocation à
être rendu public. « Oxfam France - Agir ici » invite Nicolas Sarkozy
à porter ces recommandations auprès des autres Etats membres du Conseil de
l’Union européenne, en vue de faire des APE de véritables outils au service du
développement.
Ce qui dérange probablement, dans ce rapport, c’est son ton
critique, sans concession pour une politique économique qui a, de l’avis de
l’auteure, maintenu les pays africains dans la dépendance vis-à-vis du marché
européen. La relance des APE dans le modèle prévu lui semble dangereuse au vu
de la fragilité des Etats. Selon elle, le changement sera presque imperceptible
pour l’Europe mais risque de mettre à mal des pans entiers de l’économie des
pays ACP.
La présidence
française de l’UE est censée être l’instigatrice d’une dynamique de relance,
dont le rapport Taubira devait poser les jalons. En ne faisant pas de
communication au sujet du rapport, Nicolas Sarkozy laisse entrevoir que la
réaction européenne ne sera pas en faveur des propositions du rapport. Ce qui
est en jeu ce sont les relations stratégiques économiques de l’Afrique et
l’Europe.
Si vous désirez avoir le rapport complet, vous pouvez le demander à
AEFJN begoinarra@aefjn.org
3°
Journée: “Arrêtez les APE” le 27 septembre :
Depuis 2004, la
journée “Arrêtez les APE” a lieu le 27 septembre, anniversaire du lancement des
négociations.
Cette année, les actions APE sont aussi nécessaires que
jamais car
l’UE continue de faire
pression pour obliger les pays ACP d’accepter leur “recette” de libéralisation
du commerce. Toutes les régions ACP ont accepté de continuer les
négociations, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont prêtes à accepter le
paquet UE APE. La société civile européenne doit continuer à dénoncer les
approches de l’UE et créer de la place pour des alternatives.
Puisque le
CARIFORUM APE sera signé le 23 juillet et que les APE intérimaires pourront
suivre après l’été, le parlement européen sera invité à ratifier cela. Nous
avons donc décidé de concentrer nos efforts sur le parlement européen et ses
members.
Les organisations européennes qui font campagne autour des
APE organiseront le mardi 23 septembre une manifestation/rencontre médiatique à
Strasbourg lors de l’assemblée plénière du parlement européen. Des
représentants d’organisations de la société civile ACP seront invités à se
joindre à ces rencontres à Strasbourg et ensuite de joindre nos différentes
capitales pour des actions au plan national auprès des MPE.
4° La Grande Bretagne est le plus gros
exportateur d’armes mondial : Times, 18/06/2008 :
La Grande Bretagne était le
plus grand vendeur d’armes l’année dernière, pour un tiers des
exportations mondiales d’armes, a annoncé l’organisation gouvernementale de
la promotion du commerce. L’UK Trade and Investment (UKTI) a annoncé que les
exportateurs d’armes ont ajouté l’année dernière un montant de 9,7 milliards de
£ dans du commerce nouveau, leur conférant
ainsi une part plus large dans l’exportation des armes que les Etats-Unis. «
Tel que démontré dans cette
performance remarquable dans l’exportation, le RU a une industrie de défense de
première classe, avec quelques compagnies qui sont parmi les plus sophistiquées
au plan technologique. » a déclaré Mr Digby Jones, ministre du
commerce et de l’investissement. L’UKTI a dit que les chiffres étaient relancés
par la commande pour les jets d’Eurofighter Typhoon d’Arabie Séoudite, le plus
gros acheteur d’armes du monde, qui a importé pour un montant de $31 milliards
durant les cinq dernières années. Il y eut aussi des commandes d’Oman et de
Trinidad et Tobago pour des navires de patrouille off shore. Les EU sont encore
les plus gros exportateurs d’armes du monde pour les cinq dernières années avec
un montant de $63 milliards dans l’ensemble des exportations d’armes, la Grande
Bretagne occupe la deuxième place avec $ 53 milliards et la Russie la troisième
avec $ 33 milliards.
5° Appel à l’action pour arrêter les
« Négociations de Doha » (Doha Round) de l’OMC :6 juillet
2008 :
Des ministres d’une douzaine d’états, parmi lesquels les
Etats-Unis, l’Union Européenne, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, les
Philippines, l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Egypte vont
se réunir à Genève le 21 juillet pour essayer de faire passer la
conclusion des négociations de Doha de l’OMC. C’est la dernière
chance avant le départ du président Bush et après des années de négociations,
de conseils de ministres avortés et de recommencements. Les ministres cherchent
à finaliser cette manche défectueuse en laissant de côté des priorités clés
tels la crise alimentaires, le prix des carburants, le réchauffement
climatique, la pauvreté dans le monde et la dette.
Si on arrive à une
conclusion, l’expansion de l’OMC bénéficiera aux larges corporations mais
aura des
effets négatifs profonds sur
les ouvriers, les agriculteurs, les femmes, les consommateurs et
l’environnement. Les conséquences réelles de cette faussement dénommée
« négociation développement » pourraient représenter
:
- Des
pertes d’emplois, un arrêt de l’industrialisation et la fermeture
d’espaces de développement pour les décennies à venir. Les pays riches exigent
que les pays en développement procurent des « accès à de nouveaux marchés,
ce qui signifie frapper dans les tarifs douaniers protecteurs des marchandises
manufacturées et des ressources naturelles.
- Les
productions agricoles, la sécurité alimentaire et le développement
rural seraient placés sous une pression plus forte encore. Les USA et
l’Europe continuent de subsidier les exportations de l’industrie alimentaire
tout en attaquant en même temps les protections vitales pour des millions
d’agriculteurs des pays en développement. C’est un outrage fait à la crise
alimentaire mondiale.
- Une
privatisation accrue et un dérèglement des services, même dans des
secteurs clés tels les finances et l’énergie. L’instabilité récente des marchés
mondiaux démontre la nécessité d’une intervention accrue dans les marchés et
d’une supervision des marchés tant financiers qu’autres au plan mondial et non
d’un plus grand dérèglement.
- Les
efforts faits au plan mondial pour contrôler le changement climatique
risquent d’être entravés par l’expansion de l’OMC.
- Les
pays les plus pauvres seront les plus grands perdants. Les
projections économiques d’un contrat potentiel de Doha faites dans des groupes
de réflexion et même à la Banque Mondiale montrent que le prix des pertes
d’emplois, l’espace restreint pour les politiques et la diminution des tarifs
douaniers vont peser beaucoup plus lourd que les soi-disant
« profits » de ce qui se nomme « la négociation
développement ».
Nous ne pouvons pas permettre la conclusion de cette manche
de Doha. Les mouvements sociaux et les organisations de la société civile sur
toute la planète doivent s’unir pour empêcher que se réalise le programme de
cette manche Doha de l’OMC. Nous lançons un
appel pour :
- 1
- L’organisation de pressions publiques nationales (media,
mobilisations, campagnes) au moment où vos ministres du commerce partent à
Genève et du 19 au 21 juillet, l’assurance que votre gouvernement agit dans
l’intérêt du bien commun, et non pour des sociétés ou des gouvernements
étrangers. « Basic Talking Points » et une liste de « Call to
Action Resources » devraient être inclus dans les annexes à cet appel à
l’action ; s’ils ne le sont pas veuillez prendre contact avec Verda Cook à
verda.cook@gmail.com
- 2 – La
demande d’une rencontre avec votre ministre
du commerce pour lui exprimer votre opposition à la manche de Doha, lui
demander de ne pas accepter les conclusions de Doha et informer votre
gouvernement que vous suivez ses activités à Genève.
- 3 – Prendre contact avec
les media et les informer des effets négatifs de l’OMC sur l’économie, les
ouvriers, les agriculteurs, les consommateurs, les pêcheurs, les femmes, le
changement climatique et l’environnement.
- 4 – L’envoi d’une missive
nationale, reconnue par une grande variété de mouvements sociaux à votre
gouvernement national. (OWINFS enverra prochainement un exemple de lettre qui
peut être adapté à votre contexte national)
- 5 – Se rendre à Genève
pour plaidoyer auprès de votre ministre pendant la conférence ministérielle
(19-25 juillet) et informer les media à Genève de ce que vous pensez de la
manche Doha. Veuillez prévenir Deborah James à
djames@cepr.net
si vous comptez vous rendre à Genève.
Deborah James
Director
of International Programs
Center for Economic and Policy Research
1611 Connecticut Avenue, NW, Suite 400
Washington, DC 20009
202 293 5380 x111
202 588 1356 fax
www.cepr.net
6° En
avant pour plus de biocarburants: David Adam et
Alok Jha
The Guardian, Mardi 8 juillet 2008
La Grande - Bretagne va
continuer à utiliser des biocarburants pour l’essence et le mazout dans le
transport malgré des révisions apportées par des indépendants qui ont affirmé
que ces énergies peuvent causer la hausse des prix et sont peu efficaces dans
la lutte contre le réchauffement planétaire.
Ruth
Kelly, ministre des transports a dit hier que la Grande - Bretagne doit aller
de l’avant pour les biocarburants car la technologie semble prouver l’apport de
bénéfices, mais leur mise sur le marché pourrait être ralentie. “
Je crois qu’il est correct d’avoir une
approche plus attentive jusqu’à ce que l’évidence soit plus claire quant aux
effets sociaux et environnementaux des biocarburants” a-t-elle déclaré.
Le mouvement suit la publication d’une revue des impacts
sociaux et environnementaux faite par ED. Callagher, responsable de l’Agence
des énergies renouvelables. Le
rapport
recommande la mise en place de contrôles plus efficaces pour prévenir une
augmentation involontaire des émissions si, par exemple, les forêts sont
détruites pour faire place aux biocarburants. Les prix dans l’alimentation
risquent aussi de grimper à cause d’une compétition dans l’acquisition des
terres.
Le rapport
souligne
également que les buts actuels poursuivis dans la production de biocarburants,
s’ils ne sont pas contrôlés, pourraient causer une augmentation planétaire des
gaz à effet de serrre et une augmentation de la pauvreté dès 2020.
7° Un nouvel outil
puissant pour le diagnostic de la tuberculose résistante (MDRTB) :
http://tinyurl.com/6p3jdw
Des essais
cliniques d’une nouvelle technique moléculaire se sont prouvés efficaces dans
le diagnostic rapide de la tuberculose multi résistante (MDRTB) dans des
endroits pauvres en ressources. L’OMS a donc décidé d’autoriser l’usage de ce
test dans tous les pays affectés par la MDRTB
8° Le continent
africain menacé d’une pénurie dramatique de médecins :
http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=27252
L’OMS a averti que
l’Afrique fera face à une pénurie dramatique de médecins dès 2015, d’après
une nouvelle étude qui vient d’être publiée. Les projections prévoient presque
13 millions de docteurs à ce moment, une image qui fera face aux exigences et
qui dépasse le but de permettre que 80% des naissances soient assurées par un personnel formé à cet effet.
Mais à
cause du manque d’équilibre dans la répartition des médecins, l’Afrique fera
face à une pénurie dans les soins de santé affirme l’OMS, avec 255.000 médecins
en 2015. et un manque de 167.000 pour assurer la couverture des naissances.
L’étude
note qu’en 2004,
l’Afrique portait le
poids d’environ 1/4 des maladies de la planète avec seulement une couverture de
2% de médecins et moins d’1% des dépenses mondiales en matière de santé. L’Asie du Sud - Est portait quant à elle
le poids de 29% des maladies mondiales, avec 11% de couverture de médecins et
1% des dépenses mondiales en matière de santé.
Alors
que la région de l’Amérique, avec 10% du poids des maladies mondiales assure la
moitié des dépenses mondiales en matière de santé et a une couverture d’1/5 des
médecins.
Des
investissements dans les soins de santé sérieusement accrus et des politiques
robustes sont indispensables pour élever le nombre de médecins en Afrique
assure l’OMS. “
Vu le poids
disproportionné des maladies dans cette région, des politiques pour accroître
le nombre de médecins sont urgentes et nécessaires pour éviter les pénuries
annoncées.”